« Les barres de chocolat Kinder sont-elles cancérogènes ? »

L’ARTICLE :

C’est ce que se demande Le Parisien, qui note que les barres chocolatées « sont sur la sellette après l’alerte sanitaire lancée par l’association allemande » Foodwatch.

Le journal explique que « cette association indépendante dénonce la présence à un niveau inquiétant d’hydrocarbures d’huiles minérales connues sous l’acronyme MOH dans les barres de chocolat produites par l’entreprise italienne Ferrero, ainsi que dans des friandises Sun Rice d’Aldi ».

« Le hic, c’est que dans l’industrie alimentaire, ces huiles minérales sont utilisées par exemple en tant que lubrifiants pour des machines ou dans les emballages ! », observe le quotidien.

Le Parisien indique que « l’Autorité européenne de sécurité des aliments classe ces «hydrocarbures aromatiques» comme «peut-être «cancérogènes et mutagènes». Selon Foodwatch, cette substance chimique serait donc cancérogène à trop forte concentration. Elle invite dès lors l’ensemble des consommateurs à renoncer à consommer ces friandises ».

L’Autorité européenne de sécurité des aliments indiquait dans un rapport de 2012 que « l’impact potentiel des MOH sur la santé humaine varie largement ; les MOH dits «aromatiques» peuvent agir comme des cancérigènes génotoxiques (c’est-à-dire qu’ils peuvent endommager l’ADN, le matériel génétique des cellules, et également provoquer le cancer), tandis que certains MOH «saturés» peuvent s’accumuler dans les tissus humains et induire des effets indésirables pour le foie ».

Le quotidien fait savoir que « la marque Ferrero a réagi via un communiqué évoquant un problème complexe nécessitant une concertation européenne sur la question. Cette nouvelle polémique n’arrange sûrement pas l’entreprise italienne. Récemment ses œufs surprise ont été bannis au Chili car ils encourageraient l’obésité infantile ».

L’entreprise observe que « la discussion sur les composants d’hydrocarbures d’huiles minérales (MOH) dans des produits alimentaires n’est pas nouvelle et affecte une grande variété de produits alimentaires des catégories les plus différentes ».

« Cependant, les traces d’huile minérale existent presque partout dans l’environnement et elles peuvent être transférées à la nourriture de beaucoup de façons différentes. Les sources de migration principales sont, par exemple, des composants d’huile minérale provenant d’encres d’imprimerie qui sont présentes dans l’emballage issu du recyclage et qui, via la fibre recyclée pendant le transport, migrent aux matières premières et aux produits alimentaires », ajoute Ferrero.

Le Parisien observe en outre que « cette alerte sanitaire intervient au moment même où une enquête américaine montre que la consommation d’acides gras trans ou de graisses saturées comme le beurre, utilisé dans les produits Ferrero, provoque un risque accru de mortalité ».

Il indique que « la recherche publiée mardi [dans JAMA Internal Medicine] a été effectuée sur plus de 126.000 participants pendant 32 ans qui ont répondu à un questionnaire sur leur alimentation et leur mode de vie tous les 2 à 4 ans ainsi que sur leur santé. Plus de 33.300 décès ont été enregistrés dans ce groupe pendant l’étude ».

Le journal explique : « Les chercheurs ont constaté que les acides gras trans – résultant de procédés industriels des matières grasses végétales et en passe d’être éliminés dans l’alimentation – avaient le plus grand impact négatif sur la santé avec un risque accru de 16% de la mortalité. Quant aux graisses saturées, comparativement au même nombre de calories provenant des féculents, chaque augmentation de 5% de leur consommation a coïncidé à un accroissement de 8% de la mortalité ».

« En revanche, remplacer ces aliments par des graisses insaturées, dont celles trouvées dans l’huile d’olive, et des poissons gras comme le saumon, réduisent le risque de mortalité, a également déterminé cette étude », continue Le Parisien.

 

Date de publication : 7 Juillet 2016

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Article paru dans la Lettre Médecine du Sens n° 125