LA SYMBOLIQUE DU VIN – Bio contact – Octobre 2008

Depuis l’Antiquité, le vin est marqué par la symbolique et, encore aujourd’hui, dans notre société, il révèle notre esprit, selon notamment son procédé de fabrication…
Enquête sur notre rapport au vin et à l’alcool.

L’histoire du vin est intimement liée à l’histoire des civilisations.
Le raisin apparaît il y a 65 millions d’années, et le vin probablement en 9000 avant J.C. La culture de la vigne est contemporaine de la sédentarisation, comme celle du blé et du riz, contrairement aux épices et au sel qui seront les grands moteurs de voyages, conquêtes et découvertes. La mythologie résume déjà toutes les clés de la symbolique du vin.

L’histoire symbolique du vin

Le vin est associé à autant de Dieux et de mythes.
La déesse sumérienne Gesthin associe le vin à la mère, source de vie.
L’arbre de vie et la vigne sont donc étroitement liés.

En Egypte, Osiris qui règne sur le monde des morts est aussi Dieu du vin.
Après la vie, le vin devient étroitement lié à la mort : la vie, l’ivresse, la mort.

Chez les Grecs, le symbole s’étend encore, Dionysos, Dieu de la vigne et du vin est aussi Dieu de la folie. Les grecs apprendront à  gérer ce vin folie vérité par des règles de savoir boire : ou comment concilier in vino veritas et les discussions philosophiques…

Chez les Romains, il devient Bacchus, entre les fêtes, la débauche et l’orgie.

Tous les symboles sont déjà là, fécondité, mort, et entre deux, plaisir, vérité, philosophie, folie. Depuis la nuit des temps, le vin réjouit notre être, source de vie, il exalte les passions des hommes, et adoucit ses peines.

—————————————————————————————————————-
Légende de Saint Dionysos
Saint Dionysos, trouvant  sur son chemin un bout de bois, le ramasse et l’abrite dans un os d’oiseau, qu’il introduit ensuite dans un os de lion, pour enfin tout mettre dans un os d’âne. Arrivé à Naxos, une île grecque, il plante le tout, et la première vigne se met à pousser.
Voilà pourquoi les buveurs de vin commencent par pépier comme des oiseaux, puis deviennent forts comme des lions, et finissent bêtes comme des ânes.
—————————————————————————————————————

Dans la Genèse, Noé nous montre que pour accéder à la vérité du vin, il faut avoir traversé le déluge, mais aussi intégré tous nos animaux intérieurs, images de nos pulsions et de nos émotions. Ses enfants qui n’ont pas fait ce travail n’y verront qu’ivresse, folie et impudeur.
Le Christ dans la Cène dit :  “Ceci est mon corps, ceci est mon sang”. Il en fait le symbole de son sang (le sang est le résumé du psychisme). Il nous propose ainsi la véritable connaissance (“Je suis le chemin, la vérité et la vie” Jean 14,6).

Le vin reste intimement lié avec l’autre symbole de la sédentarisation et de la civilisation : le pain, issu du blé.

Le vin a ensuite inspiré de nombreux auteurs qui n’ont fait qu’illustrer toutes ces idées déjà présentes : Homère, Aristophane, Thasos, Athénée, puis Ronsard, Rabelais, Molière, Dumas, Baudelaire, illustreront merveilleusement toutes les nuances du vin et de l’ivresse.

Les mystiques parleront de la transe religieuse comme d’une ivresse sans boire.

L’image du vin dans la société

Tous ces principes se retrouvent dans l’image et la fonction du vin dans notre société. Il est à la fois source de plaisir et de convivialité,  désir d’initiation chez les adolescents, recherche d’une vérité que nous tenterons de libérer par le vin, au risque d’en devenir dépendants : l’alcoolisme.

Tous les principes d’action du vin et des alcools en général expliquent l’importance du vin dans la vie sociale. Associé de façon générale à la fête, c’est au fond son aspect ouverture vers la vérité qui est recherché. Cela nous permet de lier connaissance plus facilement. Il facilite la cohésion, arrondit les difficultés. Il permet de fêter et de célébrer les événements de notre vie. Les toasts sont utilisés pour solenniser, voir sacraliser les instants importants des réunion privées, publiques, mais aussi politiques. Chaque réunion de chefs d’Etats s’accompagne d’autant de toasts qui sont la forme conviviale des futurs contrats ou traités, et de la diplomatie.

