Attentats de Paris : «Si j’avais su qu’il commettrait un jour une chose comme ça, je l’aurais tué avant»

Commentaire. Le père d’un des kamikazes du Bataclan, nous dit « Si j’avais su un jour qu’il commettrait une chose pareille, je l’aurai tué avant »

Un père capable de dire qu’il aurait pu tuer son fils est-il encore un père ? L’origine de la violence n’est-elle pas là ? Le terroriste c’est peut être lui qui avait ” un enfant calme ” … c’est-à-dire sous terreur ???

La phrase de son père ne signe t-elle pas l’origine de la violence ?

Il ne se questionne absolument pas sur sa responsabilité, ni même sur  l’idée d’une possibilité de responsabilité,  sur son rôle. Pourtant l’échec est devant lui : l’acte de son fils en est le témoignage. Il ne veut pas le voir, IL TUE MEME LE MESSAGE QU’EST L ACTE TERRIBLE DE SON FILS PAR SON DENI…

A mettre en lien avec la terrible et magnifique citation de Shakespeare dans ” the Tempest ”  : ” L’enfer est vide, tous les démons sont ici ” 

 

 

L’ARTICLE :

VIDÉO – Le père du troisième kamikaze du Bataclan, Saïd Mohamed-Abbag, explique au Parisien-Aujourd’hui en France qu’il ne reconnaissait plus son fils. Il était devenu inutile de communiquer avec lui, explique-t-il.

 

Saïd Mohamed-Abbag pensait plutôt que son fils allait mourir en Syrie ou Irak. Cette pensée venait souvent le hanter la nuit. Le père de Foued confie au Parisien-Aujourd’hui en Franceson désarroi depuis qu’il a appris que son fils était le troisième kamikaze du Bataclan, où 90 personnes ont été tuées lors des attentats du 13 novembre dernier. «Quel être humain peut faire ce qu’il a fait? s’interroge-t-il aujourd’hui. Si j’avais su qu’il commettrait un jour une chose comme ça, je l’aurais tué avant.» La dernière fois que son fils lui a donné des nouvelles, c’était il y a quatre ou cinq mois via Skype, raconte-t-il. Le père assure qu’il ne reconnaissait plus son fils à qui on avait, selon lui, lavé le cerveau. «Ça ne servait plus à rien de communiquer…», se désole-t-il.

Car, depuis le départ de ce dernier en Syrie en décembre 2013, leurs relations s’étaient au fil du temps émoussées. «Il nous avait menti, faisant croire qu’il partait en vacances, pour se rendre en fait en Syrie il y a deux ans. Depuis 2013, je n’en dormais plus», raconte Saïd Mohamed-Abbag. Deux de ses fils étaient partis avec un groupe d’amis, la plupart issus du même quartier à Strasbourg. Deux sont morts, sept sont rentrés. Foued avait préféré rester en Syrie. L’aîné de la fratrie, Karim, est actuellement détenu en France. En octobre, le parquet a demandé son renvoi en correctionnelle pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.

Comme dans bien des cas, leur famille dit n’avoir rien vu venir. «C’était un enfant calme, se souvient le père de famille. Il est né ici, a grandi en France, a été scolarisé en France.» En 2013, il a commencé à se laisser pousser la barbe. À l’époque, Foued vivait encore chez sa mère. «Il s’était mis aussi à faire sa prière, évoque son père, mais de là à imaginer ce qui se passerait ensuite… Franchement, on a rien compris à tout ça, rien vu venir.»

Article paru dans La Lettre Médecine du Sens n° 97