Zona et psychose : plus qu’une coïncidence

Commentaire. Il existe un lien entre fréquence du zona et affections psychiatriques. 

Essayons de comprendre. Le virus est commun entre la varicelle et le zona.

Ce virus a une fonction précise dans le développement psychologique. La varicelle permet de faire maturer les débordements émotionnels du petit enfant. Le côté « Jean qui rit, Jean qui pleure ». Les parents ont souvent pu constater le rôle maturant de la varicelle chez les enfants. 

Le psychiatre Wilfred Bion, nous dit que les enfants sont confrontés à des émotions qu’il décrit comme étant « ingérables » dit Bêta. Le rôle des parents est d’aider l’enfant à transformer ses émotions ingérables, dites Bêta, en émotions gérables dites Alfa. La varicelle a une action sur la maturation du psychisme des enfants de la même nature. Elle les aide à vivre leurs émotions de façon gérable.

Bion nous explique que la persistance de zones trop importantes Beta d’émotions non gérables créent des noyaux psychotiques. 

Le zona c’est la résurgence à l’âge adulte, souvent âgé, du virus varicelle zona.

Il vient donc confronter les noyaux Bêta non réglés. Dans ce sens, il témoigne aussi des aspects psychotiques et psychiatriques non réglés. Tout cela est très cohérent.

 

L’ARTICLE :

Une étude rétrospective taïwanaise a permis de quantifier le risque d’infection à virus varicelle zona (VVZ) dans une population de malades atteints de troubles psychiatriques. La cohorte, qui se compose de plus de 42 300 patients de plus de 18 ans souffrant d’une maladie psychiatrique diagnostiquée depuis 2004 a été comparée à une cohorte témoin de 169 360 personnes.

Après élimination des éventuels facteurs confondants tels que existence d’une affection hématologique ou de traitements immunosuppresseurs au long cours,  apparaît une augmentation du risque de zona dans la population des malades psychiatriques par rapport aux contrôles (hazard ratio (HR), 1,29; IC 95 % : 1,18-1,38).

L’analyse par sous groupe en fonction des pathologies psychiatriques montre que l’association reste significative chez les patients de moins de 60 ans qu’ils soient affectés de psychose affective, de névrose grave ou de troubles de la personnalité. En revanche au-delà de 60 ans, l’association zona et maladie psychiatrique n’est significative que chez les malades présentant des états névrotiques et des troubles de la personnalité.

Cette association entre maladie psychiatrique et infection à VVZ vient corroborer le concept d’une immunité cellulaire déficiente chez les patients souffrant d’affections psychiatriques.

Dr Patrice Plantin

Yang YW et coll. : Risk of herpes zoster among patients with psychiatric diseases: a population-based study. JEADV 2011; 25: 447-63

www.jim.fr/…/zona_et_psychose_plus_quune_coincidence…/document_actu_med.phtm…

 

Article paru dans la Lettre Médecine du Sens n° 148