« Peste noire : comment une bactérie anodine est devenue une tueuse de masse »

Commentaire. Un des plus grand fléaux médicaux connus qui tua 40% de la population de l’Europe entre 1347 et 1351. A population égale, elle tuerait 260 millions en Europe et 4 milliards sur la planète. Cet article nous explique comment une bactérie, assez peu dangereuse, a pu après deux mutations devenir la grande tueuse qu’elle a été. Il propose une action préventive pour d’autres infections. Bonne idée. Mais essayons d’aller plus loin. Pourquoi ces mutations ?N’est ce pas la physiologie humaine qui les a appelées et permis leur développement ? Une maladie n’apparait-elle pas toujours quand la place pour la mettre est là ? Le HIV était endémique chez le singe vert depuis la nuit des temps. Qu’est ce qui l’a fait passer à l’humain et donner le SIDA ? Voilà la question. Et comment avec les modifications que nous apportons au monde allons-nous déclencher des mutations chez l’ensemble des microbes pour générer les infections dont notre mode de vie à besoin  pour se réguler ? La peste noire fait sortir l’Europe de l’obscurantisme du moyen âge. L’Europe devait avoir besoin de cela. Le SIDA confronte l’homme à sa transgression des règles de la vie. L’humain avait besoin de cela. Et maintenant de quoi avons-nous besoin ?

 

L’ARTICLE :

Science et Vie fait savoir que « des chercheurs ont pisté l’évolution d’une bactérie relativement inoffensive qui est devenue voici entre 10.000 ans et 6.000 ans le microbe de la peste bubonique, responsable de la mort de 30% à 50% de la population européenne entre 1347 et 1352 ». « Ils ont compris comment deux simples mutations ont permis à cette bactérie légèrement pathogène de devenir la grande tueuse pandémique. Cette découverte éclaire les origines d’un des plus grands fléaux de notre histoire et permet de mieux cerner les mécanismes conduisant à des pandémies », poursuit le magazine. Science et Vie rappelle que « la Peste noire a tué 25 millions d’Européens, […] soit entre 30% et 50% de la population – ce qui aujourd’hui représenterait plus de 260 millions de morts. Elle n’est pas la première pandémie à avoir frappé le continent, mais elle est la mieux documentée ». Le magazine précise que « le responsable de ce massacre est la bactérie Yersinia pestis, qui sévit encore dans quelques pays. Or des chercheurs du Northwestern University Feinberg School of Medicine à Chicago ont démontré [dans Nature] qu’elle est née de deux mutations d’une autre bactérie, également toujours présente parmi nous, nommée Yersinia pseudotuberculosis ou bacille de Malassez et Vignal ». « Cette dernière, bien que pathogène – elle peut déclencher des adénites mésentériques ou un syndrome d’appendicite – est relativement peu offensive : elle ne se diffuse entre humains que par les excréments et son taux de morbidité est très faible (septicémies dans de rares cas). Pourtant il a suffi de deux mutations simples, advenues dans les 10.000 dernières années, pour faire exploser littéralement ses taux de diffusion et de morbidité », constate le mensuel. Science et Vie explique qu’« en acquérant d’abord la capacité de coloniser les poumons (peste pneumonique) elle s’est assurée un mode de diffusion idéal entre humains : les gouttelettes de secrétions éjectées par expectoration. […] Cette mutation a correspondu à l’apparition d’un nouveau gène dans le patrimoine de la bactérie : un gène produisant une enzyme nommée PLA ». « Plus tard, peut-être vers le 6e siècle av. J.-C., la deuxième mutation est intervenue au niveau de ce gène et a rendu la bactérie extraordinairement agressive. […] Dès lors, la synergie entre ses moyens de diffusion et son agressivité ont conduit à l’explosion pandémique de la “peste noire” », relève le magazine. Science et Vie ajoute que « cette étude, outre qu’elle clarifie la chronologie des mutations de Yersinia, montre aux scientifiques à quel point la “distance” génétique peut être courte entre des microbes inoffensifs et leur variante pandémique. Elle donne de nouvelles clés biologiques pour comprendre l’émergence d’agents pandémiques actuels, et les combattre avant même qu’ils ne deviennent des tueurs de masse ».

Date de publication : 10-07-2015 http://www.mediscoop.net/index.php?pageID=64977ee23639eda8465fc3109fa9b9a7&id_newsletter=7563&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=medi_2_31928&midn=7563&from=newsletter

 

Article paru dans la Lettre Médecine du Sens n° 78