MEXIQUE. La population de papillons monarques devrait quadrupler

Commentaire. La population de certains papillons augmente suites aux mesures de préservation. Coluche dirait : « Ce n’est qu’un combat continuons le début ».

 

L’ARTICLE :

Une embellie, qui ne permet pas d’oublier que la population de Danaus plexippus a diminué de 90% au cours des 25 dernières années.

HIBERNATION. La population de papillons monarques (Danaus plexippus) venant hiberner au Mexique devrait quadrupler cette année grâce à des actions conjointes du Canada, des Etats-Unis et du Mexique, selon le ministre mexicain de l’Environnement. Les mesures prises lors d’un sommet tenu en février 2014 pour protéger ces grands papillons “produisent leurs effets” s’est félicité Rafael Pacchiano lors d’une conférence de presse jeudi au pied du sanctuaire de Piedra Herrada, dans l’Etat de Mexico (Mexique), au côté de la ministre américaine de l’Intérieur Sally Jewell. Les insectes devraient occuper entre 3 et 4 hectares de forêt, soit “quasiment le quadruple de la saison dernière” selon le ministre mexicain. Les autorités espèrent que ces chiffres se maintiendront durant toute la période d’hibernation, qui s’étale de novembre à mars, mais les autorités appellent à ne pas chanter victoire trop tôt, rappelant que la population de ces papillons a diminué de 90% au cours des 25 dernières années.

Une espèce victime de la déforestation et des pesticides

Après un trajet épuisant de plus de 4000 kilomètres depuis le Canada, des centaines de papillons colorés viennent se poser par grappes sur les troncs des arbres de cette vaste zone montagneuse. L’année dernière, ces papillons orange et noir ont seulement occupé 1,13 hectare de forêt entre l’Etat du Michoacan et l’Etat de Mexico. En 2013, ce chiffre était encore inférieur, avec seulement 0,67 hectare occupé, bien loin du chiffre exceptionnel de 18,9 hectares relevé vingt ans plus tôt. La déforestation illégale menace ces papillons, ainsi que l’usage de pesticides dans les champs aux Etats-Unis et au Canada qui prive cette espèce de l’asclépiade, l’unique plante dans laquelle elle pond leurs oeufs et dont ses larves se nourrissent. Les trois pays ont unis leurs efforts pour tenter de remédier à ces problèmes. “Nous avons beaucoup d’espèces qui ne connaissent pas les frontières (…) et nous sommes déterminés à les protéger” ces papillons monarques a rappelé Jewell, soulignant que les Etats-Unis travaillent actuellement à planter de l’asclépiade dans des zones dépourvues de pesticides. Le ministre mexicain a pour sa part souligné les efforts menés par son gouvernement pour lutter contre la déforestation. Les trois pays espèrent qu’en 2020 au moins 6 hectares seront occupés par les papillons monarques lors de leur hibernation au Mexique.

http://www.sciencesetavenir.fr/animaux/insectes/20151113.OBS9366/mexique-la-population-de-papillons-monarques-devrait-quadrupler.html

 

Article paru dans la Lettre Médecine du Sens n° 92