Les aliments ultra-transformés augmenteraient le risque de cancer

Quand la part d’aliments ultra-transformés augmente de 10% dans l’alimentation d’un individu, son risque de cancer augmente également d’environ 10%. Cet effet ne serait pas seulement dû à la moins bonne qualité nutritionnelle de ces produits mais également à la présence de substances, peut-être des additifs, des résidus d’emballage, des produits néoformés qui restent à identifier. Ces travaux sont parus dans le BMJ.

Plus la consommation d’aliments ultra-transformés est importante chez un individu, plus son risque de cancer augmente. C’est le constat d’une équipe française issue de l’analyse des données de l’étude NutriNet-Santé. Elles concernent 104.980 adultes âgés en moyenne de 43 ans ayant rempli des questionnaires alimentaires sur 24 heures à plusieurs reprises.

Les aliments ultra-transformés comprennent les pains et brioches industriels, les barres chocolatées, les biscuits apéritifs, les sodas et boissons sucrées aromatisées, les nuggets de volaille et de poisson, les soupes instantanées ou encore les plats cuisinés congelés ou prêts à consommer.

Ces produits se caractérisent souvent par une qualité nutritionnelle médiocre, par la présence d’additifs alimentaires, colorants, émulsifiants, texturants, édulcorants ou autres et par des procédés industriels de type hydrogénation, hydrolyse, extrusion et prétraitement par friture.

Pendant le suivi, 2228 cas de cancers ont été diagnostiqués. Les auteurs ont constaté une association linéaire entre le niveau de consommation des aliments ultra-transformés et le risque de survenue d’un cancer. Quand le premier augmente de 10% dans l’alimentation des individus, le risque de cancer global augmente de 12% et celui de cancer du sein de 11%.

Ces résultats ont persisté après de nombreux ajustements sur des facteurs de qualité nutritionnelle (apports en lipides, en sodium, en sucres ou encore alimentation de type occidentale) suggérant des mécanismes mettant en jeu d’autres composés (additifs, substances formées lors des procédés industriels, matériaux au contact des aliments, etc.) qui restent à identifier.

Référence :

Thibault Fiolet et al.

Consumption of ultra-processed foods and cancer risk: results from NutriNet-Santé prospective cohort

BMJ 2018;360:k322

https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=e1cfb7669fb80940363e1251987ba939&site_origine=newsletter_mediscoop&nuid=medi_2_31928&midn=10432&from=newsletter