Redonner confiance en la vaccination

Commentaire. Enfin un article qui ose évoquer certaines questions et de facto remettre en cause des vaccinations comme le Papilloma virus.

Qui demande à l’industrie pharmaceutique d’investir une partie de la manne financière vaccinale quand la recherche sur les maladies auto-immunes (autant demander à un alcoolique de travailler sur la cirrhose). Mais bon, c’est déjà demandé.

Les vaccinations inutiles et inefficaces comme la grippe ont décrédibilisé les vaccins.

La folie vaccinale s’écroule sous son propre poids et nous oblige à nous poser les vraies questions. Qu’est ce qui est vraiment utile si on met de côté une bonne fois pour toutes les intérêts de l’industrie pharmaceutique ?
Un bon article Rare.

 

L’ARTICLE :

Paris, le samedi 24 octobre 2015 – Les débats autour de la vaccination consistent souvent dans la confrontation d’argumentations inconciliables, parce que ne relevant sans doute pas du même champ dialectique. Aux théories du complot, aux discours pseudo-scientifiques uniquement destinés à semer la confusion s’opposent des récitatifs catégoriques rappelant les bénéfices indiscutables de la vaccination pour la santé publique. Les interrogations des patients et des médecins sont cependant loin d’être toujours aussi caricaturales et dans le secret des cabinets des questions bien plus complexes se posent : comment aborder, sans omission, mais tout en même temps sans inutilement alerter, la question des effets secondaires ? Comment convaincre du bien fondé d’une vaccination recommandée sans avoir l’air d’imposer ? Et pour les patients, comment évoquer ses questions sans hérisser un praticien qui redoutera immédiatement d’être en face du discours bien huilé des lobbys les plus irrationnels ? Pour répondre à ces dilemmes, Raphaël Bernard-Valnet, étudiant en médecine qui conduit une thèse en immunologie nous propose des pistes de réflexion, qui sans doute seront jugées dangereuses par les plus ardents défenseurs de la vaccination, car donnant trop de légitimité à certaines controverses, tandis qu’elles seront sans doute considérées comme impropres à répondre à ce que les plus insensés estiment être un danger ( !). Telle est souvent la rançon des voix nuancées qui n’hésitent pas à emprunter des chemins complexes au risque d’être épinglées de toutes parts.

Par Raphaël Bernard-Valnet*

La semaine dernière le Pr Joyeux sortait un nouveau livre remettant en cause la vaccination de masse. Aujourd’hui la défiance du grand public à l’égard des vaccins est à son maximum. De nombreux professionnels de santé, médecins généralistes en tête, vont eux même jusqu’à remettre en cause le bénéfice de la vaccination. Apparaît alors un débat passionné entre pro et anti-vaccination s’affrontant dans les médias et sur la toile. Il y a donc une nécessité de repenser notre manière d’appréhender et d’expliquer la vaccination.

Une arme vitale dans la lutte contre les maladies infectieuses

Les premières campagnes vaccinales en Europe débutent au 18e siècle pour prévenir les épidémies successives de variole. Elles consistaient, en l’inoculation de matériel infecté par la variole humaine puis, à la suite des travaux de Edward Jenner, par la “variole” bovine. La vaccination fut au cours du siècle dernier l’outil le plus efficace de contrôle des maladies infectieuses permettant l’éradication quasi-totale de la variole ou de la polio et devenant un outil de prévention majeure dans les politiques de santé publique. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que les campagnes vaccinales permettent, aujourd’hui, de sauver 2,5 millions de vies par an à l’échelle mondiale. A ce titre le vaccin reste une arme de premier ordre dans le combat continu contre les maladies infectieuses. C’est pour cela que la remise en question de la vaccination par une frange de plus en plus large de la population pourrait aboutir à des situations préoccupantes. Ce fut le cas avec la résurgence d’épidémies de rougeole due à une mauvaise couverture vaccinale.

Une peur irrationnelle ?

