Se réveiller sous anesthésie : un cauchemar bien réel

Commentaire.

Souvenez vous du film «Awake», cet homme anesthésié qui réalise quil sent tout mais ne peut le dire parce quil est paralysé et ne peut sexprimer. Dans un contexte de roman à suspens.

Situation traumatisante et longtemps ignorée, un peu comme les situation de NDE. Nous découvrons ces aspects de la conscience encore mal compris.

Cest aussi un courant actuel de parler de ces manifestations.

Il y a 30 ans, seul le Dr Raymond Moody (La vie après la vie) parlait des expériences de NDE. Actuellement il y a deux films à laffiche sur ce thème. «NDE» et «Si je reste».

L’ARTICLE :

Le Figaro relaie à son tour les « 300 rapports de réveil conscient sous anesthésie gérale collectés par des chercheurs britanniques, [qui] viennent de mener la plus vaste enquête jamais réalisée sur ce problème rare, mais traumatisant ».
Le journal explique que « le projet NAP5 (National Audit Project) a émené par le Collège royal des anesthésistes et l’Association des anesthésistes de Grande-Bretagne et d’Irlande. Il a mobilisé la totalité des 375 hôpitaux publics du Royaume-Uni et d’Irlande qui, entre 2012 et 2013, ont rapporté tous les énements de ce type déclarés spontanément par des patients ».
« 
Ce travail colossal a permis de déterminer la fréquence de ces incidents, mais aussi leurs causes identifiables et leurs conséquences. Des données publiées dans Anaesthesia et le British Journal of Anaesthesia », précise le quotidien.
Francis Bonnet, vice-président de la Société française d’anesthésie et de réanimation, remarque ainsi qu’« il s’agit d’un vrai sujet, un phénomène connu et mal appréhendé. Au cours de ces énements très rares, le patient a une perception réelle de son environnement pendant quelques minutes et s’en souvient à l’issue de l’opération, immédiatement ou dans les jours qui suivent. C’est presque toujours un énement psychologiquement traumatisant ».
Le Figaro note que selon cette étude, « ce type de réveil intempestif, rarissime, surviendrait au cours d’une anesthésie gérale sur 19.600. Mais plusieurs facteurs augmentent le risque, à commencer par l’utilisation de myorelaxants au cours de l’opération ; le taux passe alors à 1 réveil pour 8000 anesthésies, contre 1 pour 136.000 quand l’anesthésiste se passe de ces produits. […Lorsqu’un myorelaxant a édonné, aucun mouvement ne permet d’alerter l’anesthésiste en cas de réveil débutant ».
Le journal relève que « d’autres facteurs sont associés à ces réveils, car ils compliquent le travail de l’anesthésiste : une obésité, des voies aériennes mal dégagées ou encore une situation d’urgence. Le fait d’être une jeune femme et l’utilisation du thiopental sont d’autres éments favorisants. Une femme qui subit une césarienne sous anesthésie gérale et cumule à peu près tous ces facteurs risque donc de se réveiller dans 1 cas sur 670 ! ».
Le quotidien souligne que « l’expérience peut être lourde de conséquences, avec des séquelles psychologiques à long terme dans environ la moitié des cas. Il se peut qu’une douleur ou un tiraillement soient ressentis, mais les patients sont dans la plupart des cas placés sous morphine, la douleur est donc modée. Dans l’étude, 18% des personnes ont évoqué une douleur, moins traumatisante cependant que les difficultés à respirer à cause de l’intubation ou le fait de se sentir totalement paralysé ».
Le Figaro remarque enfin que « 75% de ces réveils seraient évitables selon les chercheurs britanniques, qui émettent 64 recommandations ». Jaideep Pandit, coauteur de ce travail, indique : « Nous proposons une “check-list” de tout ce qui doit être effectué et vérifié. Par exemple, il faut utiliser un stimulateur neuronal pour s’assurer que les myorelaxants n’ont pas inhibé totalement l’activité musculaire. Nous proposons aussi, quand c’est possible, de remplacer le thiopental par un autre produit. Enfin, nous insistons sur la prise en charge des patients en cas de réveil. L’indifférence du corps médical et de l’entourage peut aggraver le ressenti avec un risque de syndrome post-traumatique à long terme ».
Quant aux « 25% d’éveils qui semblent inévitables », « nous ne savons pas les expliquer. Il s’agirait d’une résistance du patient à l’anesthésie », observe le chercheur.

Revue de presse Mediscoop du 2014-09-23

 

Date de publication : 23-09-2014

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