L’OMS face aux multiples visages de l’opposition aux vaccins

Commentaire. L’OMS s’inquiète de la résistance de plus en plus importante aux vaccinations. Bien évidement la seule solution est de tenter de convaincre par tous les moyens les récalcitrants.

 

L’ARTICLE :

Paris, le jeudi 20 août 2015 – Ces dernières semaines, l’attention s’est concentrée en France sur les groupes opposés à la vaccination, révélant que leurs arguments, focalisés en grande partie sur la dangerosité potentielle des vaccins et leur prétendue faible utilité, séduisent un grand nombre de personnes instruites et bien insérées dans la société. Ce n’est qu’un visage parmi tant d’autres de l’opposition à la vaccination, qui sévit sous des formes différentes partout dans le monde, comme le rappelle l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) invitée du dernier numéro de la revue Vaccine publié hier.

Un phénomène partout en progression

Pays riches ou pauvres, populations éduquées ou non : le refus de la vaccination touche en fonction des contextes et des circonstances des publics variés. De même, les argumentations développées diffèrent : prétendument scientifiques ici, elles s’appuieront plus souvent sur la rumeur d’un complot orchestré contre une partie de la population ailleurs. En outre, le manque de confiance dans les autorités sanitaires ou l’influence de certains leaders d’opinion peuvent parfois jouer des rôles déterminants. Le caractère protéiforme de l’opposition aux vaccins accroit les difficultés des autorités pour lutter contre un phénomène, qui ne cesse de prendre de l’ampleur et qui fragilise partout les programmes de vaccination. « Les pays qui tentent de combler les lacunes en matière de vaccination sont de plus en plus confrontés à des personnes qui retardent ou refusent des vaccinations pour elles-mêmes ou pour leurs enfants » déplore en effet l’OMS.

1,5 millions d’enfants meurent chaque année faute d’avoir été vaccinés

Face à cet enjeu majeur, l’agence onusienne prône en premier lieu le dialogue avec les communautés. Les conséquences possiblement désastreuses de l’absence de discussions ouvertes avec les représentants de ces dernières sont apparues sans nuance lors de l’épidémie d’Ebola.

Aujourd’hui, l’OMS invite à tirer les leçons de cette regrettable expérience et prône une politique d’ouverture du dialogue concernant les vaccins. L’Organisation mondiale de la Santé veut également multiplier les travaux d’explication à un échelon plus global. C’est dans ce cadre qu’elle participe à la revue Vaccine aujourd’hui où elle y détaille les raisons et enjeux de plusieurs de ses recommandations (sur la grippe, la protection contre le HPV, etc). Dans ce même esprit, elle publiera prochainement un dossier sur l’atténuation de la douleur provoquée par les aiguilles, la hantise entraînée par ces dernières constituant un facteur parmi tant d’autres de refus de la vaccination. L’ensemble de ces actions poursuit le même objectif : faire reculer le nombre de personnes non protégées en dépit de la disponibilité des vaccins. Aujourd’hui, rappelle l’OMS, 1,5 millions d’enfants meurent chaque année de « maladies que les vaccins existants permettraient d’éviter ». Une proportion qui n’est cependant pas uniquement liée aux rejets conscients de la vaccination, mais qui s’explique également par des défauts d’accès aux soins pour des raisons financières notamment.

Aurélie Haroche

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Article paru dans la Lettre Médecine du Sens n° 80