"Des enfants plus intelligents avec une alimentation a la demande !" – Journal International de Médecine

Faut-il alimenter les nourrissons à heures fixes ou quand ils ont faim ? Les mères optent, à une large majorité, pour le sein ou le biberon « à la demande ». Une étude portant sur environ 10 500 couples mère-enfant semble leur donner raison. Les enfants alimentés à heures fixes seraient moins intelligents que les enfants alimentés à la demande.

Les couples mère-enfant faisaient partie d’une cohorte de naissances, l’Avon Longitudinal Study of Parents and Children [ALSPAC], recrutée au début des années 1990 dans la région de Bristol (Angleterre).

Quatre semaines après la naissance, 7 % des mères déclaraient nourrir leur bébé à heures fixes et 23 % essayer de le faire, tandis que 70 % déclaraient nourrir leur bébé à la demande.

Au cours des 3 premières années, les mères des bébés nourris à heures fixes (7 %) éprouvaient plus de bien être que celles des bébés nourris à la demande (70 %). Elles dormaient mieux à 8 semaines (Odds Ratio : 1,55 ; p <0,001) et à 8 mois (OR : 1,62 ; p <0,001) et se plaignaient moins de fatigue à 8 semaines (OR : 0,52 ; p <0,001). Elles obtenaient des scores plus élevés sur des échelles de confiance et de satisfaction à 8 mois et à 33 mois (+ 0,17 Déviation Standard environ pour les quatre scores, après ajustement par la durée de l’allaitement ; p <0,001). Néanmoins, leur risque de dépression n’était pas moindre.

Les enfants nourris à heures fixes avaient un moins bon développement cognitif à long terme. A 8 ans leur quotient intellectuel [QI] était inférieur de 4,1 points à celui des enfants nourris à la demande (Intervalle de Confiance 95 % : -6,3 à -1,9 ; p <0, 001). A 5, 7, 11 et 14 ans leurs performances à des tests scolaires étaient aussi inférieures (-0,17 DS environ pour les quatre tests ; p <0,001).

Ces résultats sont ajustés sur de nombreux facteurs maternels susceptibles de défavoriser ces enfants (mères plus jeunes, plus souvent isolées, etc.). Ils suggèrent que l’alimentation à la demande, qu’elle soit donnée au sein ou au biberon, améliore le développement cognitif des enfants. Les enfants qu’on avait essayé de nourrir à heures fixes (23 %), avaient un QI et des performances scolaires similaires aux enfants nourris à la demande, alors que leurs mères ressemblaient sociologiquement aux mères des enfants nourris à heures fixes.

D’après les auteurs de l’étude un gain de 4-5 points de QI ferait passer un élève moyen du 15e rang au 11-12e rang dans une classe de trente !

Au total, l’alimentation à la demande pendant la première année de vie est associée à des niveaux moindres de bien être des mères à moyen terme, mais à un QI et une réussite scolaire des enfants supérieurs à long terme. On ne peut faire que des hypothèses sur les mécanismes en cause.

Dr Jean-Marc Retbi

 

Iacovou M, Sevilla A. : Infant feeding : the effects of scheduled vs on-demand feeding on mothers’ wellbeing and children’s cognitive development. Eur J Public Health 2012 Publication avancée en ligne le 14 mars.