LES MALADIES ANALES :
devenir le seigneur de l’anneau.


Toute vie commence par un désir, celui de la rencontre de l’autre, et se poursuit par la création d’un être humain. Commence alors tout un chemin de croissance de ce nouvel être humain pour acquérir une identité spécifique. .Ce chemin se fait analogiquement dans la digestion et se termine par l’anus, symbole de l’identité.
Au départ ,dès la naissance ,l’enfant éprouve le désir de rencontrer le monde. il le goûte en mettant tout à sa bouche, et en désirant les aliments. Il forme ainsi ses goûts, ses plaisirs et ses déplaisirs. Avec son estomac il réalise sa première acceptation du monde . En passant au niveau du duodénum et grâce à la bile - “loi intérieure » selon l’énergétique chinoise“ -, il impose sa règle interne sur le contenu de son repas. Il va alors pouvoir choisir ce qu’il décide d’absorber et de prendre pour lui dans le passage par l’intestin grêle. Dans le gros intestin, se décide ce qui se garde et ne se garde pas. C’est le lieu de dépassement des héritages, des préjugés et des peurs. Après une dernière réflexion dans le sigmoïde, l’être est prêt à dire qui il est face à lui-même et face au monde, en rendant sa sentence par les selles. Au terme de ce voyage initiatique , l’anus va représenter symboliquement l’identité.

Stade anal
Pour l’enfant, le stade anal coïncide avec la première maîtrise de sa relation au monde. Il a déjà découvert que lui et le monde sont deux entités distinctes. Maintenant, c’est la fin de la fin de la fusion entre lui et son environnement. Il réalise que ce qui transite par lui n’est plus forcément lui. Et pour continuer à exister, il prend conscience qu’il ne peut pas tout garder, qu’il doit pouvoir laisser passer la matière fécale et renoncer à tout conserver. Renoncer est un mot fondamental dans la symbolique de l’anus. Un être se définit par ce dont il n’a pas besoin, par ce à quoi il peut renoncer. Renoncer permet d’affirmer sa différence. Choisir c’est renoncer. C’est le pouvoir de perdre et la capacité à se délester qui permettent d’avancer vers de nouvelles aventures.“ Va, quitte ton pays et je te donnerai une descendance aussi nombreuse que les étoiles “ dit Dieu à Abraham. Annick De Souzenelle traduit cette phrase par «  Va vers toi  », ce qui nous rapproche encore plus de l’anus-identité. Êtes vous comme Abraham, digne de passer l’anneau de l’alliance. ? Pour pouvoir renoncer, il faut s’être forgé une identité suffisamment forte.

Anus et identité
Plusieurs difficultés peuvent se rencontrer au niveau de l’anus.
La constipation est autant liée au gros intestin (qui veut garder tout,) qu’a l’anus qui a peur de perdre et de se perdre en laissant partir ce qui n’est , en fait, que le flux de la vie.
Un prolapsus rectal exprime l’impossibilité de trouver sa place, le sentiment d’être rejeté en dehors, souvent avec une très forte colère de ne pouvoir affirmer son identité. C’est une situation fréquente chez les enfants en grande difficulté et les enfants du divorce.
L’oncoprésie ( ou incontinence de selle des enfants, le “ caca culotte “ ) indique en plus une grande peur qui paralyse. Un effroi paralysant qui à terme pourra conduire à des troubles graves de personnalité. “ Mon identité existe, mais je ne parviens pas à la stabiliser “. Je me vide, je me perds. Ici, l’anus rime avec anéantissement
L’imperforation anale congénitale (absence d’anus) traduit une conception et un projet parental qui ne donnent aucune place à une identité pour l’enfant.
Les boutons autour de l’anus renvoient à la honte et la gêne.
Les hémorroïdes traduisent quant à elles une faiblesse identitaire.. Les hémorroïdes sont en effet des varices, autrement des dilatations de veines au niveau de l’anus. Et la veine est ce qui ramène le sang de la périphérie vers le coeur. Symboliquement, ce qui ramène le fruit des expériences au centre de son être. Or ne sont-ce pas les expériences qui construisent la personnalité ? . Ici, l’expérience se dilate au niveau de l’anus pour compenser et tenter d’asseoir une personnalité encore défaillante, incomplète. La veine c’est aussi la chance (« avoir de la veine ») qui , dans le cas des hémorroïdes, gonfle dans l’espoir d’être mieux saisie.. Cette pathologie a aussi cette particularité qu’elle fait communiquer le système veineux général, (vécu relationnel global) avec le système veineux digestif, (vécu plus particulièrement émotionnel.) C’est une façon d’appuyer sa personnalité à la fois sur le QI et le QE, de chercher l’équilibre entre l’intellect et l’émotion