Beaucoup ont besoin de l’alcool pour pouvoir accéder à un peu plus de vérité et de relation. Est-ce dommage ? Peut-être, mais le vin trouve aussi là une fonction essentielle : nous désinhiber.

Parfois enfin, il devient tellement indispensable que vous pourriez en devenir dépendant en sombrant dans l’alcoolisme. Notre jugement souvent sévère sur ce travers devrait nous renvoyer à nos difficultés personnelles. N’avons-nous pas souvent du mal à reconnaître nos propres faiblesses et nos propres dépendances ?
Comment ne pas penser à la phrase de Coluche, si vraie, mais aussi pathétique, dans la discussion entre le père alcoolique et le fils drogué : “ le pinard ça devrait être obligatoire”.

L’alcoolisme est souvent mal compris.
Un alcoolique est avant tout un dominé, qui tente de se libérer.
Dominé par quoi ? Dominé par qui ? Juste à côté du dominé cherchez le dominant, qui passe souvent pour la victime. Victime – bourreau – sauveur : un triangle bien connu et qui ici est au coeur de la mécanique.

Il existe souvent un lien entre le blocage de la sexualité et l’alcoolisme.
Le vin désinhibe jusqu’à un certain stade, puis mène à la déroute.
Bloquez ou interdisez la sexualité et vous conduirez le masculin à boire et le féminin à la “bouffe compensatoire”

L’initiation est à la clé de nombreux comportements. Les adolescents la cherchent dans diverses drogues, ou dans les alcools. Le vin n’est pas forcément leur préféré.
Ils se tourneront vers la Vodka, alcool des enfants perdus, si possible avec du citron qui aide la colère, et du sucre qui soignera leur dépendance. Ils consommeront aussi des bières sans gluten (élément de cohésion du blé), donc sans règle sociale. N’oublions pas aussi que les “limonades” et autres produits sucrés font le lit des futures dépendances.
L’alcool et le tabac sont les deux drogues dont les dépendances sévères sont les plus difficiles à soigner, bien avant les drogues dures comme la cocaïne et l’héroïne.

Mais au fond, c’est toujours notre vérité que nous cherchons, comme si le vin nous avait été donné avec la civilisation comme un moyen de garder ou de retrouver le bon sauvage en nous, l’homme dans son intimité avec la nature, avec sa nature.
Souvenons-nous des Amérindiens, Sioux, Hurons et autres Apaches, que les “nobles américains” décimaient avec la première guerre bactériologique du monde (variole), les enfermant dans des réserves, les abreuvant d’alcools, un des plus grands génocides de l’histoire du monde ! N’oublions jamais qu’en chaque alcoolique, il y a un Indien qui sommeille et veut se libérer.

L’esprit, le “spirit”

Le vin et les alcools dans leur ensemble, sont des aliments nourriciers (9 calories par gramme), et jouent le rôle d’aides initiatrices.

Le but du vin est de nous aider dans la manifestation de l’esprit. L’alcool ne se dit-il pas “Spirit” en Anglais et en France, ne dit-on pas “Vins et Spiritueux” ? Être spirituel peut signifier à la fois avoir un profond sentiment religieux, ou faire de l’humour.
L’esprit comme le disait Rudolph Steiner représente ici la manifestation du Moi individuel, au-delà de l’âme qui est la spécificité de l’être humain.
Si selon Édward Bach, la maladie est un désaccord entre l’esprit et l’âme, le vin peut nous aider à rapprocher les deux, ce qui est justement le propre de l’homme en intime relation avec sa nature profonde. Les alcools spirit  peuvent nous aider à retrouver l’esprit ou à le perdre.

Mais parfois et pour certains, perdre l’esprit est finalement la plus sûre manière de le retrouver : traverser la folie et y perdre sa persona, pour retrouver, au-delà du délire, le véritable Moi.

