Violences conjugales : l’ex-compagne d’un homme battu condamnée à 18 mois ferme

La peine, qui est aménageable, n’envoie pas automatiquement la condamnée en prison et constitue, selon le tribunal, “le minimum compte tenu de la gravité des faits”. 


Commentaire. Deux poids, deux mesures.

Lisez bien cet article. Ce qu’a subi cet homme dépasse largement la violence conjugale, cela relève de la torture et d’acte de barbarie. Et pourtant pas de prison. Imaginez un homme qui séquestre une femme, la mette en esclavage, la brûle à la cigarette ou au couteau chauffé à blanc, l’oblige à ingérer des produits toxiques, cela ferait sûrement la une des journaux et l’homme serait, à la satisfaction générale, condamné à 10 ans ou plus. Ici cette femme n’ira même pas en prison.

Qu’en pensez vous ?

N’y a t-il pas une forme de déni et d’impunité sur la violence féminine ?

Ce n’est pas nouveau, mais c’est de plus en plus visible.

 

L’ARTICLE : 

Zakia Medkour, poursuivie pour avoir infligé pendant quinze mois des violences graves à son ex-compagnon, a été condamnée jeudi à trois ans de prison, dont dix-huit mois de sursis avec mise à l’épreuve, et à plus de 200 000 euros d’indemnisation. Cette peine, qui est aménageable et n’envoie donc pas automatiquement la condamnée en prison, constitue, selon le tribunal correctionnel de Paris, “le minimum compte tenu de la gravité des faits et le maximum compte tenu de leur ancienneté”.

Lors de l’audience en avril, la procureur avait requis la peine maximale, cinq ans ferme, en estimant que “les actes reprochés à Mme Medkour [allaient] au-delà de la violence”. Maxime Gaget, 37 ans, avait rencontré Zakia Medkour, 43 ans, en 2007 sur Internet et avait emménagé sept mois plus tard dans le studio parisien où elle vivait avec ses deux enfants. Mais la romance avait vite tourné au cauchemar.

Brûlures avec un couteau chauffé à blanc

Souvent absent de son travail, il est licencié. Il devient alors une sorte d'”esclave domestique” obligé à dormir sur le sol dans l’entrée, sans accès à la salle de bain. Privé de ses papiers et cartes de crédit, il est également dépouillé de ses économies et menacé d’être dénoncé comme pédophile s’il se rebelle. Il subit en outre des sévices – brûlures avec des cigarettes ou un couteau chauffé à blanc, ingestion de force d’éponges ou de produit lave-vitres…

“Il s’agit d’une décision juste”, a réagi Houria Si Ali, une des avocates de la prévenue, se félicitant qu’elle ait échappé à l’incarcération. “Je m’attendais peut-être à une sanction plus ferme, elle s’en tire vraiment à très bon compte,” a de son côté déclaré Maxime Gaget. “Mais, en tout état de cause, sa condamnation est une satisfaction, je vais enfin pouvoir tourner la page.”

 

 

Article paru dans la Lettre Médecine du Sens n° 72