« La peur nous fait coaguler »

Commentaire. La peur rend le sang plus coagulable. Expérience intéressante faite avec le visionnage de films d’horreur. Augmentation de 57% du facteur VIII. La nature est bien faite, en cas de peur vous vous préparez en quelques minutes à coaguler plus rapidement si vous étiez blessé. Bel exemple de réaction d’adaptation psycho organique. Pour ceux qui en douteraient encore.

 

L’ARTICLE :

Soline Roy note dans Le Figaro qu’« en analysant le sang de personnes venant de voir un film d’épouvante, des chercheurs ont découvert que le taux d’un facteur favorisant la coagulation avait augmenté ».

La journaliste relate ainsi cette étude parue dans l’édition de Noël du British Medical Journal, « qui chaque année flatte le goût potache des chercheurs (et des journalistes) pour les expériences improbables répondant à des questions que l’on ne se posait pas ».

Soline Roy explique qu’« un professeur d’épidémiologie, deux médecins et un chercheur du centre médical de l’Université de Leiden aux Pays-Bas ont donc projeté deux films à 24 volontaires jeunes et sains : 14 ont d’abord vu Insidious, film d’épouvante avec phénomènes paranormaux, forces maléfiques et aventures extracorporelles ; puis une semaine plus tard, même jour, même heure, A year in Champagne, œuvre certes «drôle et pétillante» à en croire l’affiche, mais probablement moins perturbante que le précédent. Les 10 autres volontaires ont eu droit aux deux mêmes films, mais dans l’autre sens ».

La journaliste indique qu’« avant et après chaque visionnage, du sang leur était prélevé. […] On leur avait fait croire qu’il s’agissait d’observer la coagulation après une longue station assise (90 minutes pour chacun des films), et ils ne devaient ni boire ni fumer durant la journée précédant la séance ».

Soline Roy retient « les résultats concernant l’évolution du taux de facteur VIII, un agent coagulant, dans le sang des spectateurs. […] Le facteur VIII a grimpé chez 57% des visionneurs de film d’horreur, contre seulement 14% de ceux ayant vu le documentaire ».

La journaliste note que selon les auteurs néerlandais, « «le bénéfice clinique apporté par nos résultats n’est pas immédiatement évident». […] En revanche, une meilleure coagulation en cas de grosse frayeur confère «un bénéfice important en termes d’évolution, car il prépare le corps à une perte de sang due à une situation menaçante» ».

 

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Article paru dans la Lettre Médecine du Sens n° 97