« La France compte désormais plus de 10 millions de malades chroniques »

Commentaire. Les maladies chroniques (ALD – affections de longues durées) sont en France en constante augmentation.

Diabète en explosion, maladies cardiovasculaires, cancers, maladies psychiatriques. Bien sûr, les articles nous ressortent les classiques éléments de vieillissement de la population pour expliquer ce raz de marée, le dépistage et patati et patata…  C’est 200 000 cas de plus par an, tous ces éléments ne l’expliquent pas. La réalité est que nous mangeons mal, notre mode de vie est toxique, la médecine, telle qu’elle est conçue depuis un siècle, n’a plus aucune compréhension des équilibres de vie et de comment les entretenir et les restaurer. Les conséquences arrivent lentement et sûrement. Elles sont là, devant nous.

 

L’ARTICLE :

C’est ce qu’indique Solveig Godeluck dans Les Echos. La journaliste remarque qu’« inexorablement, les affections de longue durée (ALD) gagnent du terrain en France. Le nombre de personnes prises en charge pour une ALD a dépassé la barre des 10 millions en 2015, pour culminer à 10,099 millions, au seul régime général de la Sécurité sociale ».

« C’est beaucoup : 16,6% de la population française est désormais touchée par l’une de ces pathologies chroniques et près de trois personnes en ALD sur dix vivent sous ce régime depuis dix ans ou plus », note Solveig Godeluck.

Elle précise qu’« en 2015, selon des données publiées par l’Assurance-maladie, 1,4 million de nouveaux cas ont rejoint le dispositif. […] Une partie des 10 millions de bénéficiaires ont guéri ou sont décédés dans l’année, d’autres souffrent d’affections multiples (1,3 ALD en moyenne par bénéficiaire), mais la population en ALD s’accroît quoiqu’il arrive d’environ 200.000 individus nets par an, et même de 235.000 en 2015 ».

La journaliste observe que « dans une étude publiée en juin, l’Assurance-maladie tentait d’expliquer cette progression des effectifs de 4,9% par an entre 2005 et 2012, puis 2,7% par an en moyenne entre 2012 et 2014. La croissance de la population et son vieillissement sont le principal facteur de hausse ».

Solveig Godeluck relève ainsi que « l’âge moyen des patients a crû d’un an depuis 2005, à 63 ans en 2015. Les trois-quarts des nonagénaires sont en ALD. Pour les septuagénaires entre 75 et 79 ans, la prévalence est de 60% chez les hommes, et de 46% chez les femmes ».

« L’étude pointait aussi «la progression de l’incidence et de l’allongement de l’espérance de vie propres à certaines pathologies». Autrement dit, on a plus de risques qu’autrefois d’attraper certains cancers, mais aussi plus de chances de vivre longtemps avec cette maladie. Il est possible aussi que les maladies soient mieux dépistées », indique la journaliste.

Solveig Godeluck ajoute que « l’arrivée de nouveaux traitements plus onéreux et la médicalisation croissante peuvent accroître le taux de recours afin de bénéficier de la prise en charge à 100% ».

La journaliste observe enfin qu’« en 2014, les maladies cardio-neurovasculaires […] touchaient 3,3 millions de personnes, pesant 35% des exonérations pour une ALD répertoriée. Venaient ensuite le diabète (2,4 millions, 25%), puis les tumeurs malignes (2 millions, 21%) et les affections psychiatriques de longue durée (1,2 million, 13%) ».

Solveig Godeluck souligne que « cela pèse lourd sur les finances sociales. Le coût des maladies cardio-neurovasculaires s’est élevé à 16 milliards d’euros en 2014, idem pour les soins psychiatriques, quand les cancers ont occasionné une dépense de 13,5 milliards et le diabète de 8 milliards », concluant que « la dynamique des dépenses ALD reste le principal facteur de hausse des dépenses d’assurance-maladie ».

Date de publication : 14 Décembre 2016

http://www.mediscoop.net/index.php?pageID=8a66f40f684fd68b23925c5525404c73&midn=9074&from=newsletter

 

Article paru dans la Lettre Médecine du Sens n° 144