Procédés et significations

Les alcools sont issus de différentes plantes. Pour chaque alcool, nous faisons appel aux mouvements d’esprit issus de la plante avec laquelle il est fabriqué. Pour ce faire, il existe deux types de procédés : la fermentation, et la distillation, les deux ayant comme conséquence de faire apparaître l’alcool et d’en augmenter son degré.

La fermentation
A l’aide de levures puis de bactéries, elle permet de transformer le sucre, symbole de dépendance, en l’alcool, esprit et conscience. Ce sont des alcools de type vins, bières, cidres.
Une deuxième fermentation nous conduira au champagne, qui tire son symbole du besoin d’une plus grande sagesse. Peut-être avez-vous besoin que l’on vous répète plusieurs fois les choses pour comprendre, c’est un relaxant et anti-trac puissant.

La distillation
On pourrait croire qu’elle nous amène vers une sagesse, mais dont les clés doivent être distillées (informations données au compte-goutte). Le chemin peut être compliqué, voire “alambiqué”, comme les alambics que nous utilisons pour la distillation et qui font sortir l’esprit un peu à petite dose.

– Les fruits donneront des alcools blancs.
– Le vin, l’armagnac et le cognac.
– Le cidre, du calvados.
– Les grains, le whisky, le gin et la vodka.

Il faudra parfois recourir à une double distillation comme pour certains whiskies et le cognac, ou triple pour certains whiskies irlandais. De vrais têtus ces Irlandais !

Les couleurs et leur sens

Le vin est l’alcool emblématique, l’alcool mère. Il résume en lui l’ensemble des symboles et, pourrait-on dire, l’aide au travail ordinaire de l’homme dans son chemin vers sa vérité.
Le propre du raisin, à l’inverse des autres fruits, est de contenir des levures qui prédisposent  à la fermentation. Entre la vie et la mort, nous sommes des mortels, existant par nos actes et nos choix. Comment allons-nous gérer cet espace-temps sur terre ?

Le vin rouge est, lui plus encore, le vin central et premier.
Symbole de vérité, pure, directe, c’est lui qui donne la base de la philosophie du vin. Il nous conduit vers la libération totale.

Il a des vertus médicinales, il fait baisser le risque cardio-vasculaire, cérébro-vasculaire, et de cancer, le tout à doses raisonnables, un demi-litre par jour.

Le vin blanc attirera plutôt la part féminine de chacun. Il sera recherché par les femmes dominantes, ou souhaitant l’être, et les hommes au féminin dominant.
Enfin il est relié avec toutes les mémoires de conflits avec la mère : le jeu Féminin- dominant, féminin-dominé. Ne dit-on pas qu’il faut les consommer avec les “fruits de mer“. ?
Ce sont des vins très soufrés et ayant la capacité de réactiver toutes les pathologies inflammatoires chroniques (les colères rentrées). Ils sont souvent plus difficiles à digérer.

Le vin rosé, ou “mettre de l’eau dans son vin”.
Il nous évoque l’art du compromis que vous aimez  ou que vous avez besoin de travailler.  Et si vous ne le digérez  pas, demandez-vous si vous acceptez facilement les compromis ou, si à l‘inverse, vous n’en avez pas trop fait.

Le champagne, comme nous l’avons vu, est la double dose – fermentation dont vous avez besoin pour une plus grande sagesse. Il aide à se détendre dans le monde social, en début de soirée. Il aidera aussi les hommes d’affaires qui ont peur de l’avion, et de la perte de contrôle.
On le dit aussi “ sérum de vérité” du fait de sa seconde fermentation.

Que vous fait l’alcool ?
Répondez à cette question et vous saurez ce dont vous avez besoin. S’il vous fait :
– dormir, vous irez explorer votre inconscient.
– fuir votre situation, vous avez des impatiences dans les jambes.
– rire ou pleurer, vous en avez besoin.
– vous mettre en colère, vous avez besoin de la laisser sortir.
Si vous craignez que le vin vous fasse trop facilement faire l’amour et perdre le contrôle, c’est peut-être de cela dont vous avez besoin.
Enfin si juste un verre vous enivre ou vous rend malade, c’est que votre blocage à la vérité est maj