La défiance vis à vis de la vaccination est majoritairement liée à la peur des effets secondaires. De nombreuses associations ont été suggérées entre les vaccins et la survenue de maladies auto-immunes. La plupart de ces associations ont été infirmées par des études de grande ampleur. Néanmoins, on ne peut nier l’augmentation des épisodes auto-immuns au décours de la vaccination même si cela reste un effet secondaire extrêmement rare. Ce fut le cas lorsque la vaccination contre la pandémie de grippe en 2009 a aboutit à une augmentation du nombre de cas de narcolepsie. D’un point de vue immunologique, la vaccination, particulièrement lors de l’utilisation d’adjuvants, peut aboutir à une rupture de la tolérance immunitaire. Ainsi la stimulation par le vaccin va permettre l’activation de différentes population immunes et de lever certains mécanismes de régulation aboutissant à des évènements auto-immuns ou inflammatoires.  Il va sans dire que la vaccination ne joue là, comme c’est parfois le cas pour les infections elles même, qu’un rôle de facteur déclenchant chez des individus déjà prédisposés.

Le tournant de cette défiance a eu lieu en 2009 avec la campagne de vaccination pandémique. Il est lié à la faible efficacité des vaccins contre la grippe ce qui a participé à leur décrédibilisation.

Le curseur dans nos sociétés s’est déplacé du bien collectif vers le bien être individuel. Ainsi la vaccination est devenue une mesure de santé publique qui peut être difficile à accepter d’un point de vue individuel surtout quand celle ci est imposée. Les patients voient la vaccination comme un acte risqué. Ce risque n’est pas supportable pour un médicament administré à des personnes en bonne santé surtout lorsque ce sont des enfants ou des adolescents. Comment reprocher à un parent de refuser de vacciner sa fille contre le papilloma  virus alors que la veille il a entendu dans les médias que cela pouvait aboutir à des maladies démyélinisantes. Le bénéfice/risque est alors immédiatement perçu par les parents comme défavorable, à l’échelle individuelle.

Vers une utilisation raisonnée des vaccins

La société française a beaucoup changé et cette défiance vis à vis de la vaccination en est le reflet. Pour redonner confiance en la vaccination, il faut à ce moment repenser notre approche.
Au premier titre, il est nécessaire qu’une vraie activité de recherche soit menée sur les effets auto-immuns induits par la vaccination. Des équipes académiques et les industriels doivent adresser cette question. Il n’est plus possible que la recherche vaccinale se fasse toujours dans le sens de vaccins de plus en plus immunogènes pour obtenir une meilleure protection. Il est également nécessaire de comprendre les effets cumulatifs d’immunisations répétées au cours de la vie avec des vaccins différents. L’industrie pharmaceutique doit réinvestir une part de la manne financière générée par les vaccins pour mieux appréhender cette face auto-immune de la vaccination.

Il est dans un second temps indispensable de développer plus de pédagogie dans l’explication de la vaccination aux patients. Une part importante de la défiance vis à vis des vaccins provient  d’un manque de compréhension des mécanismes immunologiques sous tendant le principe de la vaccination. Il faut néanmoins plus d’honnêteté et expliquer.  On est toujours plus effrayé par ce que l’on ne comprend pas. Il faut réussir à convaincre et non contraindre les sceptiques de la vaccination.

Pour finir, il faut maintenant se demander si la vaccination est toujours une arme de choix. Il est peut être nécessaire de réduire le nombre d’immunisations recommandées à quelques vaccins indispensables. Le cas de la vaccination contre la papilloma virus est symptomatique de la campagne qui a pu diviser les professionnels de santé. Ainsi alors que le frottis reste le meilleur moyen de prévention du cancer du col de l’utérus, de grandes campagnes médiatiques ont poussé les parents à faire vacciner leurs filles. Ce vaccin est il indispensable ou peut on adresser cette question par d’autres moyens de prévention ?

La ministre de la santé, Marisol Touraine, a promis en juillet un débat national sur la vaccination. Espérons que celui ci portera les différentes questions évoquées ici et parviendra à redonner confiance en la vaccination. C’est aujourd’hui indispensable.

*Doctorant en Immunologie, Etudiant à la Faculté de médecine de Toulouse Purpan.

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Article paru dans la Lettre Médecine du Sens n° 90