La toxoplasmose, meilleure alliée des félins

Commentaire. La vie des microbes et l’incroyable capacité manipulatrice de la Toxoplasmose.

Les animaux infectés par le toxoplasme ne fuient plus l’odeur d’urine de leur prédateur félin et deviennent des proies faciles.

Les souris n’ont plus peur des chats et se font dévorer, les chimpanzés n’ont plus peur des léopards, leurs prédateurs naturels.

Cela semble spécifique des félins qui sont les porteurs naturels des toxoplasmes.

On peut voir cela comme une manipulation du toxoplasme qui se garantit ainsi de se retrouver rapidement dans l’estomac du félin pour continuer son cycle.

(déjection du chat félin, absorbé par les victimes, et de nouveau dans l’estomac du félin).

Mais les humains aussi sont touchés, certains évoquent la mémoire des humains, proies des félins, dans des temps très anciens.

Nous pouvons aussi voir la toxoplasmose comme la maladie de ceux qui ne savent pas se défendre des prédateurs de leur entourage.

Alors là, cela devient intéressant.

Regardez de nouveau la vidéo de Gérald Hüther et alors vous comprendrez que certains n’arrivent pas à imiter les prédateurs du système familial en faisant comme eux, mais deviennent des victimes, avec peut être là, parfois, l’intervention de la toxoplasmose.

Intéressant.

La toxoplasmose est assez dangereuse quand elle est congénitale, logique aussi, c’est le moment de la transmission.

 

L’ARTICLE :

Lorsqu’il est infecté par la toxoplasmose, le chimpanzé ne fuit plus l’odeur d’urine du léopard, son prédateur naturel. Un comportement suicidaire dont on trouverait aujourd’hui la réminiscence chez les humains infectés.

 

Lorsqu’il est infecté par la toxoplasmose, le chimpanzé ne fuit plus l’odeur d’urine du léopard, son prédateur naturel. ©Jason Brown Photography/REX/SIPA

MANIPULATION. L’agent de la toxoplasmose, Toxoplasma gondii, est un sacré manipulateur ! Pour se développer jusqu’à sa forme adulte et atteindre un hôte définitif, à savoir les chats et autres félins chez lesquels il va prendre une forme active et pouvoir se reproduire, il emprunte plusieurs “véhicules vivants”.  Mais l’objectif  de Toxoplasma gondii est que ces hôtes intermédiaires finissent… dans le ventre d’un félin, où il pourra finir son cycle tranquillement ! Pour cela, ce minuscule être unicellulaire a un atout majeur : il est capable de modifier le comportement de son hôte intermédiaire pour que celui-ci se jette dans la gueule de son prédateur.

Ce phénomène de “manipulation parasitaire” par  Toxoplasma gondii avait déjà été observé chez la souris. La toxoplasmose modifie en effet l’odorat des rongeurs parasités : contrairement aux individus sains qui la fuient comme la peste, ceux-ci semblent attirés par l’odeur de l’urine des chats. Ce qui multiplie bien sûr les risques d’être avalés tout crus par leur pire ennemi. Mais les chercheurs avaient remarqué que les humains parasités par la toxoplasmose – en ingérant notamment des viandes contaminées peu cuites – montrent également d’étranges changements de comportements !  Des traits de leur personnalité s’en trouvent modifiés, les temps de réaction prolongés ou la concentration à long terme diminuée. Mais les scientifiques n’étaient  pas parvenus jusqu’alors  à comprendre les bénéfices pour le parasite de ces modifications comportementales.
La proie ne fuit pas son prédateur
Afin de tirer l’affaire au clair, les chercheurs du Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive de l’université de Montpellier ont pris pour modèle le plus proche cousin de l’homme, le chimpanzé, qui a notamment pour prédateur un félin, le léopard. Ils ont ainsi effectué des tests de comportement liés à l’odorat à des individus sains et à d’autres parasités. Si les premiers évitaient logiquement l’urine de léopard, les seconds étaient attirés par cette odeur, ce qui en faisait des proies faciles. Ce comportement suicidaire n’étant d’ailleurs pas observé avec l’urine d’autres félins non prédateurs (lions et tigres), ce qui montre la grande spécificité de la manipulation effectuée par Toxoplasma gondii. Pour les chercheurs, ces résultats étonnants pourraient expliquer les symptômes présentés par les humains dont l’origine remonterait en fait à une époque très lointaine où nous avions pour prédateurs de grands félins aujourd’hui disparus. Les modifications comportementales observées pourraient avoir eu pour but de nous rendre plus vulnérables. Reste aux chercheurs à poursuivre leurs recherches à d’autres espèces victimes de prédation, afin de démêler les circonstances dans lesquelles le parasite manipule ses hôtes.

http://www.sciencesetavenir.fr/animaux/grands-mammiferes/20160211.OBS4519/la-toxoplasmose-meilleure-alliee-des-felins.html

 

Article paru dans la Lettre Médecine du Sens n° 105