Café et risque cardiovasculaire : une analyse bien tassée !

Commentaire de Olivier Soulier.

Lettre de la Médecine du sens n° 16.

Ce sont les buveurs de café qui vont être content, et les rabats joies «du café c’est pas bon» qui en seront pour leurs frais. Dans une lettre précédente en janvier nous avions déjà évoqué l’action positive sur la mémoire visuelle du café. 

Nous connaissions déjà l’action positive du café sur les cancers de la prostate et les cancers du col de l’utérus.

Voila l’action sur le risque d’AVC et de maladies cardiovasculaires. 

Que du bon en fait.

En fait tout est parfaitement logique, et dans une médecine du sens, c’est un régal de voir comment les choses se mettent en place.

J’ai écris que le café vient nous aider dans le risque de nous perdre dans la fusion amoureuse avec tous les risques de vécus et de ressentis.

Cela protège logiquement des problèmes cardiovasculaires, problèmes de rapports de force dans la relation amoureuse : dominer l‘autre, le posséder, ne pas savoir dépasser l’amour du pouvoir pour le pouvoir de l’amour.

Mais aussi des cancers du col de l’utérus, maladie qui parle de frustration sexuelle. A ce niveau j’ai remarqué dans ma pratique qu’il se présente rarement en cas de frustration sexuelle vraie et subie, mais plutôt dans des cas ou une femme en conflit avec son homme oppose une fin de non recevoir sexuelle. Concrètement, elle s’impose d’elle même une frustration sexuelle et un risque de cancer de l’utérus. Cela parle aussi du papilloma virus, microbe du conflit de relation de force en manière l’amour, vouloir que l’autre soit “papy” ou “Oma” (grand mère américaine) à la maison. La mort du désir dans un jeu ridicule de couple.

Enfin, le cancer de la prostate parle d’un conflit de couple avec un homme qui reste en relation de frustration. Et souvent aussi un conflit de couple sur le devenir des enfants et l’attitude à avoir avec eux.

Bon ! En conclusion, buvons du café et dépassons notre peur. Et si un jour mesdames vous croisez Georges Cloney, sachez qu’un café peut vous protéger de tomber irrémédiablement dans ses bras, à moins bien sur que vous n’en aillez envie !

L’ARTICLE

Le café, de par sa teneur en caféine, n’est pas dénué d’effets sur l’organisme. Cette base xanthique est connue pour ses vertus psychostimulantes et légèrement diurétiques, entre autres. Elle accélère le rythme cardiaque et, à fortes doses, elle peut avoir un effet bathmotrope positif. Des livres entiers ont été consacrés à cet or noir qui a toujours fasciné les humains. Selon Paracelse : “tout est poison, et rien n’est sans poison; ce qui fait le poison c’est la dose». Ce qui est vrai pour les médicaments, l’est pour les substances apparentées capables d’interagir avec divers récepteurs de l’organisme, ce qui est le cas de la caféine et de tous les breuvages ou préparations qui en contiennent. Pour ce qui est du café, l’association entre sa consommation et le risque de maladie cardiovasculaire (MCV) est l’objet d’une âpre controverse depuis fort longtemps.  Les résultats des études sont volontiers contradictoires et, pour tenter d’y voir plus clair, le recours à une méta-analyse s’imposait.

Une revue exhaustive des données de la littérature internationale a permis d’inclure 36 études de cohorte prospective qui ont regroupé, au total, 1 279 804 participants, dont 36 352 atteints d’une MCV avérée. L’objectif était de rechercher une relation de type dose-effet entre la consommation de café à long terme et le risquerelatif (RR) de MCV, qu’il s’agisse de la maladie coronarienne, de l’accident vasculaire cérébral, de l’insuffisance cardiaque ou de la mortalité cardiovasculaire.

L’analyse statistique a révélé une relation non linéaire entre la consommation de café et le risque de MCV (p < 0,001 pour la tendance et p < 0,001 pour la non-linéarité). Pour l’hétérogénéité, le seuil de signification statistique n’a pas été atteint (p = 0,09), ce qui donne une validité certaine à ces résultats. En termes plus précis, si l’on compare les consommateurs de café entre eux, il apparaît que, par rapport aux abstinents (médiane, 0 tasse par jour), le RR de MCV varie en fonction de la dose : (1) 0,95 (médiane, 5 tasses par jour, soit la consommation maximale); (2) 0,85 (médiane, 3,5 par jour); (3) 0,89 (médiane, 1,5 par jour). Une relation non linéaire similaire a été observée dans le cas de la maladie coronarienne (hétérogénéité; p = 0,001, tendance p < 0,001, non-linéarité, p < 0,001) et de l’AVC (respectivement, p = 0,07, p < 0,001 et p < 0,001).

De cette méta-analyse, il ressort que la consommation de café, même à doses élevées (médiane 5), n’augmente pas le risque de MCV. Entre 3 et 5 tasses par jour, c’est même le contraire qui se produirait, à savoir une diminution de ce dernier, étant entendu que la liste des MCV retenues est limitative. Fait essentiel et inattendu : la relation dose-effet n’est pas linéaire, ce qui ne contrarie pas pour autant la maxime de Paracelse. Comme il se doit, ce n’est qu’une méta-analyse avec les réserves inhérentes à une telle approche. La globalité de l’analyse limite toute extrapolation à des populations particulières, d’autant qu’elle repose sur une comparaison cas-témoins. Néanmoins, l’information alimente et relativise le débat de manière constructive sans prétendre y mettre un terme. La vérité sur la caféine qui n’a pas fini de faire parler d’elle appartient à d’autres études, cela va sans dire…

Dr Philippe Tellier

http://www.jim.fr/medecin/thematique/06_nutrition/e-docs/cafe_et_risque_cardiovasculaire_une_analyse_bien_tassee__144091/document_actu_med.phtml

Références

Ming Ding et coll. : Long-Term Coffee Consumption and Risk of Cardiovascular Disease: A Systematic Review and a Dose–Response Meta-Analysis of Prospective Cohort Studies. Circulation 2014; 129:643-659.

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