Olivier Soulier : L’os et son hormone l’ostéocalcine

L’ARTICLE d’Olivier Soulier :

Os de mon Os, Chair de ma Chair.

Essayons de comprendre pourquoi l’os serait la base de la lutte du mécanisme du stress.

Mon Os dit l’hébreux pour parler de l’être.

Etre touché jusqu’aux os. Avoir froid dans les os.

Toutes expressions qui parlent d’un rôle symbolique de l’os.

L’os est aussi connu comme étant notre structure.

Sans lui pas de protection du cerveau, pas de parole, ni d’audition.

Pas de mouvement, de course, de fuite, d’action.

La médecine des causes de maladies parle de l’os comme le siège de la valeur et les déminéralisations comme signe de dévalorisation.

Les animaux à carcasse se protègent grâce à cet os, sinon point de survie, de la tortue à l’escargot.

Les crustacés ont des exosquelettes comme les homards, les insectes.

Cela leur donne force et capacité à la fois de combattre et de protection.

Les humains ont pu les copier avec les armures, les chars d’assaut.

Les homards, quand ils muent, perdent leur exosquelette pour en fabriquer un plus grand. Ils sont alors particulièrement vulnérables.

Le syndrome du homard correspond au sentiment de fragilité que vous ressentez quand vous changer de structure, de phase de votre vie.

Les exosquelettes correspondent à des structures de vie ou la protection est majeure, un état de guerre perpétuel, une survie animale reptilienne très primaire. Nous humains, nous retrouvons dans cet état en temps de guerre. Casques, armures, bunkers, chars.

En temps de paix ou de calme, notre structure est interne sauf le crâne qui est externe.

Nos os sont notre solidité. Nous avons introjecté cette capacité, cette valeur. Bouger, agir est chez nous plus puissant que juste rester caparaçonné.

Bien sûr, nous retrouvons psychologiquement des personnes qui vivent caparaçonnés, dans des règles, des peurs, des limitations, des carcans psychologiques. Ils peuvent se traduire par des « cuirasses » corporelles bien explorées par Wilhelm Reich.

Ou par Stanislas Grof avec les matrices périnatales.

Ce sont des formes de protection, des mémoires.

Elles sont parfois visibles et somatisées par des tensions musculaires, palpables, travaillables par les massages, les étirements ou l’ostéopathie.

Parfois elles sont même organisées par des lésions du péricarde.

Cet organe est pour certains utilisé en thérapie comme symboliquement ou réellement la base de libération des blocages, des carapaces.

Tout cela nous rapproche d’un aspect de substitution à un os extérieur.

Il peut être très bloquant empêchant la communication dans nos noyaux psychotiques ou border line, ou douloureux comme dans les fibromyalgies.

De quoi nous protégeons-nous, quels sont nos mémoires ?

Des scientifiques de l’université de Colombia viennent de découvrir qui la réaction au stress, ne vient pas de la surrénale et de l’adrénaline comme nous le pensions depuis longtemps, mais elle vient de l’os.

Cet os, ce squelette devenu interne garderait sa fonction de protection, non pas comme carapace, mais comme ordonnateur du mode de réaction au stress. Un mode supérieur animal de protection. Non pas passif, mais actif.

L’os sous l’action du stress, libérerait une hormone, l’Ostéocalcine, qui serait la véritable base de la réaction au stress.

Elle désactiverait le parasympathique, système de repos et de régénération, pour laisser seul actif le sympathique sytème de réaction au stress.

L’adrénaline, hormone de fuite lutte, agirait alors mais grâce à la préparation de l’ostéocalcine.

Découverte cruciale qui rend à l’os sa vraie valeur et correspond à la symbolique et la mythique de l’os. Le symbole aurait-il encore une fois précédé la connaissance scientifique qui prouve le fait et l’action ?

Mais il est certain qu’en cas de stress, l’os est fortement sollicité par les mouvements et que logiquement il réagit en libérant une hormone. Encore un bel exemple de la mécanique humaine. Une idée très simple de la forme organique de notre pensée et de nos réactions. Ici la mobilisation du squelette, l’action donne l’information sur le risque et le besoin de réaction. Le muscle émotion, mouvement génère des tensions sur l’os qui réagit à son tour.

La fracture dans la nature est une rupture qui amène l’animal et l’humain à arrêter instantanément le combat.

Psychologiquement le sur-stress amène à une rupture de l’être. Une fracture. Nous ne sommes plus là dans l’analogie symbolique, mais totalement dans la réalité. Ma structure est-elle capable de réagir ?

L’humain a introjecté sa structure en Os.

Sa défense c’est sa capacité d’action, avant sa protection caparaçonnée, sauf en cas de guerre et de conflit psychologique majeur.

Oliver SOULIER

 

Article paru dans la Lettre Médecine du Sens n° 266