Moins de déprimés parmi ceux qui ont été allaités !

Commentaire. Rien de tel que la nature, nous ne le répéterons jamais assez au jour où le progrès se croit supérieur à des millions d’années d’évolution.

Nous avons dit récemment que l’allaitement protégeait les enfants et sauverait, s’il était généralisé, 800 000 vies par an.

Lettre n° 104 : https://www.lessymboles.com/generaliser-lallaitement-sauverait-plus-de-800-000-enfants-par-an/

Voici une autre information importante, l’allaitement protègerait du suicide et réduirait son impact de 30%.

Il y a sûrement plusieurs facteurs. Le plus évident c’est le rôle narcissisant et sécurisant du sein et la mémoire qu’il laisse chez le futur adulte. Mémoire positive qui peut peser lourd au moment d’un risque de passage à l’acte suicidaire.

Il y a aussi sûrement le rôle de la flore microbienne issue de l’allaitement, qui crée une flore intestinale de qualité qui est très protectrice contre foule de maladies.

Qui plus est, les microbes issus de l’allaitement ont un rôle immuno modulateur. En clair, ils permettent à un individu de s’adapter, de moduler ses réactions face à la relation et au monde. Elément crucial pour une bonne santé mentale.

 

 

L’ARTICLE :

L’allaitement maternel est « associé négativement » à des problèmes de comportement, de stress psychologique et de symptomatologie anxiodépressive, rappelle Journal of Affective Disorders. Cependant, les études évaluant son incidence précise sur la psychopathologie ultérieure (à l’âge adulte) sont rares.

Conduite à l’Université de Pelotas sur près de 6 000 enfants (nés en 1982 dans les maternités de cette ville du sud du Brésil), une étude de cohorte a recueilli des informations sur leur mode d’allaitement et sur l’évolution de leur santé mentale, trente ans plus tard. Cette évaluation psychiatrique a été réalisée en 2012–2013 sur 3 657 sujets (de la cohorte initiale) alors âgés de 30 ans. Pour apprécier la présence et la sévérité des symptômes, les auteurs ont utilisé l’inventaire de dépression de Beck BDI-II (Beck Depression Inventory)[1], le SRQ-20 (Self-Reported Questionnaire, une grille d’autoévaluation en 20 questions promue par l’OMS)[2] et l’outil MINI (Mini International Neuropsychiatric Interview)[3] d’aide au diagnostic de la dépression sévère, du trouble anxieux généralisé, de l’anxiété sociale…

Un risque de dépression réduit de 30 %

L’étude du lien épidémiologique entre l’allaitement maternel et une problématique psychiatrique trente ans plus tard s’appuie aussi sur des modèles de régression multiple. Les auteurs constatent que le risque de présenter une symptomatologie dépressive sévère à 30 ans est réduit d’environ 30 % chez les sujets ayant été allaités au sein « pendant six mois ou davantage » : Odds ratio (OR) = 0,69 ; intervalle de confiance à 95 %  0,53–0,89.

Si certaines limitations (comme l’absence de données sur le contexte biographique dans l’enfance) ne permettent pas de confirmer de façon indubitable cette association entre l’alimentation au sein et une dépression sévère ultérieure, il reste très vraisemblable que le risque de symptomatologie dépressive sévère à l’âge adulte se trouve amoindri, en cas d’allaitement maternel prolongé (> 6 mois), à l’aube de l’existence.

[1] http://nctsn.org/sites/default/files/assets/pdfs/measures/BDI-II.pdf
[2] http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/61113/1/WHO_MNH_PSF_94.8.pdf
[3] http://www.resapsad.org/sites/resapsad.cpm.aquisante.priv/files/u34/MINI5LifetimeParSubsJeuTabac_1.pdf

Dr Alain Cohen

Loret de Mola C et coll.: Breastfeeding and mental health in adulthood. Journal Affect Disord., 2016; 202: 115–119.

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Article paru dans la Lettre Médecine du Sens n° 125