Où le stress post-traumatique mène à l’addiction alimentaire

Commentaire.

Le stress fait grossir, c’est bien connu. Bien que dans le livre «La digestion», j’explique que pour certains, cela fait grossir et pour d’autres cela fait maigrir. J’explique les racines de ce mécanisme.

Ici, il est question de dépendance alimentaire liée au stress.

L’ARTICLE :

Le trouble de stress post-traumatique (TSPT) semble augmenter le risque d’obésité, rappelle JAMA Psychiatry, mais la physiopathologie précise de ce processus demeure inconnue. Il serait donc intéressant de mieux identifier les liens entre ce TSPT et les mécanismes d’addiction à la nourriture risquant d’entraîner une prise de poids, dans l’espoir d’élaborer des stratégies de prévention de l’obésité chez les sujets affectés par un TSPT.

Pour déterminer si des femmes avec TSPT sont « plus susceptibles de présenter une dépendance alimentaire » que des femmes sans TSPT, une équipe des États-Unis a réalisé une étude de cohorte sur près de 50 000 infirmières âgées de 25 à 42 ans. Les critères d’addiction alimentaire ont été définis sur la présence d’au moins « trois symptômes cliniquement significatifs sur une version modifiée de l’échelle YFAS » (Yale Food Addiction Scale, échelle d’addiction alimentaire de Yale). Les auteurs ont cherché aussi à déterminer si l’âge à l’apparition des symptômes de TSPT ou/et le type de traumatisme ont une incidence sur l’association entre TSPT et addiction alimentaire.

Environ 80 % des femmes recrutées dans cette étude ont rapporté un « certain degré d’exposition à un traumatisme », et 66 % ont relaté « au moins une situation de TSPT dans leur vie. » Les critères de dépendance à la nourriture sont retrouvés chez 8 % de ces femmes, et la prévalence de cette addiction alimentaire « augmente avec le nombre de symptômes de TSPT », les femmes avec le plus grand nombre de ces symptômes (6 ou 7) présentant « une prévalence plus que doublée de dépendance à la nourriture », par rapport aux femmes n’ayant ni signe de TSPT ni antécédent de type traumatique (Odds ratio =2,68 intervalle de confiance à 95 % [2,41–2,97]). On observe un « lien plus intense » entre le TSPT et l’addiction alimentaire quand la symptomatologie du TSPT apparaît à un âge plus précoce. Par ailleurs, l’association entre TSPT et dépendance à la nourriture ne « diffère pas sensiblement » selon le type particulier de traumatisme.

Les auteurs peuvent donc confirmer que la symptomatologie du TSPT se trouve associée à une « prévalence accrue de la dépendance alimentaire » dans cette cohorte de femmes. Par conséquent, les stratégies pour réduire l’obésité associée au TSPT doivent intégrer des interventions (notamment de type cognitivo-comportementaliste) s’efforçant de traiter cette dépendance alimentaire et le « recours à la nourriture comme moyen de faire face à la détresse. »

Dr Alain Cohen

Référence

Mason SM et coll.: Posttraumatic stress disorder symptoms and food addiction in women by timing and type of trauma exposure. JAMA Psychiatry, 2014; 71: 1271–1278.

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