Plus d’espaces verts, moins d’allergie !

Commentaire.

Beaucoup de facteurs de la vie moderne favorisent les allergies. Nous connaissions l’hypothèse hygiéniste, ce besoin de tout nettoyer qui empêche le contact microbien et la mise en place d’une bonne immunité.  L’abus des antibiotiques est aussi reconnu. 

Voila une évidence que la médecine semble redécouvrir, l’intérêt des espaces verts. Ce qui me semble grave c’est qu’une telle évidence aie besoin d’être démontrée.

L’ARTICLE :

Le mode de vie occidental est associé à une augmentation de la prévalence de l’allergie, de l’asthme et des maladies inflammatoires chroniques.

Une étude a été menée sur 3 cohortes en Finlande et en Estonie de 2003 à 2012 pour évaluer les conséquences d’un faible contact avec la biodiversité de l’environnement sur la tolérance immunitaire des enfants.

Les 1 044 enfants et adolescents inclus dans ce travail étaient âgés de 6 mois à 20 ans.

La prévalence de l’atopie a été établie par la mesure d’IgE spécifiques d’aéroallergènes.

La présence d’une forêt et de terres agricoles dans un rayon de 2 à 5 km autour du domicile s’est avérée être, de façon significative, inversement associée à la sensibilisation allergique.

Cette relation a été observée pour les enfants de 6 ans et plus.

Parmi les enfants plus jeunes (6 mois à 3 ans), la prévalence de l’atopie était faible et aucune association avec l’environnement n’a été mise en évidence.

L’une des cohortes comprenait 97 enfants ayant déménagé depuis la naissance, le plus souvent à l’âge de 1 à 2 ans.

La proportion d’espaces verts à la naissance était un facteur prédictif de l’atopie à l’âge de 6 ans mais pas celle du domicile à l’âge de 6 ans.

Lorsque différentes catégories d’enfants étaient analysées, l’association entre espaces verts et atopie n’était présente que chez les enfants non exposés au lait de ferme ou au chien.

Des données étaient disponibles sur le microbiote cutané dans une des cohortes.

La relative abondance des protéobactéries était significativement associée avec l’existence d’espaces verts dans l’environnement chez les sujets sains (R2 = 0,19, P = 0,0005) mais pas chez les atopiques.

Une association significative a également été observée avec les gammaprotéobactéries (R2 = 0,13, P = 0,006) et les bêtaprotéobactéries (R2 = 0,09, P = 0,025).

Aucune association significative n’a été constatée avec les autres classes bactériennes (Acinobactéries, Bacilles et Clostridium).

L’augmentation de la prévalence de l’allergie dans les villes a souvent été constatée sans qu’on puisse complètement l’expliquer.

Les résultats de ce travail vont dans le sens de l’hypothèse de la biodiversité. L’effet du microbiote de l’environnement sur le microbiote commensal pourrait influencer la tolérance immunitaire.

Dr Geneviève Démonet

Référence

Ruokolainen L et coll. : Green areas around homes reduce atopic sensitization in children. Allergy 2015;70:195-202

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