La restriction calorique, bon pour le moral et …le sexe ?

Commentaire. Bonne nouvelle, moins vous mangez, plus vous avez bon moral et plus vous avez envie de faire l’amour.

Nous pouvons aussi voir les choses à l’envers : je n’ai pas de vie amoureuse épanouie, je n’ai pas envie de faire l’amour. Je ne suis pas bien apparié. Je n’ose pas prendre ma vie en main, je suis enfermé dans mes peurs et mes principes.

Alors pour compenser je mange et je bois. Je prends aussi du poids, je ne m’aime plus, et je n’ai pas envie de faire l’amour. Cercle vicieux.

Les 3 B. Excusez les termes mais comme Coluche, mon maître en humour, je ne recule pas devant un jeu de mot. 

C’est un peu comme le club Med de l’ancienne époque. les 3 S : See, Sex and Sun.

Ou en français. les 3 B : Bouffe, Bronze, Baise.

Ici ce serait plutôt, si on baise pas, la femme ou le féminin mange, et l’homme ou le masculin boit.

Bon soyons clairs, la vie c’est fait pour être heureux. S’aimer, faire l’amour, et donner l’exemple de l’amour à nos enfants.

 

 

L’ARTICLE :

La restriction calorique allonge l’espérance de vie des primates. Cela est avéré chez certaines espèces proches de l’homme, et supposé chez l’humain. En effet, même chez des sujets de poids normal, des effets biologiques bénéfiques ont été mis en évidence à court et moyen terme chez des volontaires qui se soumettaient à une restriction calorique impliquant un état de sous-nutrition sans malnutrition.  L’impact d’une telle restriction calorique sur la qualité de vie, l’humeur et la fonction sexuelle a été peu évalué. Les données de l’étude CALERIE 2 analysées par une équipe américaine comblent cette lacune.

L’étude CALERIE est un essai randomisé multicentrique conçu pour comparer, pendant deux ans, l’effet sur la santé d’une restriction calorique d’environ 25 % par rapport à l’apport énergétique initial. La population cible était constituée de sujets relativement jeunes (autour de 38 ans) de poids normal ou à peine élevé (IMC moyen 25 kg/m²). Elle comportait davantage de femmes (n = 152)  que d’hommes  (n = 66).  Les sujets randomisés pour suivre un régime hypocalorique étaient suivis de près grâce à des consultations individuelles et des sessions collectives pour les aider à réduire leur apport calorique. Des repas leur étaient fournis pendant le premier mois de l’intervention. Sur le plan qualitatif, la diète recommandée était variée et suivait les principes usuels de l’équilibre alimentaire.

Bien que l’activité physique soit encouragée, il n’y avait pas d’éducation ni d’accompagnement spécifique pour cela.

L’adhésion à l’étude a été satisfaisante puisque 82 % des volontaires sous restrictions calorique et 95 % des témoins l’ont terminée.  La perte de poids a été de 15 % à un an et 12 % à deux ans avec la restriction calorique alors qu’elle était pratiquement nulle chez les témoins. Des questionnaires validés ont permis d’évaluer l’impact de la restriction calorique sur l’humeur, la qualité de vie et la fonction sexuelle.

L’humeur, la tension psychique ressentie par les volontaires et la perception globale de l’état de santé ont évolué favorablement sous restriction calorique (différences statistiquement significatives par rapport aux témoins). De même, la restriction calorique a favorisé les pulsions et relations sexuelles des volontaires.

Une meilleure qualité de vie si l’on accepte de manger moins !

Sur le plan hormonal, des effets sont également constatés avec une augmentation de la SHBG (la protéine porteuse des hormones sexuelles, en particulier la testostérone) entre le début et la fin de l’étude, associée à une baisse transitoire (à 12 mois) de la testostéronémie libre chez les sujets restreints en calories.

Bien évidemment cet essai présente des limites, en particulier la plus grande attention portée par l’équipe de recherche aux sujets restreints qu’aux témoins.  Mais elle ouvre des perspectives optimistes : la restriction calorique paraît efficace pour améliorer la qualité de vie et la fonction sexuelle des sujets de poids normal.

Ces données complètent encore la littérature scientifique qui fait de la restriction calorique (principe de la sous nutrition sans mal nutrition) le moyen probablement le plus efficace pour vivre longtemps, avec une bonne qualité de vie…à condition toutefois d’accepter de manger moins…

Dr Boris Hansel

Référence

Martin CK et coll. (Comprehensive Assessment of Long-term Effects of Reducing Intake of Energy [CALERIE] Phase 2 Study Group. : Effect of Calorie Restriction on Mood, Quality of Life, Sleep, and Sexual Function in Healthy Nonobese Adults: The CALERIE 2 Randomized Clinical Trial. JAMA Intern Med. 2016 May 2.

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Article paru dans la Lettre Médecine du Sens n° 121