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#Septembre 2008
LES CODES ET LES SYMBOLES DE L’ADOLESCENCE Mais que cachent donc ces non-dits, ces tenues vestimentaires pour nous extravagantes, cette attirance pour les interdits, ce goût pour la provocation des ados ? Derrière les apparences, il y a toujours un message. L’adolescence est un moment clé de la vie. Le moment où se joue le déploiement complet de notre être. Il n'est pas toujours facile de voir les enfants faire avec enthousiasme, à défaut de facilité, ce à quoi les adultes ont renoncé depuis longtemps. Mais revenons un peu en arrière. Lors de la conception, les enfants ont en eux ou se voient confié, tout un programme de vie, tout un potentiel d’accomplissements. Pendant la grossesse, ce potentiel prend progressivement forme dans le fœtus puis l’enfant à naître. Le potentiel de développement et de jeunesse est symboliquement géré par une hormone, la DHEA, hormone du potentiel de vie et de croissance. Son taux, très élevé pendant la grossesse, décroîtra progressivement jusqu’à l'âge de cinq ou six ans. Ce taux présentera une autre poussée vers l’adolescence. Pendant la grossesse et la petite enfance se joue la mise en place du potentiel. "Tout se joue avant 6 ans". Puis ce processus se réactive à la puberté et l’adolescence pour arriver à son accomplissement le plus complet possible. - Dans la petite enfance se mettent en place les processus d’apprentissage. Dans le même temps se met en place le système des croyances. - De la naissance à 18 mois se jouent les principes de la survie et de l’individuation. Cela est géré par la surrénale. - Puis, jusqu’à 7 ans, se forge la personnalité par les apprentissages. La thyroïde guide cette phase. - Après sept ans, l’hypophyse est le maître du jeu et du je. C’est la phase dite de latence où les enfants emmagasinent éducation et sérieux. - Vient enfin l’adolescence. A ce stade, les enfants ont acquis une identité, à travers des apprentissages et la découverte des règles sociales. Ces acquisitions, en provenance de l’éducation, de la famille, de la société, se déposent en couches superposées sur la personnalité de l’enfant. Il s’en est nourri, inspiré, y a trouvé protection. Mais il lui faut maintenant tout rejeter pour découvrir dans tout cela ce qui est vraiment de lui, ce qu’il souhaite garder, ce qu’il souhaite faire sien. Un rejet nécessaire L’adolescence vit cette étape comme une profonde remise en question. Cela commence d’abord par une phase de rejet. Tout rejeter pour savoir ce que l’on veut garder. Faire un tri pour se choisir. Pour certains cela est facile, pour d’autres, plus difficile. Cela dépend du poids des couches qui ont été posées. Tentons de les faire légères pour nos enfants, mais surtout laissons-les les rejeter facilement. Les parents doivent bien comprendre le double mouvement suivant. D’un côté, les adolescents ont besoin de rencontrer une résistance pour pouvoir se structurer, un non ferme qui pose une limite de structure. Dans le même temps, les parents doivent accepter un rejet, une coupure, se laisser "tuer" en quelque sorte, pour permettre à leur ado de naître, et cela tout en restant ferme. Exercice pas facile, mais combien indispensable ! Pour les parents les écueils sont multiples. - Refuser la contestation de l’autorité. - S’adapter pour ne pas être rejeté, une forme de démagogie. - Les enfermer dans l’affection et le chantage. - Nier l’apparition de ce qui est différent - Refuser de se laisser dépasser. - Dévaloriser la force qui naît. - Enfermer dans des règles, des principes et des culpabilités : "il faut, on doit, cela ne se fait pas". Un ouragan d'hormones Mais face à ce monde qui leur a permis de se bâtir, les adolescents sont aidés et poussés par une force considérable de croissance et d’accomplissement, essentiellement due à la pression hormonale qui les fait changer physiquement et les pousse psychiquement vers l’avant, parfois plus qu’il ne peuvent le supporter. Ces hormones sont les oestrogènes, la testostérone, la GH hormone de croissance et son cofacteur l’IGF. Souvent déboussolés et perdus par cet ouragan qui les fait grandir, ils ont besoin de regard bienveillant et approbateur, ils cherchent de nouvelles identifications, de nouveaux groupes. La première poussée de croissance et de vie a permis, pendant la grossesse, de passer du stade de patrimoine génétique fécondé au stade d’enfant. L’adolescence est la deuxième poussée qui permet de passer de l’enfance à l’âge adulte. Dans cette révolution qui vise à libérer l'adulte en devenir des tuteurs qui lui ont permis de grandir, l’adolescent devra