« Le cancer de la prostate surdépisté »

Commentaire. Surdiagnostic, c’est à dire, des diagnostics de cancer alors qu’il n’y a pas vraiment de cancer, mais avec toute la chaine de traitement, ses effets secondaires, ses peurs et ses traumatismes.

Cet article parle du cas assez typique du cancer de la prostate et remet clairement en question un des piliers de la médecine, le dosage des PSA prostatiques. Acte quasi religieux pour les hommes à partir de 50 ans.  Nous avons souvent évoqué ce point avec des références (remettre)

Lettre n° 133 : https://www.lessymboles.com/cancer-de-la-prostate-traiter-ou-ne-pas-traiter-telle-est-toujours-la-question/

Lettre n°141 : https://www.lessymboles.com/cancer-de-la-prostate-une-therapie-hormonale-pourrait-doubler-le-risque-de-demence/

Il est temps d’arrêter de mutiler les hommes inutilement. Et sans réel bénéfice de survie.

Cela va dans le sens d’autres sur-diagnostics, cancer du sein, cancer de la thyroïde.

 

L’ARTICLE :

« Dépister ou ne pas dépister ? Traiter ou ne pas traiter ? (…)  Eh bien en matière de cancer de la prostate, c’est plutôt non », indique Libération. « Aujourd’hui, on paye les conséquences d’un usage abusif du dosage de PSA, un examen biologique que l’on a généralisé dans les années 90 et qui s’est révélé peu pertinent, provoquant en pagaille des faux positifs et surtout conduisant à traiter des patients qui n’en auraient pas eu besoin », estime le journal.

« La situation s’améliore, on a fortement baissé le systématisme du dosage de PSA, mais on reste encore un des pays qui en fait le plus », explique un des chercheurs qui a participé au numéro spécial du Bulletin épidémiologique hebdomadaire.

« Depuis plus de vingt ans, le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme. On a assisté, entre 1980 et 2005, à une très forte augmentation de l’incidence (nombre de nouveaux cas), puis à une baisse très nette. Pourquoi ? C’est la faute au PSA ! », affirme l’article.

« La prostate est une glande qui fabrique une protéine appelée antigène prostatique spécifique, en abrégé PSA, qui est de fait un marqueur de l’activité de la prostate : il indique qu’elle fonctionne. Dans les années 80, on a considéré qu’un taux élevé de PSA signifiait l’amorce voire l’existence d’un cancer de la prostate. Alors, généralistes comme urologues se sont mis à le prescrire à tous les hommes, même jeunes, qui plus est régulièrement », explique Libération.

« Logiquement, on en a dépisté de plus en plus. Mais on dépistait quoi ? Des cancers agressifs ? Ou juste des traces sans signification ? Et ensuite, quid des traitements ? Est-il utile, par exemple, de retirer la prostate chez un homme avec un taux de PSA un peu élevé, avec des conséquences lourdes en matière de qualité de vie ? », s’interroge le journal.

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Article paru dans la Lettre Médecine du Sens n° 145