Sixième extinction : le monde s’achèvera-t-il sans l’homme ?

Commentaire. Le monde a commencé sans nous et finira probablement aussi sans nous. L’humain, le plus intelligent des êtres, réussit à se détruire et disparaitre dans la 6° extinction, avec toutes les espèces qui disparaissent actuellement.

Je l’ai déjà dit, c’est une réalité.

 

L’ARTICLE :

La liste des espèces menacées de disparition s’allonge et Homo sapiens y est pour beaucoup, rappelle le biologiste et essayiste Jean-François Bouvet (1).

« Le monde a commencé sans l’homme et il s’achèvera sans lui », écrit Claude Lévi-Strauss dans Tristes tropiques ; pour le moment, et comme jamais, l’humanité lui imprime sa marque. Si depuis 500 millions d’années la Terre a connu cinq grandes phases d’extinction d’espèces, la sixième – en cours – est bien plus rapide et l’homme y est pour beaucoup.

En septembre à Hawaii, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) présentait sa dernière liste rouge mondiale des espèces menacées. Bilan : sur les 82 954 espèces étudiées, plus de 28 % sont menacées d’extinction. Certes, l’échantillon examiné peut sembler limité : on estime à quelque 15 millions le nombre d’espèces sur Terre, dont 1,8 million ont été décrites. L’étude peut être cependant jugée représentative dans la mesure où son élargissement progressif confirme une tendance globale. Et le tableau est alarmant. Sont en danger 42 % des amphibiens, 26 % des mammifères, 33 % des coraux constructeurs de récifs, 34 % des conifères… À ce rythme, la plupart des espèces auront disparu avant même que l’homme ait pu les répertorier.

La France, dans tout ça ? Étonnamment, elle est l’un des fronts chauds de la biodiversité, par son outre-mer surtout – Guyane, Réunion, Nouvelle-Calédonie… – mais pas seulement. Selon l’UICN, « la France figure parmi les 10 pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces menacées : au total, 1 124 espèces menacées au niveau mondial sont présentes sur son territoire, en métropole et en outre-mer ». Ce qui nous confère une responsabilité particulière.

10 % des terres sauvages ont disparu en 20 ans

Parmi les victimes emblématiques de l’hécatombe mondiale, des grands singes d’Afrique – gorilles de l’Est et de l’Ouest – et d’Asieorangs-outans de Bornéo et de Sumatra –, en danger critique d’extinction… L’homme n’est pas tendre avec ses cousins primates.

Et lui, comment va-t-il ? Il inflige à son environnement les dommages collatéraux de son expansion dévorante. Changement climatique, déforestation, pollution des terres et des eaux par les pesticides ou autres, introduction d’espèces invasives, poussée urbaine… Une étude pilotée par des chercheurs australiens et publiée le 8 septembre dans Current Biology en fait l’amer constat : en seulement deux décennies, 10 % des terres sauvages, à peu près vierges d’empreinte humaine, ont été rayées de la surface de la planète. Soit l’équivalent de la surface de l’Inde !

Si les cinq grandes vagues d’extinction précédentes sont dues à des cataclysmes volcaniques ou venus du ciel, la sixième apparaît comme un contrecoup de l’évolution : la vie a généré le meilleur ennemi du vivant. Forte de son cerveau à 100 milliards de neurones, l’espèce Homo sapiens réussit à mettre en péril la survie de millions d’autres. Une bonne nouvelle pour finir ? En Chine, le panda géant va mieux… C’est toujours ça ! 

(1) Dernier livre en date Mutants, à quoi ressemblerons nous demain ? (Flammarion)

http://www.lepoint.fr/environnement/sixieme-extinction-le-monde-s-achevera-t-il-sans-l-homme-02-11-2016-2080000_1927.php?M_BT=802922630852&m_i=5VZhpq%2BMbUBiGJdTHod3_9RtI8W89LPLzwmDDovyHLhQVYQ1W4TSvqVUG4kRCCJofrS3yFuOekHdGymcuNkHkwDkKohv5Z#xtor=EPR-6-[Newsletter-Matinale]-20161102

Article paru dans la Lettre Médecine du Sens n° 138