La Californie contrainte de jeter des balles de plastique dans ses lacs

Commentaire. La Californie aux prises avec une sécheresse exceptionnelle. Les photos sont impressionnantes. Et les solutions surréalistes.

Déverser des millions de boules de plastiques sur les réservoirs. On se croirait dans un film de science fiction.

Nous avons aussi vu des reportages où les californiens font la chasse aux voisins qui arrosent leur pelouse. Un esprit de délation. Seulement voilà, la vraie question n’est pas posée. La consommation domestique c’est 20%. 80% est lié à l’agroalimentaire. Et là, pas de réelle remise en question des pratiques agricoles d’irrigation massive et de cultures qui n’ont rien à voir avec le climat. Ce problème est mondial. En France, avec le maïs qui demande énormément d’eau et qui n’est pas réellement une plante de nos climats, les bagarres écologiques sur les barrages comme Sivens, pour avoir toujours plus d’eau.

La Mer Morte qui s’assèche de plus en plus à la suite de 50 ans de pompage passif d’Israel et de la Jordanie pour des cultures en plein désert. Il y a 50 ans on présentait les colons israéliens comme des novateurs qui avaient, eux, compris le principe de l’irrigation et transformaient un dessert en paradis vert. Aujourd’hui, avec l’assèchement de la Mer Morte, les choses apparaissent autrement. Enfin, que dire de la Mer D’Aral, grande comme la moitié de la France, et qui a presque disparue à la suite d’irrigation massive de champs de coton implantés en plein désert.

 

L’ARTICLE :

La Californie contrainte de jeter des balles de plastique dans ses lacs

La scène est à peine croyable, elle est pourtant bien réelle et reflète toute l’urgence de la crise environnementale qui frappe la Californie depuis quelques années. Pour préserver le peu d’eau qu’il lui reste, l’État à décidé de déverser près de 96 millions de balles en plastique dans ses réservoirs.

La Californie connaît l’une des plus graves sécheresses de son histoire. Si bien qu’en à peine 4 ans, la plupart de ses réservoirs se sont vidés à vue d’œil. Les photographies de l’évolution de la situation ont d’ailleurs fait le tour du monde. Près d’1 milliard de dollars de fonds publics furent débloqués pour s’attaquer au problème en 2015. Des mesures d’urgence et de rationnement ont bien été adoptées, mais largement inefficaces face à l’ampleur du phénomène. Et pour cause, ces mesures s’attaquent à la consommation domestique, laissant l’agro-industrie (élevages et plantations) sauve alors qu’elle consommerait près de 80% de l’eau de la région à elle seule.

 

Larguer des balles noires flottantes dans l’eau, c’est la solution extrême adoptée par les autorités californiennes pour lutter contre la toute aussi extrême sècheresse qui frappe la région. Idée pratiquement sortie d’un film de science-fiction, ces « boules d’ombre » n’ont d’autre utilité que de bloquer les rayons du soleil et réduire l’évaporation de l’eau. Selon l’agence américaine de protection environnementale, ces boules empêcheraient également le chlore de se transformer en agents cancérigènes en réfléchissant les rayons UV tout en limitant le développement des algues.

Pour ceux qui craignent la dissémination de dérivés chimiques dans la nature, les balles elles-mêmes sont fabriquées à partir de la même matière que les bouteilles de lait et ne devraient donc, en principe, pas poser de problème. Bien qu’étrange et radicale, la technique se veut plus rentable que d’autres au regard des coûts colossaux qu’entraine la sécheresse. Selon les sources, la méthode permettrait d’économiser près d’1 milliard de litres d’eau chaque année. La première étape du projet s’est soldée par le lâché de 20 000 de ces boules d’ombre dans le réservoir de Los Angeles. Au total, près de 96 millions de ces balles seront déversées dans les différents plans d’eau.

 

Article paru dans la Lettre Médecine du Sens n° 82