LE CANNABIS : drogue de passage

Le phénomène de la drogue est un peu comme un retour inconscient à des rituels initiatiques tribaux. Dans les tribus premières, lors de l’adolescence, les jeunes hommes et femmes subissaient des initiations sous forme de changements corporels, de danses et de séances de drogues. Pensez à la danse du soleil des Indiens des plaines où l’on soufflait de la drogue dans les narines des adolescents pour les mettre en transe et leur permettre de trouver leur animal totem, image de leur personnalité. Aujourd’hui, le totem est gravé sur le T-shirt et punaisé sur le mur. Quant à la drogue, les ados doivent se débrouiller tout seuls avec tous les risques que cela représente. Notre civilisation, en aseptisant la vie, a laissé l’adolescence orpheline d’initiation. La désertion de ce champ essentiel laisse libre cours à toutes les exploitations et malversations illégales. Est-ce cela que nous souhaitons leur apprendre ? “  Dis-leur la force qui est en eux ou le dealer s’en chargera , à leurs dépens et dépendance….

Dans l’utérus déjà….
Pour comprendre les drogues, il faut savoir qu’elles sont d’autant plus attractives et dangereuses qu’elles correspondent à des molécules et des circuits qui fonctionnent dans notre corps.
Penchons – nous par exemple sur le cannabis. C’est la drogue -type de l’ado qui se cherche, se pose la question du sens de la vie et de “ ce qu’il est venu faire sur terre“.
Revenons au tout début de la grossesse. L’œuf fécondé parcourt la trompe et pénètre dans l’utérus pour s’y implanter, Cette phase est appelée la nidation. Or d’après des études récentes réalisées pour mieux réussir les réimplantations après fécondation in vitro, il se produit,
avant la nidation, une sorte de négociation entre l’utérus et l’œuf.
L’utérus sécrète une molécule qui est captée par l’œuf, c’est un signal. Il en faut suffisamment, mais pas trop. Tout se passe comme si au moment d’atterrir dans la terre de l’utérus, l’œuf discutait ses conditions d’existence, avant de les accepter. Quand cette négociation a réussi, l’œuf s’implante. Sinon c’est la fausse-couche. La molécule qui gère cette phase est l’anandamine sécrétée par la paroi de l’utérus. Or l’anandamine est un cannabinoïde, de la famille du cannabis. !

Quête de sens
Chaque être- oeuf fait donc un choix lors de son implantation. S’il s’avère que la vie ne tient pas ses promesses, il pourra la remettre en question. Au moment de la puberté, l’enfant se repose la question du sens de sa vie,. Il peut par exemple dire à ses parents,  je n’ai pas demandé à vivre .
Le cannabis est en rapport avec l’idée de remettre en question et de  renégocier  ses conditions de choix de vie. C’est un passage. Il ré-ouvre le champ de la recherche du sens. Après avoir fait son nid en tant qu’œuf, il utilise au besoin la même clef moléculaire pour le faire en tant qu’être qui va vers son état adulte. Comprendre que l’attraction vers le cannabis peut renvoyer à cette question permet de travailler dans le sens de sa réponse. Eviter cette question pourrait au contraire renforcer l’attraction vers le cannabis.

Un médicament
Si vous acceptez l’idée que les somatisations peuvent traduire des états de mal-être, cela ouvre encore un nouvel éclairage. De nombreuses maladies sont reconnues comme  améliorées  par le cannabis. Citons entre autres : les insomnies, les migraines, nausées, douleurs, spasmes et convulsions, épilepsie, anxiété, peur, inflammations (c’est-à-dire colères), asthme, glaucome, sclérose en plaque. Certains auteurs évoquent même le cannabis comme un médicament utile dans le traitement du cancer.(Sciences et Aveni r- nov. 2003, le Point – oct. 2003)
Ce champ est très large et cette question est essentielle. On peut se dire que les symptômes soulagés par le cannabis sont la conséquence d’un choix qui n’est pas résolu et d’une adolescence qui n’a pas permis de reposer un choix de vie franc et clair.

Autres drogues
Parcourons rapidement les autres drogues finalement tout aussi toxiques.
L’alcool consommé avec excès évoque la recherche de la vérité (in vino veritas) avec le risque de se noyer.
Le tabac, saveur piquante, renforce le yin du poumon en énergétique chinoise et aide ceux qui se sentent en difficulté relationnelle, sans compter que cela donne un petit retour à la tétée. Ce renforcement étant artificiel, il aggrave le déficit potentiel et fait le lit de futures maladies.
La cocaïne donne une sensation d’hyper éveil. Elle facilite la relation avec les autres.
L’héroïne donne beaucoup d’énergie et la sensation d’un très grand optimisme.
La morphine est la drogue de l’apprentissage et de la tolérance à la souffrance.
Ces trois dernières drogues agissent dans le cerveau sur le système de satisfaction. Elles vous donnent la même sensation que celle que vous avez normalement quand vous avez  réussi . Le déséquilibre s’aggrave et la dépendance devient vite majeure.
Le Peyotl, Anhalonium des homéopathes ou mescaline. C’est le mythe du serpent de l’immortalité, la solution dans une forme de dépersonnalisation, le retour à la double hélice d’ADN, pour aller rechercher dans le code génétique les informations qui nous manquent pour vivre notre vie. Une forme de recherche de la solution dans le délire.

Tout cela n’est que leurre, le cerveau en paye le contrecoup. Ces codes permettent de comprendre ce qui est recherché et donc ce qui manque dans notre histoire.Cherchons d’autres solutions, car toutes les drogues sont toxiques, mais ne fuyons pas le problème qu’elles posent.

Dr Olivier Soulier.

Parangon : “Dis-leur la force qui est en eux ou le dealer s’en chargera”.

AVERTISSEMENT : la rubrique ” médecine d’aujourd’hui ” apporte un regard neuf sur les maladies, leur sens psychique et symbolique. Cet éclairage nouveau peut vous aider, mais soignez vous en accord avec votre médecin.