La protéine de Parkinson voyage du cerveau à l’estomac

Commentaire. Autre article qui va dans ce sens. Il y a un lien entre le parkinson et le tractus gastro intestinal, en clair la digestion. Avec l’infarctus ça fait deux. Mais ici ce n’est pas une molécule sécrétée par les bactéries, mais une molécule qui voyage entre le cerveau et l’estomac le long du nerf vague et met six mois à faire le trajet.

L’ARTICLE :

Sciences et Avenir fait savoir qu’« une équipe germano-américaine a découvert que la protéine impliquée dans la maladie de Parkinson, migrait du cerveau à l’estomac. Et ce, via le nerf vague ! Le blocage de cette transmission pourrait-il constituer un futur traitement ? », s’interroge le magazine.

Le mensuel rappelle que « la protéine alpha-synucléine est l’ennemi numéro 1 dans la maladie de Parkinson. C’est elle qui s’agrège en amas dans les neurones à dopamine du cerveau et les détériore. Ce qui provoque les symptômes de la maladie ».
« Les premiers agrégats d’alpha-synucléine se forment à la base du tronc cérébral (qui relie l’encéphale et la moelle épinière) puis remontent progressivement avant de se répandre dans les différentes régions du cerveau », continue l’article.

Sciences et Avenir explique donc que « les chercheurs du German Center for neurodegenerative Diseases (DZNE) de Bonn (Allemagne) associés à l’Université Purdue (Etats-Unis) ont fait une découverte étonnante, publiée dans Acta Neuropathologica : l’alpha-synucleine serait aussi capable de voyager du cerveau jusqu’à l’estomac ! Et ce, via une autoroute, le nerf vague ».

Le magazine relève que « la diffusion de l’alpha-synucléine demeure encore mal connue mais des études antérieures ont montré qu’elle pouvait «sauter» d’un neurone à l’autre et se retrouvait dans des organes périphériques comme l’intestin des malades ».
Il ajoute qu’« en 2014 une équipe de l’Université de Lund (Suède) montrait que la protéine pouvait remonter de l’intestin vers le tronc cérébral chez le rat. Elle empruntait pour cela le nerf vague, le nerf crânien reliant de nombreux organes et muscles du système cardiaque, digestif et respiratoire ».

Le Pr Donato Di Monte, chercheur au DZNE et co-auteur de ce travail, indique ainsi que «l’hypothèse a été faite que le processus pathologique sous-jacent de la maladie de Parkinson pouvait en fait débuter dans le tractus gastrointestinal puis se déplacer vers le cerveau».

Notre approche actuelle a été d’observer cette transmission longue distance dans l’autre sens, cherchant la possibilité que l’alpha-synucléine puisse voyager du cerveau à l’intestin », poursuit le chercheur.

Sciences et Avenir relève que « l’équipe a donc déclenché la production d’alpha-synucléine humaine dans les neurones de la partie supérieure du tronc cérébral de rats. Puis elle a observé son déplacement par l’analyse des tissus. Et le voyage a eu lieu, sous leurs yeux ».
Le magazine précise que « la protéine est d’abord descendue le long du tronc cérébral, puis a été détectée à l’embouchure du nerf vague. Progressivement elle a migré le long des longues fibres du nerf jusqu’à atteindre la paroi gastrique. Temps du parcours tronc cérébral – estomac : six mois ! ».
Le mensuel s’interroge : « Pourquoi cette protéine est-elle si voyageuse ? », ce à quoi répond Ronald Melki, co-auteur de la publication suédoise de 2014 : « Nous n’en savons rien. Cela peut être dû au fait qu’elle est impliquée dans une voie de signalisation dont nous ignorons tout. Cela peut aussi être du trafic passif, c’est-à-dire une protéine qui se lie à autre chose qui est activement transporté par des moteurs moléculaires le long des axones ».

Donato Di Monte souligne pour sa part que « certains neurones semblent avoir une propension particulière à prendre, transférer et accumuler l’alpha-synucléine. Nous ne connaissons pas les mécanismes précis qui sous-tendent ce comportement neuronal sélectif. Cependant, il est probable que ces mécanismes pourraient expliquer pourquoi certaines populations neuronales et certaines régions du cerveau sont particulièrement sensibles à la pathologie ».
Sciences et Avenir conclut que « cette nouvelle donnée pourrait avoir des implications intéressantes pour de futurs traitements qui cibleraient le blocage de la transmission d’alpha-synucléine ».

Date de publication : 13 Janvier 2017

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Article paru dans la Lettre Médecine du Sens n° 149