Le microbiote cutané protège de l’allergie !

Commentaire.

Le microbe « confrontateur » et éducateur de notre être et de notre système de défense vient aussi parler de nos faiblesses. Et c’est bien cela qui nous gène. Nous aimerions tant être parfait et que ce soient de mauvais microbes qui soient responsables de nos maladies.

Nous les avons éliminé de tant de manières. Vaccins, antibiotiques, stérilisations tous azimut.

Nous savions le rôle des staphylocoques dans le déclenchement des eczémas. 

Voilà le rôle protecteur de Acinetobacter dans la prévention des allergies.

L’ARTICLE :

La dermatite atopique affecte environ 40 % de la population des pays développés. Cette « épidémie » a été associée à des modifications du mode de vie et en particulier à une réduction du contact avec la flore microbienne de l’environnement et de son interaction avec le système immunitaire. Les voies moléculaires et cellulaires conduisant à une réponse régulatrice et protectrice sont pour l’instant mal connues.

Les bactéries intestinales pourraient favoriser l’activité des cellules T régulatrices par l’intermédiaire de la production d’IL-10.

Les microbes peuvent également protéger de l’allergie par l’induction de réponses immunitaires de type Th1 et une inhibition du développement des Th2.

Les endotoxines stimulent la production d’Il-12 par les macrophages et les cellules présentatrices d’antigène, favorisant ainsi les réponses immunitaires de type Th1.

L’effet de la flore microbienne en dehors du type digestif est moins bien exploré mais il semble que les germes commensaux contrôlent également les réponses inflammatoires locales au niveau de la peau.

Une étude récente s’est intéressée aux gamma protéobactéries de la flore microbienne cutanée.

Le microbiote cutané de 118 personnes a été analysé par séquençage d’ARN ribosomique 16s.

Les cellules mononucléaires du sang périphérique (CMSP) ont été analysées au départ puis après stimulation allergénique.

Des cellules dendritiques dérivées de monocytes humains et des kératinocytes primaires ont par ailleurs été incubés in vitro avec Acinetobacter iwoffii.

Pour finir, des expériences in vivo ont été réalisées sur des souris avec injection intradermique d’A iwoffii lors d’une phase de sensibilisation d’un protocole d’asthme puis les paramètres de l’inflammation ont été analysés.

Chez les sujets sains, contrairement aux patients atopiques, l’abondance relative de souches d’Acinetobacter s’est avérée associée à l’expression de molécules anti-inflammatoires par les CMSP.

Par ailleurs, un équilibre entre l’expression des gènes impliqués dans les réactions anti-inflammatoires et Th1/Th2 a été mis en évidence chez les personnes saines, en relation avec la composition du microbiote cutané.

Lors des expériences cellulaires et dans le modèle animal, les souches d’Acinetobacter ont induit des réponses fortes anti-inflammatoires et Th1 par les cellules immunitaires et les cellules cutanées, induisant une protection contre la sensibilisation allergique et l’inflammation pulmonaire.

Ces résultats confirment le rôle important de la flore commensale cutanée dans la réponse aux allergènes de l’environnement.

Dr Geneviève Démonet

Références

Fyhrquist N et coll. : Acinetobacter species in the skin microbiota protect

against allergic sensitization and inflammation. J Allergy Clin Immunol., 2014;134: 818-23.

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