Certains substituts du bisphénol A tout aussi dangereux

Commentaire.

C’est tout un système de fonctionnement qui se retrouve mis en difficulté.

Les successeurs du bisphénol A, BPA les BPS et BPF sont apparemment plus toxiques ou au moins autant.

Plusieurs questions se posent.

Il faut arriver à tester les produits avant de les mettre sur le marché. On ne peut jouer indéfiniment avec de tels risques et retirer des produits toxiques 5 ou 10 ans après, avec tous les dégâts à la clés.

Les fabricants ne donnent pas les infos en raison de leur droit à protéger leurs secrets de fabrication.

La seconde question: va t-on trouver une molécule, n’est ce pas le principe même de ce type de produit qui est en question ? Ne sont-ils pas toxiques justement en raison de leurs propriétés demandées. Comme un couteau coupe parce qu’il est coupant, un verre transparent parce que l’on voit à travers.

Cette question parait élémentaire, mais c’est peut être à ce niveau que cela se joue. Certaines caractéristiques ne sont-elles par toxiques en elles mêmes ?

L’ARTICLE :

Les industriels doivent remplacer le bisphénol A , interdit dans tous les contenants alimentaires en France depuis le 1er janvier 2015. Mais certains substituts seraient tout aussi néfastes pour le développement du fœtus.

Le 1er janvier 2015, la France est devenue le premier pays au monde à bannir le bisphénol A de tous les contenants alimentaires… sans vraiment savoir par quoi le remplacer.

Ce composé chimique, très utilisé pour fabriquer des plastiques souples et transparents, dans les revêtements intérieur des boîtes de conserve, ou comme révélateur sur les tickets de caisse, est classé comme perturbateur endocrinien et accusé de longue date d’effets néfastes sur la reproduction, le développement et le métabolisme. Or certains produits de substitution pourraient être tout aussi dangereux, indique une étude menée par des chercheurs français.

Production de testostérone

René Habert, professeur en toxicologie de la reproduction et ses collaborateurs du Laboratoire de Développement des Gonades (INSERM, CEA, Université Paris Diderot), ont testé les effets des bisphénols S (BPS) et F (BPF) sur des cellules de testicules fœtaux humains cultivés un vitro. Leurs travaux, publiés dans la revue «Fertility & Sterility», montrent que eux aussi «perturbent la production de testostérone. Or celle-ci a une importance capitale pour les fœtus mâles humains, car c’est elle qui masculinise leurs organes génitaux. Sans testostérone, un fœtus génétiquement mâle souffrira de troubles de la masculinité (par exemple, un micro-pénis), et l’on soupçonne un risque de baisse de la fertilité à l’âge adulte» même chez des hommes apparemment bien conformés.

Le Pr Habert avait été le premier à prouver expérimentalement, en janvier 2013, que les dangers du BPA déjà démontrés sur des animaux de laboratoire existaient aussi, et même à plus faible dose, sur le testicule humain. Or les bisphénols traversent la barrière placentaire, qui normalement protège le fœtus des substances toxiques ingérées par sa mère.

«Jamais testé chez l’homme»

«Bien qu’ils aient une structure chimique proche de celle du bisphénol A, la dangerosité des BPS et BPF n’a jamais été testée sur une fonction physiologique chez l’homme et il n’y a aucune réglementation les concernant», indique un communiqué du CEA et de l’Inserm. De fait, un rapport du gouvernement remis fin décembre 2012, relatif aux substituts du bisphénol A, cite le bisphénol S comme composé possible du «polyéthersulfone», utilisable «en remplacement du polycarbonate dans les biberons», «la vaisselle pour enfants», mais aussi «les appareil et accessoires médicaux», «les installations d’eau chaude» ou pour «les tickets de caisse».

«En réalité, regrette le Pr Habert, on a peu d’informations sur les utilisations actuelles ou à venir du BPS et du BPF, car les producteurs n’ont aucune obligation de donner ces informations et protègent leurs secrets industriels.» Une étude effectuée par des chercheurs canadiens et publiée très récemment dans les Actes de l’Académie des sciences américaine (PNAS) va aussi dans le sens d’une nocivité du PBS. Ces auteurs ont observé qu’il altère le développement cérébral et entraîne une hyperactivité chez des poissons zèbres in vivo.

«Il est important de tester scientifiquement les produits avant de les mettre sur le marché, car on peut difficilement prédire simplement à partir de sa formule chimique si une molécule aura ou non un effet négatif», s’insurge René Habert. «Cela serait dépourvu de bon sens d’échanger un danger sanitaire pour un autre», peut-on lire dans l’article qu’il a dirigé. Les auteurs souhaitent que soient étudiés sans délais «les dangers sanitaires pour l’homme des substituts du BPA».

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2015/01/16/23269-certains-substituts-bisphenol-tout-aussi-dangereux