« Le singe, médecin malgré lui »

Commentaire.

Remarquable article. Mais aussi une source incroyable de solution de vie.

Les singes savent trouver d’eux-mêmes dans la nature les remèdes dont ils ont besoin. Ils sont nos guides pour de nouveaux médicaments. Je suis convaincu que l’étude attentive et intelligente de la nature donnera plus de solutions et de nouveaux remèdes que toutes les recherches sophistiquées.

A une différence près, elle seront pour la plupart non brevetables.

L’ARTICLE :

C’est ce que titre L’Express, qui relève dans un long article que « plus l’homme étudie les chimpanzés et leurs cousins, plus les frontières s’estompent. Une exposition au Muséum de Paris montre que nous partageons avec ces primates nombre de facultés et d’émotions : empathie, altruisme, langage, etc. Ils peuvent même nous donner des leçons d’automédication… ».

Le magazine cite ainsi Marc Ancrenaz, spécialiste des orangs-outans, qui remarque que « nous avons aujourd’hui l’intime conviction que les grands singes peuvent nous apprendre beaucoup de choses, notamment dans le domaine médical ».

L’Express note que « les primates évoluant dans certaines forêts tropicales ont, en matière de plantes, un savoir-faire que nous ne possédons pas. Or la moitié de nos médicaments sont d’origine végétale, à l’instar de l’écorce de saule dont, à une époque, était tirée l’aspirine. Si la Terre recèle encore un demi-million de plantes, seules 5 à 10% nous sont bien connues ».

L’hebdomadaire évoque donc la « la zoopharmacognosie, qui consiste à étudier l’automédication des primates. En 1977, Richard Wrangham, élève de Jane Goodall, la célèbre éthologue britannique, observe un groupe de chimpanzés de Gombe (Tanzanie) et constate que certains d’entre eux avalent des feuilles qui ne font pas partie de leur régime quotidien. Il émet alors l’hypothèse qu’ils puissent se soigner seuls ».

L’Express relève qu’« en 15 ans de carrière, des expéditions de ce type, Sabrina Krief, vétérinaire et maître de conférences au Muséum national d’histoire naturelle de Paris, en a effectué une trentaine ».

La spécialiste déclare ainsi : « Un matin, je m’aperçois qu’une des femelles chimpanzés, Kilimi, âgée de 6 ans, se tient à l’écart du groupe. Elle souffre de diarrhées – après analyses, ses selles contenaient plus de 300 parasites – et ne mange pas, à l’exception des écorces d’un arbre appelé Albizia Grandibracteata, absent de son régime alimentaire ordinaire. Au bout de 2 jours, elle était guérie ».

Le magazine note que la chercheuse « rapporte à Paris des échantillons de la plante, qu’elle analyse en laboratoire. Bingo ! Celle-ci possède deux molécules aux propriétés antiparasitaires et antitumorales ». Sabrina Krief précise toutefois : « Nous en avons déterminé les structures, mais impossible de les reproduire en chimie de synthèse pour l’industrie pharmaceutique ».

L’Express ajoute que « ces comportements d’automédication ont été observés sur plus de dix sites d’étude des grands singes », et s’interroge : « Peut-on vraiment parler de science des plantes ? Les plus étudiés des grands singes, les chimpanzés, consomment jusqu’à 117 espèces végétales et, selon Sabrina Krief, “10% d’entre elles ont des vertus thérapeutiques” ».

« D’une part, ils utilisent une gamme de plantes en fonction de leurs symptômes internes – paludisme, diarrhée, parasites, toux, mal de gorge – et externes – infection cutanée, dermatose. D’autre part, ils savent les associer avec d’autres ingrédients qu’ils trouvent dans la nature », poursuit l’hebdomadaire.

« D’où provient un tel savoir ? Faute de données suffisantes, les scientifiques n’osent répondre, mais s’émerveillent des découvertes qu’ils effectuent à chaque nouvelle mission. Certains que, dans la jungle, en l’absence de pharmacopée, le médecin malgré lui, c’est le chimpanzé », conclut L’Express.

Date de publication : 27-02-2015

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