« Perturbateurs endocriniens : comment les lobbys ont gagné »

Commentaire. Bruxelles commet consciemment un crime contre l’humanité d’une extrême gravité.

Les perturbateurs endocriniens, les lobbies ont gagné. Cela veut dire que nous allons avoir encore des millions de stérilité, d’autismes, de maladies auto immunes, de cancers.

Comment doit on appeler les responsables de la commission ? 

Criminels. C’est bien là une réalité.

Pourtant, la toxicité de ces produits est connue depuis de très nombreuses années.

Les lobbying s’apparentent à des organismes qui font chaque jour la preuve de leur dangerosité et de leur impunité.

Comme médecin, je ne peux que m’insurger contre cette manière d’intoxiquer délibérément les générations présentes et futures.

 

L’ARTICLE :

« Comment Bruxelles a détraqué le sperme européen ». C’est ce que titre Libération sur sa une, relevant : « Baisse de la fertilité, diabète, cancers… les effets des perturbateurs endocriniens sont connus, ce qui n’a pas empêché l’UE de se coucher face aux lobbys ».

Eric Favereau remarque ainsi sur une double page : « Menace majeure pour la santé, et notamment la fertilité, les agents hormonaux sont l’objet d’une âpre bataille à Bruxelles. Un livre décrit les méthodes des industriels qui ont obtenu de la Commission européenne qu’elle impose l’inaction ».

Le journaliste observe que « face à cette catastrophe annoncée, il ne se passe rien. Un livre, Intoxication, écrit par [la journaliste] Stéphane Horel (éd. La Découverte), sort ce jeudi. Et revient sur un épisode récent (entre 2010 et fin 2013) et largement occulté, qui explique en grande partie l’immobilisme actuel : la guerre qui a eu lieu au sein des directions de la Commission européenne et qui a abouti à un enterrement du dossier ».

« Ou plus exactement, dans le jargon, à lancer une «étude d’impact» qui a permis de repousser les échéances. Une histoire qui révèle les terribles batailles d’influence autour de la santé à Bruxelles », souligne Eric Favereau.

Le journaliste rappelle que « depuis près de 50 ans, les effets des perturbateurs endocriniens sont recherchés puis observés : agissant à très petites doses, ils ont des effets sur la santé en altérant des fonctions telles que la croissance, le développement, le comportement et l’humeur, la production, le sommeil, la circulation sanguine, la fonction sexuelle et reproductrice. Le constat le plus spectaculaire ayant été la baisse de fertilité dû à la mauvaise qualité du sperme et la mise en cause des PE dans ce phénomène ».

Eric Favereau observe qu’« en ce début octobre, dans la revue Endocrine Reviews, […] un travail de synthèse a été réalisé, dont les conclusions sont sans appel : «L’accroissement des données examinées enlève tout doute sur le fait que les perturbateurs endocriniens contribuent à l’augmentation de la prévalence de maladies chroniques liées à l’obésité, le diabète sucré, la reproduction, la thyroïde, les cancers, les problèmes neuroendocriniens et affectant les fonctions neurologiques du développement» ».

Le journaliste remarque que « l’heure est grave. Mais on dirait que l’on a encore tout le temps. Un peu comme pour le tabac où il s’est passé 30 ans entre les études montrant le lien direct avec les cancers du poumon, et la prise en compte du danger par les autorités ».

Eric Favereau évoque « une bataille d’influence. Homérique mais discrète, elle aura pour cadre les couloirs de la Commission européenne, à Bruxelles. Et c’est cet affrontement que nous décrit, dans son livre enquête, Stéphane Horel, et en particulier les derniers épisodes en 2012 et 2013 ».

« Un affrontement larvé, torve, terriblement féroce entre deux grandes directions de la Commission européenne, celle sur la santé et celle sur l’environnement. La direction environnement a toujours eu une réputation de village gaulois, qui sait résister au lobbying de l’industrie. Alors que la direction santé est perçue comme le courrier du capitalisme libéral. Toutes les deux ayant un point commun : elles se retrouvent sous la coupe d’un commissaire européen de faible poids politique », observe Eric Favereau.

Stéphane Horel remarque : « Vous avez un produit très dangereux, et plutôt que de l’interdire, vous vous posez la question de l’impact économique de son retrait. Prenez l’exemple du Mediator. C’est dangereux, mais c’est comme si on allait d’abord analyser les conséquences pour Servier de son retrait plutôt que de l’interdire ».

Eric Favereau explique que la journaliste « décrit la stratégie des industriels pour tenter de glisser dans les recommandations la nécessité [d’une] étude d’impact, multipliant colloques, et autres actions. Tout y passe, les méthodes de lobbying étant larges, que ce soit par le biais de financement d’études scientifiques, mais aussi par un travail plus sournois pour légitimer certaines recherches et décrédibiliser des travaux universitaires indépendants, tout en minimisant les preuves biologiques, en mettant toujours en avant l’incertitude scientifique ».

« Juin 2013, la date couperet. Le lobby des industries a gagné. […] La Commission européenne a tranché. Et a demandé une étude d’impact. Ceux qui s’alarmaient sur l’intérêt d’un tel travail ont eu raison : deux ans plus tard, rien n’a bougé. On en est toujours là. Et on attend toujours », conclut le journaliste.

 

Date de publication : 08-10-2015

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Article paru dans la Lettre Médecine du Sens n° 87