Un ancêtre de l’insuline à l’origine du venin des araignées

Commentaire. L’insuline hormone essentielle de la régulation du sucre (et lieu du diabète) a de grandes similitudes avec les venins d’araignées. Nous pourrions chercher à comprendre le sens que peut avoir cette parenté étonnante. L’insuline est une des hormones essentielles du masculin (ses gènes interviennent dans la différentiation masculine). L’araignée est symbole de mère dévoratrice, dans les rêves, comme les phobies et les remèdes homéopathiques qui en sont issus. 

L’article aborde une autre vision, celle de l’utilisation de cette similitude pour en faire des médicaments. Bravo ! L’homéopathie et son fondateur ont eu la même idée il y a 200 ans.

 

L’ARTICLE :

Une équipe scientifique australienne s’est intéressée au venin des araignées et des centipèdes.

Comment transformer une simple hormone inoffensive chargée de réguler le taux de sucre absorbé par le corps, une ancêtre de l’insuline, en arme redoutable, voire fatale? Personne n’a rien demandé à mère Nature, mais elle l’a quand même fait en quelques millions d’années. C’est ce que vient de démontrer une équipe de recherche principalement australienne (travaux publiés dans la revue Structure), sous la houlette de Glenn King de l’université du Queensland. Les scientifiques se sont intéressés au venin des araignées et des centipèdes, des arthropodes qui ressemblent à des mille-pattes plats. Ces deux familles se sont séparées il y a environ 375 millions d’années.

Ce n’est pas étonnant que ce soit des Australiens qui aient mené ces travaux: la plus grande terre d’Océanie concentre la majorité des araignées venimeuses de la planète. Et bon nombre d’entre elles vivent dans le sud-est de l’Australie, dont l’araignée à toile-tunnel de la région des Darling Downs, région agricole dans le sud-est du Queensland. Ces arachnides de la famille des hadronyches tissent leur toile en forme de tunnel-entonnoir avec des fils pendants à l’extérieur de l’entrée du piège. Ils peuvent ainsi sentir arriver des intrus ou d’une proie. Et avec leurs deux crochets situés sur le devant de la tête, ils le mordent et injectent le produit stocké dans leur glande à venin. Ces molécules vont alors paralyser la proie en agissant sur leur système nerveux.

En trois dimensions

C’est lors d’un vaste programme de comparaison des petites protéines rentrant dans la composition des venins avec une bibliothèque d’autres molécules, que la similarité est apparue. Mais pas du point de vue génétique. Car si on effectue des comparaisons de séquences génétiques entre l’insuline et le peptide du venin, elles sont tellement différentes que l’on ne peut y trouver aucune relation. Mais ce n’était pas dans les gènes que se cachait le secret du venin, mais dans la forme de ses protéines. Ils ont réalisé des vues 3D extrêmement précises de la forme des protéines en question. Et là, la vérité leur a sauté aux yeux: elles sont quasiment identiques mis à part certains petits détails, comme des améliorations rigidifiant la structure de la protéine ou certaines suppressions de groupes chimiques. Savoir comment ces molécules ont évolué et quelles modifications elles ont subi est important pour éventuellement les transformer et pouvoir utiliser, sans danger, certaines de leurs propriétés, en médecine ou comme bioinsecticides.

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2015/07/03/23914-ancetre-linsuline-lorigine-venin-araignees

 

Article paru dans la Lettre Médecine du Sens n°77