traverser de nombreux écueils, traversée qui se manifestera de nombreuses manières. L'apparence Souvent la personnalité a du mal à se mettre en place. Cela se traduit par des mains cachées dans les manches et des cheveux devant les yeux. Ce repli renvoie souvent à un père qui n'a pas occupé toute sa place. Des cheveux tournant vers le rouge évoquent un conflit avec la mère et de là une certaine révolte dépressive. La mode actuelle est de montrer son ventre, le hara des sagesses orientales. Les vêtements de couleur noire traduisent une recherche difficile de personnalité. Des symboles agressifs inscrits dessus pourront aider à s’affirmer. Le phénomène de bande est aussi une solution, mais il traduit un processus encore inachevé, une phase transitoire. Etre adulte, c’est être capable de s’affirmer seul et accepter d’avoir raison ou tort seul devant le groupe. LA RECHERCHE DE L’INITIATION. La recherche de soi peut se traduire par un retour à des rituels ancestraux initiatiques rappelant les phénomènes tribaux, comme les piercings et les tatouages, voire la drogue,. Les phénomènes de mode aident à se différencier bien qu’en pratique ils tendent au contraire à uniformiser. Le phénomène de la drogue nous rappelle le retour inconscient à des rituels initiatiques tribaux. Souvenons-nous que dans les tribus premières, lors de l’adolescence, les jeunes hommes et femmes subissaient des initiations sous forme de changements corporels, de danses et de séances de drogues. Pensez à la danse du soleil des Indiens des plaines où l’on soufflait de la drogue dans les narines des adolescents pour les mettre en transe et leur permettre de trouver leur animal totem. Aujourd’hui le totem est gravé sur le tee-shirt et punaisé sur le mur. Quant à la drogue, ils doivent se débrouiller tout seuls avec tous les risques que cela représente. En aseptisant la vie, notre civilisation a laissé l’adolescence orpheline d’initiation. La désertion de ce champ essentiel laisse le champ libre à toutes les exploitations et malversations illégales. Est-ce cela que nous souhaitons leur apprendre.? “Dis-leur la force qui est en eux ou le dealer s’en chargera“ à leur dépend et dépendance. LE CANNABIS. Penchons-nous un peu plus sur le cannabis. C’est la drogue type de l’ado qui se cherche, et se pose la question du sens de la vie et de “ce qu’il est venu faire sur terre“. Saviez-vous, parents, que vous avez été le premier fournisseur de cannabis de vos enfants ? Je vous vois sauter sur votre chaise. Revenons au tout début de la grossesse. L’oeuf fécondé parcourt la trompe et pénètre dans l’utérus, Il va s’implanter dans l’utérus, cela s’appelle la nidation. Les études récentes pour mieux réussir les réimplantations après les fécondations in vitro nous ont apporté des découvertes tout à fait intéressantes. Avant la nidation, il se produit une sorte de "négociation" entre l’utérus et l’oeuf. L’utérus sécrète une molécule qui est captée par l’oeuf, c’est un signal. Il en faut suffisamment, mais pas trop. Tout se passe comme si au moment d’atterrir dans l’utérus, l’oeuf discutait ses conditions d’existence, avant de les accepter. Quand cette négociation a réussi, l’oeuf s’implante. Sinon, c’est la fausse-couche. Cette molécule qui gère cette phase est sécrétée par la paroi de l’utérus, c'est l’anandamine, un cannabinoïde, de la famille du cannabis donc. Les choses s’éclairent. Chaque être fait un choix lors de son implantation. S’il s’avère que la vie ne tient pas ses promesses, il pourra la remettre en question. Au moment de la puberté, l’enfant se repose la question du sens de sa vie, il peut par exemple dire à ses parents qu'il n'a pas demandé à vivre. Le cannabis lui permet de renégocier ses conditions de choix de vie, de son incarnation. C’est un passage. Il rouvre le champ de la négociation. Après avoir fait son nid en tant qu’oeuf, il utilise la même clé pour le faire en tant qu’être conscient. Mieux vaut se poser la question et trouver une réponse, que de l’éviter et se retrouver plus tard avec de nombreuses somatisations qui traduisent de mauvais choix. De nombreuses maladies sont reconnues comme améliorées par le cannabis. On peut se dire qu’elles sont la conséquence d’un choix d’implantation qui n’est pas résolu et d’une adolescence qui n’a pas permis de reposer un choix de vie franc et clair. Citons entre autres: insomnies, migraines, nausées, douleurs, spasmes et convulsions, épilepsie, anxiété, peur, inflammation (c’est-à-dire colères), asthme, glaucome et même cancer et Sclérose en plaques (sciences et avenir Novembre 2003, le Point Octobre 2003). LES AUTRES DROGUES. Toutes