La morbidité psychiatrique, inscrite dans le rythme cardiaque au repos à 18 ans ?

Commentaire. Votre risque psychiatrique est inscrit dans votre rythme cardiaque dès 18 ans.

Idée très interessante. Nous savons que nous avons un cerveau dans le tube digestif, mais nous avons aussi un cerveau complet dans le coeur. Il a en plus la particularité d’intégrer en lui-même toute l’histoire transgénérationnelle du sujet. Une sorte d’arbre généalogique dans notre anatomie. Avec ses facilités et ses blocages. Chaque situation est représentée par un groupe cellulaire. Chaque groupe se manifeste et l’ensemble crée le rythme cardiaque. C’est ce rythme cardiaque qui est étudié ici. 

Cette étude dit que ce rythme à 18 ans, va pronostiquer notre avenir psychiatrique.

Le rythme cardiaque est un bon reflet de l’état émotionnel, lui-même issu de notre histoire.

Si notre coeur bat vers 60 au repos, nous somme en situation d’équilibre. Si le rythme est plus élevé, supérieur à 80 au repos, nous sommes dans des émotions débordantes, nous avons un risque psychiatrique plus élevé avec des pathologies comme l’anxiété, les TOC (troubles obsessionnels compulsifs) ou la schizophrénie.

Il y a là un émotionnel emballé, non centré débordant générateur de troubles futurs.

Mais ce qui est aussi intéressant c’est qu’en cas de rythme cardiaque bas, au repos, il y a un autre risque, celui de dépendance et de capacité à commettre des crimes et des violences froidement. L’expression ‘garder son sang froid’ correspond aussi à l’état de ne plus savoir accéder à des émotions et une compassion. Cela permet toutes les formes de délinquances sans aucun scrupule.

En fait, nous voyons bien ici qu’un être humain est un être d’émotion. La santé mentale est l’équilibre. Trop emballé, cela conduit à des troubles psychiatriques mais aussi des actes par excès émotionnel, (crises hystériques, crimes passionnels). Si ces émotions sont coupées déconnectées, vous pourrez sans hésiter devenir délinquants.

 

L’ARTICLE :

On a déjà observé des différences dans le fonctionnement cardiaque entre les personnes ayant des troubles psychiatriques et les sujets-contrôles, mais on ignore dans quelle mesure des anomalies d’ordre cardiovasculaire (appréciées par la fréquence cardiaque au repos et la pression artérielle) peuvent se trouver associées à une problématique psychiatrique ultérieure.

Pour préciser les connaissances à ce sujet, une étude longitudinale de cohorte a été réalisée en exploitant les registres de conscription en Suède. Cette enquête épidémiologique concerne plus d’un million d’hommes pour lesquels la fréquence cardiaque au repos et la pression artérielle avaient été mesurées entre 1969 et 2010, lors de leur service militaire, à un âge moyen de 18,3 ans. Ces données ont été rapprochées d’autres informations (collectées rétrospectivement à partir des registres nationaux de Suède) sur des diagnostics d’affections psychiatriques chez des patients ambulatoires ou hospitalisés (troubles anxieux, troubles obsessionnels compulsifs, stress post-traumatique, troubles dépressifs, troubles bipolaires, schizophrénie, addictions) ou sur un éventuel parcours judiciaire (condamnation pour « crimes violents »).

Augmentation de risque pour certaines affections psychiatriques quand le cœur bat à plus de 82 bpm

Après ajustements (pour tenir compte de paramètres comme la taille, le poids, l’indice de masse corporelle, le niveau cognitif…), les modèles en analyse de régression montrent, avec un recul d’environ 45 ans sur les premières données recueillies, une augmentation significative du risque pour certaines maladies psychiatriques chez les hommes dont la fréquence cardiaque au repos était, à l’âge de 18 ans, > 82 battements/minute, comparativement aux hommes chez lesquels cette fréquence était < 62 battements/minute (IC=95%) :

–augmentation du risque de 69 % [46 %–94 %] pour les troubles obsessionnels compulsifs ;

– augmentation du risque de 21 % [11 %–33 %] pour la schizophrénie ;

– augmentation du risque de 18 % [13 %–22 %] pour les troubles anxieux.

Des associations analogues sont observées avec la pression artérielle (systolique et diastolique). À l’inverse, une fréquence cardiaque au repos et une pression artérielle plus basses (à 18 ans) sont associées avec un risque plus élevé d’addictions (substance use disorders) ou de « criminalité violente. » Ce dernier constat laisse planer un doute sur toute signification littérale de l’expression métaphorique « garder son sang-froid », puisque les individus a priori les plus placides dans leur jeunesse (pouls et tension artérielle les plus faibles) semblent ainsi prédisposés, au contraire, à des comportements antisociaux (drogues ou criminalité) ! Mais les auteurs rappellent une limitation importante de leur étude : comme elle ne concerne que des hommes, sa généralisation aux femmes est incertaine, d’autant plus que celles-ci ont « un rythme cardiaque plus élevé, mais un meilleur contrôle parasympathique du cœur. » Et comme ces différences physiologiques restent « mal comprises », il est possible que ces associations entre rythme cardiaque au repos à 18 ans et future morbidité psychiatrique ne soient pas similaires chez les hommes et chez les femmes.

Dr Alain Cohen

Référence

Antti Latvala etcoll.: Association of resting heart rate and blood pressure in late adolescence with subsequent mental disorders : a longitudinal population study of more than 1 million men in Sweden. JAMA Psychiatry, 2016; 73: 1268–1275.

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Article paru dans la Lettre Médecine du Sens n° 159