« L’exposition des Français à la radioactivité en hausse »

Commentaire. Les Français de plus en plus exposés à la radioactivité.

L’ARTICLE :

Le Figaro note que « selon le rapport 2016 de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), la dose annuelle de radioactivité s’élève en moyenne à 4,5 millisieverts par an (mSv/an) en France métropolitaine. […] En 2005, l’IRSN avait estimé cette dose à 3,3 mSv par personne et par an. Dans les deux cas, ces doses sont considérées comme «faibles» ».

Le journal observe donc que « la dose moyenne annuelle a enregistré une hausse de 30% entre 2006 et 2012, en partie à cause de l’augmentation de certains actes médicaux ».

Le quotidien évoque « l’usage croissant d’examens diagnostiques. Radiologie, médecine nucléaire, scanner et radiothérapie sont désormais la première source d’exposition à la radioactivité (35% de l’exposition moyenne), avec une dose moyenne évaluée à 1,6 mSv par an et par habitant dans le dernier rapport de l’IRSN, contre 0,84 mSv en 2006 ».

Eric Vial, expert en radioprotection à l’IRSN, remarque que « cela montre qu’il y a eu une augmentation des appareils entre 2006 et 2012. Depuis, les pouvoirs publics ont décidé de davantage équiper les hôpitaux en appareil d’IRM, qui permettent de faire certains diagnostics sans avoir recours à la radioactivité ».

Le Figaro relève que « l’exposition varie fortement d’un examen à l’autre : une quantité infime de millisieverts pour une radiographie dentaire, 0,05 mSv pour une radiographie du thorax ou 15 mSv pour un scanner abdominal. En 2012, 44% de la population a été exposée à des examens de ce type ».

Éric Vial précise : « Bien sûr, le bénéfice en termes de soin demeure largement supérieur au risque lié à la dose reçue ».

Le quotidien observe qu’« après l’exposition médicale, la plus grande source provient du radon (32% de l’exposition moyenne), un gaz radioactif issu de la désintégration de l’uranium et du radium naturellement présents dans le sol. Il se concentre dans les habitations en émanant du sol, en particulier dans certaines communes du Massif Central, de Bretagne ou de Corse ».

« La dose moyenne de radiations reçue par habitant est estimée à 1,43 mSv/an, avec néanmoins d’importantes disparités régionales. La dose peut ainsi atteindre plus de 19 mSv/an dans certaines communes. Une exposition qui n’est pas sans risque pour les habitants », souligne le journal.

Éric Vial déclare ainsi qu’« il existe plusieurs études épidémiologiques menées sur des mineurs qui montrent que le radon est associé à un risque plus important de cancer du poumon, bien que son implication soit minime comparée à celle du tabac ».

Le Figaro continue : « Viennent ensuite l’irradiation tellurique (14% de l’exposition moyenne) due aux éléments radioactifs présents dans la croûte terrestre, l’ingestion d’éléments radioactifs (12%) présents à l’état naturel dans les denrées alimentaires, l’eau et le tabac, et enfin l’exposition aux rayonnements cosmiques (7%) liée aux particules en provenance de l’espace, qui touche les personnes voyageant fréquemment en avion. En revanche, les activités industrielles et militaires induisent moins de 1% de l’exposition moyenne ».

Éric Vial remarque par ailleurs que « nous sommes depuis toujours exposés à des doses de quelques millisieverts. Mais dans l’état actuel des recherches, nous ne connaissons pas d’effet sanitaire clairement identifié à ce niveau d’exposition ».

Date de publication : 28 Septembre 2016

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Article paru dans la Lettre Médecine du Sens n° 134