Sexe : la liste noire des stimulants de l’érection

Commentaire. La liste noire des stimulants de l’érection.

 

L’ARTICLE :

Il y a un an, Sciences et Avenir publiait une enquête sur les aphrodisiaques dangereux, et pourtant toujours commercialisés.

 

Maximenpills et Golden Roots, toujours disponibles dans un sex shops de Pigalle, lundi 20 août 2013 au soir. Rachel Mulot

 

ANALYSES. L’enquête de Sciences et Avenir publiée en septembre 2012 (et présentée ci-dessous) livrait les résultats effarants d’analyses menées par la professeure Myriam Malet-Martino et son groupe de recherche de l’université Paul Sabatier à Toulouse (laboratoire mixte université-CNRS Synthèse et physico-chimie de molécules d’intérêt biologique, SPCMIB).

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Sur plus de 70 compléments alimentaires pour le dysfonctionnement érectile, achetés sur le net ou dans des boutiques spécialisées, et vendus comme 100% naturels… les deux tiers étaient adultérés par des principes actifs comme celui du Viagra (Tadalafil, Vardénafil, Sildénafil). Et ce, à des dosages parfois dangereux, alors que la consommation de ces médicaments peut entrainer des troubles de la santé cardiaque ou vasculaire. A fortiori lorsque le consommateur ignore ce qu’il ingère, prend en même temps d’autres médicaments contre-indiqués ou abuse d’un produit qu’il croît naturel.

Pas d’autorisation de mise sur le marché

Pire, certains de ces produits érectiles étaient bourrés de “molécules analogues”, des substances actives expérimentales et qui n’ont jamais contrairement à celles du Viagra reçu d’autorisation de mise sur le marché. « Nous sommes face à un réel problème de santé publique » expliquait alors notre lanceuse d’alerte, Myriam Malet-Martino, qui publie régulièrement ses résultats d’analyses dans des revues spécialisées, apparemment dans l’indifférence générale.

RÉGIMES. Notons que ses résultats ne portent pas seulement sur les compléments destinés à lutter contre les troubles de l’érection mais aussi sur des substances amaigrissantes, bourrées de médicaments et de coupe-faim tout aussi préoccupants.

« Le risque des compléments alimentaires falsifiés est plus important pour la santé publique que celui de la contrefaçon de médicaments » assurait alors Alain Nicolas, professeur de chimie analytique à la faculté de pharmacie de Nancy et ancien Directeur des laboratoires de Contrôles (DLC) de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). De leur côté, les autorités sanitaires concernées semblaient dépassées par l’ampleur du phénomène.

http://www.sciencesetavenir.fr/sante/20130822.OBS4087/la-liste-noire-des-stimulants-de-l-erection.html

 

Article paru dans la Lettre Médecine du Sens n° 107