Alcool et risque de fibrillation atriale

Commentaire.

Pour comprendre prenons les choses de façon symbolique.

Nous sommes devant le problème des troubles du rythme cardiaque, ou des tachycardies supra ventriculaires.

La FA ou fibrillation auriculaire parle d’un problème familial ou transgénérationnel que je subis et que je ne peux pas contester, mais que je vois. Notons aussi que si je le vois et accepte que cela influence ou dirige ma vie, j’aurai plutôt un flutter, enfin que si j’en subis les conséquences mais que je refuse de le voir j’aurai une maladie de Bouveret.

En cas de FA (ou ACFA) mon organisme a plusieurs moyens d’adaptation qui sont autant de risque de pathologie, qui deviendront des facteurs de risque.

Je peux prendre du poids comme protection et souvent manque d’un père protecteur et garant de la loi. 

Je peux m’opposer et me défendre en permanence en développant une HTA.

Je peux enfin boire de l’alcool pour tenter de libérer mon énergie. Oser enfin dire et contester cette loi et cette fidélité familiale. Nous sommes au coeur de ces personnalités dominées et que l’alcool libère le temps d’une ivresse.

Tout est simple en fait. Un facteur de risque est une tentative de solution. Mais si vous n’avez plus cette solution ou cette compensation, la question est, si vous ne pouvez régler le problème, sur quoi allez vous déporter votre tension.

L’ARTICLE :

La fibrillation atriale (FA) est le trouble du rythme le plus fréquent ; elle est un facteur prédictif puissant de complications cardiovasculaires majeures et de décès.

Il a été démontré que l’hypertension artérielle et une augmentation de  l’indice de masse corporelle  étaient les 2 facteurs de risque, potentiellement réversibles les plus importants de survenue d’une FA ; chacun d’entre eux rendant compte d’environ 20 % du risque de FA dans la population générale.

L’élimination de ces deux facteurs, et de quelques autres tout aussi modifiables, parmi lesquels l’alcool, permettrait de diminuer d’environ 50 % à 60 % l’ensemble des cas de FA.

SC. Larsson et coll. ont tenté d’évaluer, au moyen d’un  questionnaire, l’association entre la quantité totale d’alcool consommée, sa nature, le mode de son ingestion et la survenue d’un premier épisode de FA ; ils ont ensuite combiné leurs résultats à ceux d’autres études prospectives réalisées sur ce thème et en ont fait lune méta-analyse.

Cette étude prospective a porté sur 2 cohortes regroupant 79 000 suédois des 2 sexes dont 7 245 ont été hospitalisés pour une FA.

Comparés aux sujets qui buvaient moins d’un verre d’alcool par semaine, ceux qui en consommaient  15 à 21, ou plus de 21, voyaient leur risque relatif de présenter une FA croître respectivement de 14 % et 39 %.

L’ingestion de moins de 15 verres de boissons alcoolisées par semaine (2 verres par jour) n’était pas clairement associée au développement d’une FA. Cependant, l’étude a montré que même de petites quantités de boissons alcoolisées étaient associées, dans les 2 sexes, à une augmentation faible mais significative, estimée à 8 %, du risque relatif de survenue de nouveaux cas de FA.

Par ailleurs, l’ingestion massive d’alcool (plus de 5 verres de boissons alcoolisées) dans un bref espace de temps (binge drinking) a été signalée par 18 % de la population. Ce mode d’ingestion était  associé à une augmentation du risque de survenue de nouveaux cas de FA, et ce, indépendamment du nombre de verres absorbés pendant la semaine.

En conclusion, cette étude, la plus vaste publiée à ce jour sur ce sujet, montre qu’une forte consommation de boissons alcoolisées (entre 15 et 21 verres/semaine voire plus) et une ingestion massive (5 verres) en peu de temps, sont associées à la survenue d’une FA. Quant à l’ingestion régulière de 2 verres de boissons alcoolisées/jour, elle peut augmenter modestement, dans les 2 sexes, le risque de FA, mais le risque reste cependant faible et il ne doit pas faire oublier qu’une consommation modérée d’alcool peut réduire, par ailleurs, le risque de survenue d’autres affections cardiovasculaires.

Dr Robert Haïat

Références

Larsson SC et coll. : Alcohol consumption and risk of atrial fibrillation: a prospective study and dose-response meta-analysis. J Am Coll Cardiol 2014 ; 64 : 281–9.

Copyright © http://www.jim.fr

http://www.jim.fr/medecin/actualites/medicale/e-docs/_alcool_et_risque_de_fibrillation_atriale_146850/document_actu_med.phtml