Notre Ami le Dr André Gernez nous a quittés…

 

 

Publié dans la lettre de Médecine du sens N° 7

Notre Ami le Dr André Gernez nous a quittés mercredi 8 Janvier à 17h30, quelques jours avant son anniversaire.

André Gernez est le père de la théorie des cellules souches. Il révise dans les années soixante le dogme du double cycle cellulaire et de la fixité neuronale, et de bien d’autres travaux époustouflants pour l’avenir de l’humanité.
Il restera pour moi un des 10 grands scientifiques du 20ème siècle.
Je pense bien évidemment à sa famille, ses ami(e)s et sa proche équipe, les Docteurs Jacques Lacaze et Pierre Delahousse.
J’en profite pour remercier toutes les personnes qui ont soutenues durant toutes ces années ses travaux. Mais l’aventure continue…
Aucun journaliste ne parlera de lui bien sûr, aucuns journaux, aucunes chaînes de télévision.
Jean-Yves Bilien

Le Docteur André Gernez est décédé dans sa 91éme année, le mercredi 8 janvier, vers 17 heures 30, au Centre Hospitalier de Roubaix, où il avait été chef de Service de radiologie, d’une insuffisance respiratoire terminale, entouré de sa famille.

Ce scientifique de génie, qui se considérait cependant comme un chercheur amateur, a été un vrai trouveur.
Bachelier à quinze ans, il s’inscrit en Faculté de Médecine avec dérogation spéciale. Dès ses premières années d’étude médicale, il pointe des contradictions majeures dans les postulats fondamentaux de la biologie. Il ne cessera jamais durant toute sa carrière, qui va durer jusqu’à ses derniers jours, de chercher ces contradictions et donc la voie de leur résolution. Son dernier texte, écrit de sa main, est daté du 13 décembre 2013,
Il fut ainsi amené à récuser le dogme admis par tous du double cycle cellulaire, selon lequel nos cellules seraient alternativement génératrices et fonctionnelles. Il proposa en 1966, par un mémoire aux Académies des Sciences et de Médecine, ses célèbres « Néopostulats biologiques et pathogéniques ». Il fondait par là le concept de cellule génératrice (ou souche). Le paradoxe dans cette affaire est que les observations de ce qu’il postulait à partir de la critique de la conception classique avait déjà été faite sans doute dès le début du XXème siècle, mais aucune conclusion n’en avait été tirée. Ce concept de cellule souche, aujourd’hui universellement repris par les chercheurs, qui en font la notion majeure de la biologie, permit à André Gernez de construire une théorie cohérente de la cinétique cellulaire.
L’accueil réservé, à son premier travail, par la communauté scientifique internationale fut unanime. André Gernez a poursuivi ses recherches à partir de ses travaux initiaux, sur le mécanisme du cancer, qu’il mit à jour, puis sur les maladies dégénératives, neurologiques en particulier. Il proposa des stratégies de prévention de ces maladies par différents mémoires, tous adressés aux Académies, mais aussi aux sociétés scientifiques, aux chercheurs, aux autorités politiques.
Alors que des travaux de recherche paraissaient partout dans le monde validant ses propres travaux, un silence, qu’il qualifiera de concerté, était instauré, sur ses propositions.
De nombreuses tentatives pour le briser ont été menées de toute part.
La création de l’Association pour André Gernez en 2010 permet aujourd’hui de rassembler et de coordonner les initiatives qui viennent de partout.
Nous pensons qu’honorer cet immense chercheur, qui a introduit en biologie et en médecine des concepts majeurs parfaitement opérationnels, c’est œuvrer pour que d’une part, ses propositions soient connues de l’ensemble de la communauté scientifique d’aujourd’hui et pour que d’autre part des chercheurs, des médecins s’emparent de sa méthode de travail, de ses concepts, de ses propositions, pour qu’enfin une politique publique de prévention des maladies dégénératives puisse voir le jour. C’est de l’intérêt de tous, car nous sommes tous concernés.
Docteur Jacques Lacaze