Covid-19: controverse autour de l’annonce d’un vaccin par Vladimir Poutine

Vaccin au bal des menteurs, Poutine coupe l’herbe sous le pied de BigPharma.

En annonçant le  12 aout qu’il a trouvé un vaccin, il ne fait ni plus ni moins que les fausses annonces et effets d’annonce de bigpharma sur un vaccin miracle rapide. 

C’est une manière assez humoristique de parodier et de doubler les fabricants de vaccins qui racontent tous les jours qu’on va avoir un vaccin très rapide alors que la réalité scientifique est très différente.

Il se moque habilement de la réalité business de pharma, manière de dire, au niveaux des mensonges, je peux faire comme vous et pour bien rajouter la dose il dit que c’est sa propre fille qui a fait le test.

Drôle.


Développé par l’Institut Gamaleïa à Moscou, le candidat vaccin «Spoutnik V», présenté mardi par les autorités sanitaires russes, ne sera pas opérationnel avant janvier 2021. DMITRY KURAKIN/AFP

Vladimir Poutine est tout content de son coup. Son pays vient d’homologuer le premier vaccin contre le coronavirus, et le Kremlin lui a même trouvé un petit nom: Spoutnik V (V comme vaccin), qui sera mis à disposition des enseignants et personnels médicaux dès la semaine prochaine avant d’être mis à disposition de la population en janvier 2021. Le président russe a simplement omis un détail quelque peu problématique, la phase 3 d’essai, indispensable si l’on veut démontrer l’efficacité dudit vaccin chez l’homme, n’est pas terminée et peut-être même pas entamée.

L’OMS est moyennement emballée. Le ministère allemand de la Santé doute. Une association qui regroupe des organisations en charge d’essais cliniques regrette le faible nombre de tests effectués et l’absence de données sur la sécurité du vaccin pour les personnes fragiles et âgées. Le professeur en immunologie Jean-Daniel Lelièvre dit deux choses: oui, ce vaccin est prometteur ; non son efficacité n’est pas prouvée, loin s’en faut. Du côté des autorités sanitaires russes, on tente de rassurer les sceptiques en affirmant que plusieurs centaines de volontaires ont été vaccinés et qu’aucun n’a eu d’effets indésirables graves. Poutine, lui, a opté pour un argument imparable, sa fille s’est fait inoculer le vaccin et elle va mieux.

Même si la Russie venait à rendre opérationnel une solution miracle contre le Covid en 2021, elle pourrait se faire doubler dans le sprint final. Six candidats au vaccin (britannique, allemand, américain et chinois) sont déjà entrés dans la phase 3 des essais cliniques. Certains pensent être en mesure de commercialiser le leur d’ici à la fin de l’année. Avant cela, ils attendent de boucler la phase 3 des essais cliniques. Eux.

Normalement développer un vaccin prend une dizaine d’années. On ne peut que se réjouir que les choses aillent plus vite et de nombreux résultats sont encourageants

Camille Locht, directeur de recherche Inserm à l’Institut Pasteur de Lille

→ Savez-vous pourquoi la majorité des personnes infectées par le Sars-CoV-2 ne présente pas de symptômes notables ? Parce que notre système immunitaire aurait une bonne mémoire selon plusieurs études. Pierre Kaldy l’explique très clairement dans cet article.

Vaccin russe: «Un lancement à haut risque »

Cyrille Vanlerberghe. Le Figaro

Avec 20 millions de personnes touchées, plus de 700.000 morts et les économies de la planète mises à genoux par les contrecoups de la lutte contre la pandémie, Vladimir Poutine a frappé les esprits en annonçant le «premier» vaccin approuvé contre le Covid-19. Un coup d’éclat – le traitement est baptisé «Spoutnik V» – qui rappelle les plus belles heures de la science soviétique lors de la guerre froide. Mais si les bips-bips du premier satellite de l’histoire avaient donné des cauchemars à Washington, incapable de reproduire l’exploit pendant de longs mois, l’analogie avec la recherche contre le Covid-19 s’arrête là. Dans le monde, au moins six candidats vaccins (anglais, américain, chinois et allemand) sont plus près de prouver leur efficacité que celui vanté par le maître du Kremlin.

En approuvant la mise sur le marché dans son pays avant d’avoir terminé les phases de tests indispensables à sa validation, Poutine expose sa population à un produit qui pourrait finalement se révéler inefficace, voire dangereux. Et, au passage, il prend le risque de donner des faux espoirs au monde entier. En l’absence de toute donnée scientifique fiable, la démonstration de Poutine se résume au fait que le produit a été inoculé à sa fille, et qu’elle va bien. Une anecdote qui n’a pas le même poids qu’un essai clinique sérieux, mené pendant de longs mois sur des centaines de volontaires. Heureusement, vu l’état des recherches dans le monde, il y a de bonnes chances pour qu’un vaccin efficace contre le nouveau coronavirus fasse ses preuves dans les prochains mois. Et le candidat russe fera peut-être partie des gagnants. Mais, par prudence, Poutine aurait dû se souvenir que si Spoutnik avait offert à Moscou une première victoire dans la conquête de l’espace, les Soviétiques ont perdu la course, et n’ont jamais réussi à mettre le pied sur la Lune.

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