Le poumon des patients psychotiques en ligne de mire

Commentaire. Les patients psychotiques et schizophrènes ont un poumon plus faible et font plus de bronchites et de pneumonies.

Explication. Le poumon c’est la relation, l’intimité, mais aussi la peur et la faiblesse relationnelle, tous ces éléments sont affectées dans les troubles psychotiques qui se caractérisent d’abord par une perturbation de la relation à l’autre puis à soi-même. Logique qu’ils somatisent plus souvent sur l’organe en faiblesse et à l’origine de leur difficulté.

Allons plus loin. La nicotine du tabac apparait aussi pour son rôle anti-dépresseur.

Le tabac est la drogue la plus masculine. Elle parle du père, de son aide à la relation. Son besoin vient parler du père et vient soigner les troubles dépressifs et psychotiques.

Cela nous ramène logiquement au rôle structurant et équilibrant de la relation qu’apporte le père. Le psychanalyste Didier Dumas dans son livre « l’ange et le fantôme » nous explique bien que la disparition du père à trois générations successives est générateur de psychose. La boucle est bouclée.

 

L’ARTICLE :

On sait désormais que les patients psychotiques souffrent de nombreuses comorbidités somatiques, en particulier le diabète de type 2 et l’ostéoporose, rappelle The British Journal of Psychiatry, mais peu d’informations sont disponibles sur la fonction pulmonaire et les maladies respiratoires chez les sujets psychotiques. Portant sur plus de 8 000 participants âgés de 30 ans ou plus (54,7 % de femmes et 45,3 % d’hommes), une étude réalisée en Finlande vise à évaluer l’état de la fonction respiratoire des psychotiques, comparativement à la population générale. Parmi les informations recueillies, figurent des données de la spirométrie, et comme reflet biologique du tabagisme, le taux de cotinine sérique, un métabolite de la nicotine s’éliminant plus lentement que celle-ci (et qui fut proposé d’ailleurs comme un nouvel antidépresseur, mais n’a finalement jamais été commercialisé).

Chez les schizophrènes (ou les sujets souffrant d’une autre forme de psychose), les auteurs observent un « affaiblissement du fonctionnement pulmonaire. » Cette altération des fonctions pulmonaires demeure « significative » après ajustement des données pour tenir compte du tabagisme et d’autres facteurs confondants éventuels. On constate ainsi que la schizophrénie est associée à une augmentation importante de la fréquence des pneumonies (Odds Ratio [OR] = 4,9), des bronchopneumopathies chroniques obstructives (OR = 4,2) et des bronchites chroniques (OR = 3,8). Survenant dans un contexte de tabagisme avec des « niveaux élevés de nicotine », toutes ces pathologies sont associées à une « augmentation du risque de mortalité. »

L’intérêt de mettre en évidence cette vulnérabilité particulière des psychotiques pour la fonction respiratoire réside bien sûr dans la possibilité de mieux dépister ces troubles pulmonaires et, surtout, de s’efforcer d’intervenir sur certains facteurs susceptibles d’être modifiés, « notamment le tabagisme et l’obésité abdominale » qui pèsent de façon préjudiciable sur le « syndrome métabolique.»

Dr Alain Cohen

Référence

Partti K et coll.: Lung function and respiratory diseases in people with psychosis: population-based study. Br J Psychiatry, 2015 ; 207 : 37–45.

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Article paru dans la Lettre Médecine du Sens n° 79