Des vertus thérapeutiques des pansements au miel

Commentaire. Le miel est un pansement naturel connu depuis la nuit des temps, pas cher et souvent mieux que les antibiotiques face aux bactéries résistantes.

 

 

L’ARTICLE :

Le miel est utilisé pour soigner les blessures depuis l’Antiquité (en Égypte, il était mélangé de la résine ou du saindoux). Son efficacité a été démontrée scientifiquement dans les dernières décennies et son action biologique découverte encore plus récemment.

Les propriétés physiques du miel sont favorables, du fait de son pH acide (~ 4), ce qui aide la libération d’oxygène par l’hémoglobine et entrave l’activité des protéases. De plus, l’osmolarité élevée du sucre assèche le lit de la plaie en assurant l’exsudation de la lymphe. En asséchant de même les bactéries, le miel inhibe leur prolifération jusqu’à ce que les « humeurs » le diluent, mais alors c’est son activité chimique qui entre en jeu. L’activité antibactérienne du miel in vitro  a en effet été prouvée contre de multiples souches de microbes et de champignons, surtout dans certaines variétés de miel actives contre la plupart des staphylocoques, streptocoques, entérocoques, Pseudomonas, anaérobies, etc. Pour toutes ces souches, la concentration minimale inhibitrice a été trouvée < 11 %, ce qui signifie que, même dilué par les exsudats, le miel reste un puissant agent antimicrobien, y compris sur les staphylocoques méthicilline-résistants ou les entérocoques vancomycine-résistants. De plus, on ne connaît pas de mutations de germes devenant résistants au miel.

Dans la plupart des variétés de miel, l’activité biologique s’explique par la richesse en H2O2, celle-ci provenant de la glucose-oxydase, enzyme ajouté par les abeilles au nectar stocké dans les rayons de la ruche, et qui ne devient actif qu’après dilution du miel par les secrétions de la plaie, encore que les catalases secrétées inhibent l’H2O2. Certains miels, comme celui des abeilles pollinisant l’arbre à thé (Leptospermum scoparium) agissent autrement que par l’H202, et, en conséquence, sont indifférents à la catalase. Leur activité antibactérienne repose alors sur le pyruvaldéhyde, dont le précurseur chimique se trouve dans le nectar de l’arbre à thé et qui paraît particulièrement efficace dans les ulcères de jambe des diabétiques.

Si l’on ajoute que le miel a des propriétés immunostimulantes, ce qui a été démontré par l’accélération de la cicatrisation qu’il provoque même dans les plaies stériles chez l’animal, mais aussi des propriétés anti-inflammatoires, révélées par la réduction de l’œdème, l’effet apaisant sur les brûlures et, expérimentalement, la diminution des adhérences postopératoires, on peut conclure que le miel est un produit très complet. Il réunit les bienfaits de plusieurs substances et chacun e d’entre elles a un effet synergique sur les autres. C’est pourquoi il existe un certain nombre de pansements tout préparés avec notamment du tulle imbibé de miel de manuka (arbre à thé).

Dr Jean Fred Warlin 

Référence

Molan P et Rhodes T : Honey: a biological wound dressing. Wounds 2015 ; 27(6) : 141-151.

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Article paru dans la Lettre Médecine du Sens n° 90