Solutions de compensation.
De façon générale, plusieurs solutions s’offrent alors pour compenser le manque d’identité. Tous ces états se présentent comme des apparences d’affirmation, mais la pathologie de l’anus vient dénoncer une compensation extérieure à une identité en réalité faible.
C’est pour cela que le langage populaire qualifie de “ trou du culs “ ceux qui semblent dépourvus de valeur et qui vivent de compensations à leur déficit d’identité.
Anus et argent.
Les selles peuvent quant à elles être considérées comme des équivalents de l’argent. Les maladies de l’anus sont souvent le lot des métiers d’argent, particulièrement chez ceux qui ont peur d’en perdre et cherchent à le garder. J’ai souvent rencontré pareils symptômes chez les experts comptables et les directeurs financiers. Peur de la pauvreté. Avarice mère de tous les vices.
Les suintement et démangeaisons de l’anus. montrent une peur de perdre le moindre centime. Je serre les fesses pour en garder le maximum, mais cela finit quand même par passer sous forme de suintement. L’inflammation rajoute une note de colère.
Laisser passer ses selles, c’est comprendre qu’il faut laisser couler l’argent et ne pas toujours s’opposer au flux de la vie. Comprendre que ce flux peut grandir et que l’on peut à terme devenir bénéficiaire de cette croissance. Pour les financiers, cela signifie découvrir la rubrique “ pertes et profits “.
Khalil Gibran le dit très bien dans son merveilleux livre Le Prophète : “ qu’est ce que la peur de la pauvreté, si ce n’est déjà la pauvreté elle-même ? . Et que deviendra un chien enterrant son os sur la route de Jérusalem “.
Anus et sexe
La sodomie
, pratiquée de façon préférentielle, voire exclusive entre hétérosexuels, permet de ne pas prendre le risque de concevoir. C’est aussi paradoxalement une manière de maintenir l’autre à distance tout en essayant d’avoir sur lui le maximum de pouvoir. Se cachent derrière cela de grandes souffrances. Il y a souvent là aussi un lien avec l’argent qui permet “d’avoir l’autre“ sans investir effectivement ni affectivement.
Anus et loi
La loi et le contrôle qu’elle suppose peuvent aider ceux qui manquent d’identité.. Ceux -là vont serrer les fesses lors du passage des selles pour imposer leur loi, mais surtout pour ne pas se faire “ dilater “ par les selles. Progressivement, ils développeront des fissures à l’anus. Cela s’accompagne en général de suintement et de prurit, rejoignant ainsi la situation précédente. La rancune est souvent très présente, refoulant des souffrances anciennes non guéries et encore moins avouables. Chercher refuge dans la loi , c’est chercher une compensation par le pouvoir. Préférer le jugement au pardon. “ Dura lex sed lex “ (La loi est dure mais c’est la loi) pourrait être leur devise. Il leur faudrait apprendre que le pardon existe sur terre, ainsi que la miséricorde. Dans l’évangile, quand les prêtres demandent à Jésus “ laquelle des 800 lois est la plus importante ? “, Jésus répond qu’ il n’y en a que deux : “ tu aimeras le seigneur ton Dieu et tu aimeras ton prochain comme toi-même “.
Anus et secrets
La fistule à l’anus
est dans la même ligne que la fissure, mais à un stade beaucoup plus évolué. La rancune est au maximum. Les secrets sont omniprésents. L’orgueil règne en maître pour dissimuler la faiblesse.
L’identité refoulée tente de sortir malgré tout. Mais comme la voie naturelle est sérieusement barrée et contrôlée, elle se trace une voie en dehors de l’anus pour finir quand même par se manifester. L’opération des fistules est particulièrement douloureuse, comme si toute cette souffrance cachée devait être acceptée pour qu’une identité unique puisse enfin être trouvée.

En conclusion, disons que l’anus n’est nullement un organe anodin. Placé au terme du chemin digestif, c’est un témoin très vigilant du processus d’épanouissement de l’être, et une sentinelle qui peut se montrer sans pitié envers les fausses identités fabriquées. N’oublions pas qu’anus veut dire anneau, l’anneau de l’alliance qui se fait ici avec notre identité essentielle. A nous de devenir des seigneurs de l’anneau, de véritables seigneurs agissant avec la noblesse du cœur.


Dr Olivier Soulier


Parangon : l’anus est la dernière sentinelle du processus d’épanouissement

AVERTISSEMENT : la rubrique « médecine d’aujourd’hui » apporte un regard neuf sur les maladies, leur sens psycho-biologique et symbolique. Cet éclairage nouveau peut vous aider, mais ne négligez pas de vous soigner en accord avec votre médecin.

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Les « maladies de l’anneau anal » sont généralement l’indice d’un problème d’identité. La manière dont l’orifice rectal retient les selles est plutôt en rapport avec l’argent.

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