Immunité naturelle versus immunité vaccinale

L’ARTICLE :

Covid-19, immunité naturelle versus immunité vaccinale

Puisque nous vivons sans discontinuer dans un océan de mensonges proférés au sujet de la Covid-19 et que bientôt les réseaux sociaux seront totalement privés du droit au contradictoire, voici une mise au point très fouillée de l’état des connaissances -réelles- en matière d’immunité post infectieuse et post vaccinale. Laquelle confère au sujet la meilleure protection, qui pourrait se ré-infecter, faut-il vacciner les anciens malades et sur quels critères? Au secours tout déraille, Hélène Banoun nous le démontre de manière implacable dans un article complexe mais éclairant, déjà déposé sur researchgate en deux langues (*). Bonne lecture.

Résumé
– Il devrait être inutile d’écrire un article pour démontrer la supériorité de l’immunité naturelle sur la vaccinale, mais cela devient nécessaire devant les nombreuses attaques sournoises qui tendent à faire passer l’immunité artificielle comme plus performante. De plus il est officiellement recommandé de vacciner les personnes qui ont déjà été infectées par la Covid-19.
Les survivants du SARS-CoV de 2003 possèdent une mémoire cellulaire immune plus de 17 ans après l’infection.
De nombreuses études ont exploré l’immunité humorale (anticorps) et cellulaire vis à vis du SARS-CoV-2 après une infection Covid-19 : celle-ci persiste au moins un an (et même 14 mois) de manière robuste chez les convalescents et elle serait de meilleure qualité que l’immunité vaccinale : les anticorps naturels sont plus puissants, ont un spectre plus large et sont capables d’évoluer face aux variants de manière plus efficace que les anticorps vaccinaux.
Ces études in vitro sont confirmées par la protection contre les réinfections conférée par une primo-infection, particulièrement dans des pays précocement et beaucoup vaccinés comme Israël et le Royaume Uni.
La vaccination d’une personne primo-infectée pourrait aussi diminuer l’efficacité de son immunité naturelle contre de futures réinfections.
Les anticorps neutralisants ne sont peut-être pas le bon corrélat de protection contre l’infection, en effet, d’une part on a trouvé de fort taux d’anticorps neutralisants chez des malades atteints de Covid sévères et d’autre part, les vaccinés, plus sensibles aux réinfections que les primo-infectés, présentent des taux d’anticorps équivalents à supérieurs aux taux observés chez les primo-infectés.
On mesure in vitro la capacité neutralisante de ces anticorps dirigés contre la protéine spike membranaire. Cette capacité neutralisante peut être différente in vivo ; elle peut être amoindrie par la présence d’anticorps facilitant l’infection et enfin, des anticorps sont produits contre d’autres antigènes viraux lors d’une infection naturelle. L’immunité cellulaire pourrait être le bon corrélat de protection et ce type de réponse pourrait être de moins bonne qualité chez les vaccinés.
De plus la vaccination de sujets convalescents pourrait comporter des risques : on observe plus d’effets indésirables systémiques chez les sujets convalescents que chez les naïfs après la première dose de vaccin.
La vaccination pourrait diminuer la capacité à réagir à de futurs variants. Elle pourrait aussi avoir un effet non spécifique de remodelage de la réponse immune innée en diminuant la réponse potentielle à d’autres virus ou aux cancers et en modifiant l’évolution des maladies inflammatoires et auto-immunes.
Il faudrait donc explorer l’immunité naturelle d’une population avant de proposer une vaccination : jusqu’à 50% de la population pourrait avoir été infectée dans certains pays.

 

Lire la suite de l’article : https://www.aimsib.org/2021/10/03/covid-19-immunite-naturelle-versus-immunite-vaccinale/

 

Article paru dans la Lettre Médecine du Sens n° 342