« Moins d’antibiotiques ne rime pas avec complications »

Commentaire. Ces fameux antibiotiques, ne sont finalement pas si utiles. Moins d’antibiotiques ne rime pas avec plus de complications. Alors en fait ça sert à quoi ?

A générer trop de résistances.

 

L’ARTICLE :

Anne Prigent relaie dans Le Figaro les conclusions d’une étude britannique « rassurante » publiée dans le British Medical Journal. La journaliste explique que les auteurs « ont suivi 610 médecins généralistes britanniques et leurs 4 millions de patients pendant 10 ans et se sont penchés sur la prescription d’antibiotiques dans les infections respiratoires, toux, rhumes, infections de la gorge et des bronches, et ont été attentifs à l’apparition ou non de complications et à la hausse des infections ».

« Les patients des médecins qui prescrivaient le moins d’antibiotiques ne pâtissaient pas de plus de complications bactériennes graves, comme la méningite, les abcès au cerveau ou la mastoïdite », indique Anne Prigent.

Elle ajoute : « En revanche, prescrire moins d’antibiotiques contribue à augmenter légèrement les abcès périamygdalien (un cas supplémentaire tous les dix ans), un problème traitable avec des antibiotiques une fois identifié. Ces données sur les abcès sont cependant difficilement extrapolables à la France ».

Le Dr Robert Cohen, pédiatre infectiologue à Créteil, remarque ainsi qu’« en Angleterre, on ne prescrit jamais d’antibiotiques, même dans une angine bactérienne ». « Ce qui expliquerait le risque d’abcès plus important. En France, en cas d’angine, les médecins ont à leur disposition un test diagnostique rapide qui permet de déterminer si elle est virale ou bactérienne. Même si aujourd’hui, faute de promotion de la part des pouvoirs publics, les médecins n’utilisent pas systématiquement cet outil », relève la journaliste.

Anne Prigent ajoute que « les chercheurs anglais ont aussi constaté un taux légèrement plus élevé (+ 0,4% par an) de pneumonies chez les patients qui recevaient moins d’antibiotiques ». Le Pr Vincent Renard, président du Collège national des généralistes enseignants, souligne qu’« en médecine, la difficulté est bien aujourd’hui de repérer l’infection virale qui va dégénérer ou alors l’infection bactérienne qui ressemble à une infection virale ».

« Pour autant, face à une infection respiratoire comme décrite dans l’étude anglaise, à de très rares exceptions près, le traitement antibiotique ne se justifie pas, insiste l’enseignant. Un message qui serait aujourd’hui bien passé auprès des jeunes médecins et de certains de leurs aînés », note la journaliste.

Le Pr Renard indique ainsi qu’« une étude que nous allons présenter lors de notre congrès montre que les médecins généralistes qui accueillent des stagiaires prescrivent moins d’antibiotiques que les autres ».

Anne Prigent continue : « Avoir un médecin qui ne prescrit pas d’antibiotiques possède un autre avantage : vous le verrez moins souvent ». Le Dr Cohen remarque que « des études ont en effet prouvé que les patients consultent moins leur médecin qui ne prescrit pas d’antibiotiques pour une infection ».

Date de publication : 2 Novembre 2016

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Article paru dans la Lettre Médecine du Sens n° 137