L’apnée du sommeil fait le lit d’Alzheimer

Commentaire.

L’apnée du sommeil vient parler d’une difficulté à vivre. De celui qui se repose perpétuellement, toutes les nuits, 30 fois par nuit la question de savoir s’il veut vivre ou pas.  Tout cela est, bien sûr, totalement inconscient et fortement dénié, c’est pour cela que le corps somatise dans une forme si profonde. 

La maladie l’Alzheimer est probablement la forme finale d’une vie de déni, d’impossibilité de voir ce qui est difficile en nous. Ces deux somatisations sont logiquement liées et en filiation générative l’une par rapport à l’autre.

Le terrain d’apnée du sommeil est une forme, je dirais quotidienne, d’expression d’une souffrance aussi profonde que non reconnue.

C’est parce que cette difficulté n’est pas reconnue que cela favorise la survenue de la maladie d’Alzheimer. La médecine commence à faire un lien statistique mais sans comprendre, elle refuse de faire de l’apnée du sommeil une cause de maladie d’Alzheimer. D’une manière c’est vrai, de l’autre ces deux maladies ont une cause commune et sont deux phases d’une même difficulté.

Prévenir l’apnée du sommeil par un masque à pression positive va en effet limiter la progression de la souffrance cérébrale. Il serait encore mieux de comprendre le sens du message et de travailler à sa solution.

 

L’ARTICLE :

Mots clés : Alzheimer, séniors, APNEE DU SOMMEIL, sommeil, neurologie, mémoire

Par Pauline Fréour – le 17/04/2015

Le traitement des pauses respiratoires nocturnes retarde sensiblement les premières manifestations du déclin cognitif.

Les méfaits connus de l’apnée du sommeil sur la santé sont multiples: risque accru de troubles cardiaques, de diabète, d’hypertension artérielle, d’obésité… Cette pathologie, qui se caractérise par des pauses respiratoires fréquentes dans la nuit et détériore fortement la qualité du sommeil alors que l’individu a l’impression de bien dormir, accélérerait également les manifestations de la maladie d’Alzheimer, observe une étude américaine parue jeudi dans la revue spécialisée Neurology.

Parmi les individus présentant un déclin cognitif modéré ou une maladie d’Alzheimer, une apnée obstructive du sommeil non soignée avançait de 13 ans l’apparition des premiers signes de perte de mémoire (à 77 ans au lieu de 90). Mais lorsque cette pathologie était prise en charge en équipant le patient d’un masque à pression positive la nuit, cet effet délétère disparaissait, les ramenant au niveau des individus sans troubles du sommeil.

Théorie de la réserve cognitive

Ces conclusions ont été obtenues par l’équipe du Dr Ricardo Osorio, de l’école de médecine de New York, en recoupant les dossiers médicaux de 2 470 personnes âgées de 55 à 90 ans participant à une étude sur la maladie d’Alzheimer. L’auteur met en garde contre un raccourci qui consisterait à faire de l’apnée du sommeil une cause d’Alzheimer. «Nous avons simplement établi une corrélation», insiste-t-il. En revanche, c’est la première fois que l’effet bénéfique d’un traitement de l’apnée du sommeil sur l’apparition des symptômes de la maladie d’Alzheimer est mis en évidence.

«Cela concorde avec la théorie de la réserve cognitive, qui préserverait contre les manifestations de la maladie d’Alzheimer», analyse le Pr Francis Eustache, directeur de l’unité Inserm de recherche sur les maladies de la mémoire à Caen. De mieux en mieux documentée, cette hypothèse stipule que plus une personne bénéficie d’un niveau intellectuel et culturel élevé, d’un réseau social riche et s’est prêtée à une activité physique aérobie régulière (qui, comme un sommeil sans apnées, contribue à la bonne oxygénation du cerveau), plus elle tardera à présenter des signes de déclin cognitif, même si la maladie est déjà là et poursuit sa progression dans son cerveau. «L’imagerie montre qu’à symptômes cliniques égaux, les personnes ayant une bonne réserve cognitive ont un cerveau bien plus endommagé», illustre-t-il.

Un homme âgé sur deux

Pour le Pr Bruno Dubois, chef du service des maladies cognitives et comportementales à La Pitié-Salpêtrière à Paris, «cette étude confirme la relation entre la qualité du sommeil et les performances cognitives, notamment de la mémoire. Cela doit inciter les gens à se préoccuper de la qualité de leur sommeil.»

L’enjeu est de taille car l’apnée du sommeil toucherait, chez les personnes âgées, un homme sur deux et une femme sur quatre. Beaucoup n’en sont toutefois pas conscients. Un fort ronflement, l’arrêt répété de la respiration pendant la nuit et une forte sensation de fatigue au réveil doivent inciter à consulter. Une des difficultés reste que le traitement le plus efficace, le masque à pression positive continue, est peu confortable et par conséquent pas toujours bien suivi.

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2015/04/17/23623-lapnee-sommeil-fait-lit-dalzheimer