« Faut-il supprimer la vaccination obligatoire en France ? »

Commentaire. « Faut il supprimer la vaccination obligatoire ? » nous dit Marisol Touraine notre ministre de la santé.

Intéressante discussion. La suppression des obligations ne faisant pas habituellement chuter la couverture vaccinale dans tous les pays où elle a été appliquée. Mais elle respecte mieux les droits et les choix individuels. Et éviterait ces conflits perpétuels sur les obligations.

 

 

L’ARTICLE :

C’est ce que titre La Croix, qui indique que « Marisol Touraine doit présenter [aujourd’hui] un plan de «rénovation de la politique vaccinale». La ministre de la Santé va notamment évoquer un débat qui agite le monde de la santé depuis plusieurs mois : celui du maintien ou non du caractère obligatoire du vaccin DT-polio, imposé aujourd’hui à tout enfant entrant en collectivité ».

Le journal rappelle qu’« en 2014, le Haut conseil de la santé publique (HCSP) avait estimé qu’il s’agissait d’un «choix sociétal» sur lequel les autorités devaient se prononcer », et livre les propos du Pr Daniel Floret, président du Comité technique des vaccinations.

Ce dernier observe que « la France reste, parmi les nations industrialisées, [une des seules] qui garde une vaccination obligatoire avec le DT-polio, injection contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite. Grâce au vaccin, ces trois maladies sont devenues rares ».

« Mais il nous a semblé nécessaire, au sein du HCSP, que notre société s’interroge collectivement sur cette obligation. Notamment en raison de l’existence d’une certaine confusion dans une partie du public entre vaccins obligatoires et vaccins recommandés », précise Daniel Floret.

Le responsable remarque ainsi que « certains estiment que seuls les vaccins obligatoires sont vraiment importants et qu’on peut donc se passer de ceux qui sont juste recommandés. Or parmi ces derniers, on trouve par exemple les vaccins contre l’hépatite B (1 300 décès par an, par cirrhose ou cancer) ou contre le cancer du col de l’utérus (1 000 morts par an) qui, en termes de santé publique, ont un impact plus important que les pathologies à vaccination obligatoire ».

Le Pr Floret souligne en outre qu’« il est aujourd’hui très difficile de n’administrer à ses enfants que les vaccins obligatoires. En raison des contraintes des fabricants, le DT-polio est associé avec d’autres vaccins. Résultat, certains parents n’y comprennent plus rien et ont l’impression qu’on veut leur forcer la main. Or dans ce domaine sensible, il faut favoriser la clarté, la pédagogie et un choix éclairé ».

Le pédiatre ajoute que « si on devait supprimer l’obligation pour le DT-polio, l’enjeu serait de se mobiliser pour ne pas faire chuter la couverture vaccinale en France. Mais personnellement, je n’ai pas trop d’inquiétudes. Il y a quelques années, la Vénétie a pris cette mesure et la vaccination ne s’est pas effondrée ».

 

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Article paru dans la Lettre Médecine du Sens n° 101