Cancer : où est vraiment le risque ?

Commentaire.

Publié dans la lettre de Médecine du sens n°28.

Un article qui dit des choses évidentes mais si révolutionnaires sur l’origine des cancers.
Et qui étudie sans préjugés la réalité de nos réactions.”La surprise de découvrir que le tabac n’était finalement pas si dangereux pour la santé, pas plus que l’alcool, et que les régimes alimentaires tant vantés jusqu’ici n’étaient pas si protecteurs, pas plus que le sport…. l’importance du stress dans la maladie cancéreuse…”

Cela nous rappelle le livre du Dr Michel Moirot «l’origine des cancers» il y a 40 ans.
Mais il apparaît d’autres choses surprenantes, une femme plus grande risque plus le cancer, la femme obèse moins.
Quand on regarde avec réalisme la vie humaine, le lien psychisme maladie et cancer apparaît de façon évidente.

“Lorsque l’on reconnaît un lien entre psychisme et maladie dans ces deux cas, et donc une influence directe de la tête sur le corps, est-il de bon sens de le nier en ce qui concerne la survenue même du cancer ? Ne serait-il pas plus logique d’en conclure que les études qui ne trouvent rien n’ont sans doute pas été assez rigoureusement menées, ce qui est d’ailleurs la conclusion même de la HAS ».

Simple, mais révolutionnaire.

L’ARTICLE :

L’Express publie un texte d’Yvane Wiart, « psychologue spécialiste de la théorie de l’attachement », à propos du rapport sur le cancer du sein qu’a publié la HAS en mai dernier. Le magazine indique que la psychologue « s’insurge contre ce rapport, qui ne croise pas assez ses sources et ne souligne pas».
Yvane Wiart remarque ainsi avoir eu « la surprise de découvrir que le tabac n’était finalement pas si dangereux pour la santé, pas plus que l’alcool, et que les régimes alimentaires tant vantés jusqu’ici n’étaient pas si protecteurs, pas plus que le sport. […] J’ai décidé d’aller y voir de plus près, curieuse aussi de savoir quel sort était réservé au psychisme et au stress, dont j’ai déjà évoqué l’importance ».
La psychologue note que « selon ce rapport, “il n’y a d’influence ni du tabagisme actif, ni du tabagisme passif sur la survenue du cancer du sein”, les études qui ont montré un tel lien s’étant révélées biaisées à plusieurs niveaux. D’un côté, les personnes présentant une forte consommation d’alcool n’avaient pas été séparées des autres, et c’est finalement l’alcool qui constituerait un facteur de risque. D’un autre côté, là encore rien ne serait moins sûr car ces études-là aussi seraient faussées ».
Yvane Wiart évoque un « rapport bien déroutant » et « une imposante liste de facteurs, 69 en tout, pas forcément tous très connus du grand public. Certains paraissaient évidents en tant que facteurs de risque, comme des antécédents médicaux ou une configuration génétique spécifique, d’autres l’étaient moins, comme la taille ou le poids, avec des résultats laissant un peu rêveur ».
« Par exemple, le rapport nous explique que plus une femme est grande, plus elle court de risques de développer un cancer. Par contre, si elle est en surpoids, voire obèse, elle est très protégée, mais uniquement avant la ménopause parce qu’après son poids devient un facteur délétère. Par ailleurs, avoir une forte poitrine n’est pas une bonne idée, sauf si elle est fausse »,
remarque Yvane Wiart. La psychologue continue : « Le rapport nous précise qu’en réalité toutes ces études souffrent de biais importants, elles aussi ».
« On n’est donc alors guère surpris de découvrir que les relations entre stress et cancer ou l’impact de certaines variables psychologiques, ne peuvent pas non plus être clairement établis. Vu ce qui est dit des autres facteurs, cela n’a rien d’exceptionnel, mais là je trouve ça plutôt étrange. […] Bizarrement, le rapport ne cite que quelques études à l’appui de cette conclusion, avec une approche plutôt étroite du sujet »,
relève Yvane Wiart.
La psychologue évoque « la nécessité de croiser les sources. […] Certes, les facteurs cités par la HAS se sont révélés peu probants, mais cela fait longtemps que les scientifiques étrangers ne se contentent plus d’examiner les événements de vie, l’anxiété, la dépression ou la colère, pour rendre compte des liens entre psychisme et maladie, car le cancer n’est pas seul concerné ».
Yvane Wiart s’interroge : « Lorsque l’on reconnaît un lien entre psychisme et maladie dans ces deux cas, et donc une influence directe de la tête sur le corps, est-il de bon sens de le nier en ce qui concerne la survenue même du cancer ? Ne serait-il pas plus logique d’en conclure que les études qui ne trouvent rien n’ont sans doute pas été assez rigoureusement menées, ce qui est d’ailleurs la conclusion même de la HAS ».
« Cela étant, ces études rigoureuses existent et il me paraît honnête de le faire savoir. Elles fournissent en effet un formidable espoir de ne plus se sentir totalement impuissant face à la maladie et de précieuses pistes de prévention 
», conclut la psychologue.

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Date de publication : 12-06-2014