les drogues ne sont que des leurres et le cerveau en paye toujours le contre coup. Ces dépendances permettent de comprendre ce qui est recherché et donc ce qui manque dans notre histoire. Cherchons d'autres solutions, mais ne fuyons pas le problème… L’alcool permet d’accéder à sa vérité avec le risque de se noyer. Le tabac renforce le poumon et aide ceux qui se sentent en difficulté relationnelle, sans compter que cela donne un petit retour à la tétée. La cocaïne donne une sensation d’hyper éveil. Elle facilite la relation avec les autres. L’héroïne donne beaucoup d’énergie et la sensation d’un très grand optimisme. La morphine est la drogue de l’apprentissage et de la tolérance à la souffrance. Le sucre C'est la seule drogue légale, mais pourtant classifiée comme aussi toxique pour le cerveau que la cocaïne. Elle marque la dépendance de l’enfant vis-à-vis de ses parents. Elle symbolise ce que l’on peut obtenir sans effort, sans apprentissage. Il est destruction même de tout principe d’éducation. Inutile de tenter même d’éduquer vos enfants s’ils se bourrent de sucres visibles ou invisibles. Dans les histoires de psychoses, on retrouve beaucoup d’histoires de dépendances au sucre. Mais qui le sait vraiment ? C’est sûrement la première drogue à chasser, celle qui fait le lit de toutes les autres. LES PIERCINGS Ils relèvent aussi des formes d’initiation. Les piercings portent en eux une possibilité de stimulation des points d’acupuncture. Ces points ne sont pas la plupart du temps connus par celui qui choisit de se faire percer ici où là, mais l’expérience montre que la main inconsciente est guidée, comme si on sentait le lieu à percer pour se faire aider. Les localisations ont donc beaucoup de sens. Au-dessus du nombril, le neuvième point du méridien de l’estomac permet la cicatrisation du cordon ombilical, le détachement et permet de renforcer l’affirmation de ceux qui ont de la difficulté à savoir vraiment qui ils sont. Dans le lobe de l’oreille, c’est le mythique point de pirates pour augmenter la vision. Le premier qui voit l’autre a gagné. Juste sous la lèvre inférieure, cela renforce l’énergie venant de la mère. Au milieu de la langue, je stimule l’authenticité de ma parole. Dans l’extérieur du sourcil, j’affirme le contrôle de mon territoire. Comme une façon de froncer les sourcils. Dans l’aile du nez, je prends de la distance face aux préjugés. etc.... LES TATOUAGES Ils ont un objectif assez semblable. Le dessin a un sens, le lieu en a un autre. Le sacrum tout en bas du dos est la zone de jonction entre moi et mes parents et mes ascendants. Je pose un dessin rituel pour marquer la différence et mon originalité. Sur le muscle de l’épaule, je grave le symbole auquel j’obéis. C’était le lieu de tatouage des légions romaines. Sur la face externe de l’avant-bras, ce qui est mon bouclier, c’est souvent là que l’on grave les cœurs transpercés de flèches de l’amour, à Monique ou à ma mère.... Sur le haut de la fesse, derrière, la façon de voir le couple. Sur le pied, la blessure essentielle. Etc... LA CHAMBRE Cette pièce est l’incarnation de l’univers désiré. Les photos représentent l’image et le look espéré. L’ordre traduit l’état d’organisation actuel. Chaque photo est un symbole pour qui sait le voir. La chambre d'ado est un territoire à préserver à tout prix. Les parents doivent y être persona non grata. C’est le début de leur plan de vie. Ne critiquons pas, c’est le fruit de ce que nous leur avons permis de mettre en place jusque-là. Laissons faire et grandir. J’ai connu un adolescent qui se sentait envahi par les problèmes familiaux et qui avait tapissé sa chambre de feuilles d’aluminium, métal non percé par les radars. L’INFORMATIQUE Il arrange certains parents et en irrite d’autres. L’informatique rapproche les lointains et éloigne les proches. Cela peut témoigner d’une forme de dépression ... comme pour les adultes. Moyen puissant de multiplication de la force, il permet de s’échapper dans l’imaginaire. C'est le nouveau lieu des prédateurs et des pirates, mais aussi un moyen sans danger d’aborder la sexualité et le monde par les "chats". L’ACNÉ Elle traduit le changement de l’image, la modification du regard des autres sur eux mais aussi de leur propre regard sur eux-même. Elle révèle un certain niveau de dévalorisation, une forme du manque de confiance. Elle est accentuée par la pression hormonale de croissance et de changement. L’agent est le staphylocoque. La clé de ce microbe c’est le regard d’amour. Pose-t-on sur ces grands enfants un regard d’amour, et les aide-t-on à poser un regard d’amour sur eux-mêmes ? La poussée hormonale