Goutte et sodas : un risque confirmé…

Commentaire. Les sodas sont mauvais pour la santé, ce n’est pas nouveau. Ici la goutte.

 

L’ARTICLE :

Quelques études récentes ont souligné le lien entre l’incidence des accès de goutte et la consommation élevée de boissons et notamment de sodas riches en fructose. On sait par ailleurs qu’il existe une régulation de l’uricémie sous contrôle génétique avec près d’une trentaine de locus identifiés dont SLC2A9 qui code pour la molécule rénale de transport urinaire GLUT9 (échange de l’acide urique versus glucose et fructose).

Ce travail néozélandais avait pour objectif tout d’abord d’évaluer le lien entre goutte et consommation de boissons sucrées et d’évaluer l’impact potentiel du polymorphisme génétique de SLC2A9 (allèle protecteur C-rs11942223).

Les résultats portent sur 1 634 sujets suivis entre 2006 et 2011 dont 925 cas de goutte retenus sur les critères ARA et 709 témoins. L’analyse est répliquée sur 7 075 sujets de la cohorte ARIC, cohorte destinée à évaluer les risques de maladies athéromateuses (population d’origine caucasienne ou européenne).

En l’absence d’ajustements, les auteurs ne retrouvent pas d’association significative entre la consommation de sodas et le risque de goutte. Pour autant, le risque apparaît tout à fait significatif après divers ajustements notamment pour le poids, la consommation d’alcool, de fruits… En cas de consommation quotidienne d’au moins 4 boissons sucrées par jour versus aucune, l’odds-ratio est à 6,89 pour la population d’origine caucasienne européenne (1,05 – 45,44), l’odds-ratio est à 5,19 (1,48 – 18,17) pour la population Mahori et l’odds-ratio est à 2,84 (1,04 – 7,77) pour la population des iles polynésiennes.

Dans la cohorte ARIC, l’odds-ratio est élevé, calculé à 2,31 pour les sujets une consommation ≥ 5 boissons sucrées par jour.

Les auteurs évaluent ensuite l’influence du génotype SLC2A9 sur le risque de goutte et sur l’uricémie. Pour la goutte, les auteurs retrouvent une différence significative chez les sujets natifs de Nouvelle-Zélande selon la présence homozygote ou non de l’allèle protecteur. Les résultats ne sont pas du même ordre en particulier dans la population Mahori.

Quant à la modulation de l’excrétion rénale par SLC2A9, les auteurs concluent sur l’existence d’une influence exercée par la consommation de sodas et conduisant à négativer le rôle discriminant de SLC2A9.

Date de publication : 05-06-2015

http://www.mediscoop.net/index.php

Article paru dans la Lettre Médecine du Sens n° 74