conduit à de forts désirs sexuels, parfois difficiles à orienter, mais surtout souvent culpabilisés et marqués d’interdits. Ils confrontent les adultes à leurs propres blocages. Les logiques de pulsions de vie sont souvent très différentes des règles sociales. Ce que je sens instinctivement me convenir n’est pas forcément accessible pour moi, ni acceptable pour les autres. LES RÈGLES DOULOUREUSES. Elles Traduisent une difficulté pour la jeune fille d’affirmer une féminité naissante, culpabilisée, enfermée dans les peurs, non reconnue, ou sujet de beaucoup d’ombres l’empêchant de se développer. LA SCLEROSE EN PLAQUES. L’adolescence joue un rôle très important dans le pronostic de survenue de la sclérose en plaques (SEP). Une des grandes caractéristiques des personnes atteintes de SEP est de ne pas ou presque pas avoir fait de crise d’adolescence. Ils sont restés de “bons enfants“ fidèles et soumis au principes de l’éducation familiale et clanique. C’est bien là leur problème et la source de leur maladie. Ils vivent sous les valeurs de leur éducation et non sous leurs propres valeurs. Un chien qui se prend pour un chat afin d’être aimé. Un vilain petit canard qui se paralyse à force de s’ignorer. Quand vos enfants font de fortes crises d’adolescence dites-vous déjà qu’ils ne feront pas de SEP. La solution de cette maladie réside dans la phrase : “C’est clair, ose“. LE GENOU. Il parle souvent lors de l’adolescence, du passage de l'enfant à l'adulte, de l'orgueil et de la toute puissance au réalisme de la relation avec le monde. L'important est d'y garder l'essentiel de soi. La rotule est le petit enfant intérieur, poulie du mouvement, le Caliméro. Les ligaments croisés représentent l’axe interne. Dans les histoires de SEP il y a souvent 10 ans plus tôt un accident de genou. Le ménisque interne représente l’espace interne alors que le ménisque externe représente l’espace relationnel externe. La mononucléose infectieuse traduit une difficulté à sortir de l’adolescence et à prendre des décisions d’adulte sexué, comme de s’engager dans un couple ou de faire des enfants. LES PROBLÈMES DE DOS. La maladie de Schueurmann traduit une mauvaise intégration émotionnelle. Elle se manifeste par des douleurs dorsales et, en radio, par des petites hernies intra osseuses au niveau moyen du dos. La scoliose traduit le fait de devoir concilier entre des lignes familiales trop différentes. L’enfant se tord à force de compromis entre les principes éducatifs différents entre ses deux parents. Cela peut relever de souhaits vibratoires différents ou antagonistes. A force d’aller de l’un à l’autre il se retrouve en S. L’important est de trouver son axe propre. LES ONGLES INCARNES Ils traduisent un manque d’affirmation de ses choix par un envahissement émotionnel. LA CRISE D’APPENDICITE Elle montre une révision par l’enfant de l’histoire familiale, une relecture avec contestation. PERSONNALITE ET PSYCHOSES Lors de l'adolescence, la poussée d'identité de l'enfant peut s'opposer à la pression et aux conflits extérieurs. L'enjeu est fondamental. Si la personnalité de l'individu gagne, le compromis pourrait déboucher sur une dissociation et une schizophrénie. Les psychoses se manifestent souvent à l'adolescence, et sont souvent la réponse des enfants à un déni des problèmes de leurs parents et de leur généalogie. L'orgueil, l'égoïsme et les secrets de famille d'une génération se paieront souvent cher quelques générations suivantes. Si l'identité de l'être perd, ce sera plutôt une sclérose en plaques, mais le plus souvent rien… pour le moment. Si votre enfant font votre joie parce que "cette foutue crise d'adolescence" qui touche tous les autres enfants les a épargnés, attention, ne vous réjouissez pas trop vite ! L'adolescence est une phase obligatoire et vitale. A défaut, cela pourra produire, dix ou vingt ans plus tard, un divorce, une crise de personnalité, une dépression, une fatigue chronique, une fibromyalgie… NOTRE IMAGE ? Nos enfants sont l’image de nous-même... en mieux. Avec une force de vie pure et forte. La refuser, c’est nous refuser, la briser, c’est nous briser. Pour les parents, l’adolescence est souvent un moment difficile à vivre car elle les confronte à la réalité de leurs limites, de leurs buts non accomplis et à toutes ces années de renoncement qu'ils ont accumulées. Prenons donc cela comme une formidable chance de renaissance, une vague de vie à canaliser avec tact, mais sur laquelle nous pouvons surfer. Une chance de plus de nous renouveler. Une éternelle jeunesse véritable. De la DHEA sans DHEA. |
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